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TEMPÊTE SOUS UN CRÂNE !
Devant un peloton de Formule 1 au
drapeau jaune, on aperçoit régulièrement cette
saison un SLK peu ordinaire qui attaque chaque courbe pour ne pas
paraître ridicule. Avec une gamme forte de plus de 10 modèles,
Mercedes-AMG commercialisent le SLK 55 AMG et le laisse uvrer
sur route ouverte. Avec un gros V8 atmo de 360 ch, une inédite
boîte automatique à 7 rapports revue par AMG, le SLK
55 AMG conserve le principe coupé/cabriolet, mais avec des
performances de supersportive, le tout dans une homogénéité
et un luxe remarquable...
Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R.
Plus de 16 modèles avec près
de 500 ch de moyenne. Quel est donc ce constructeur qui propose
un tel catalogue de rêve ? Mercedes-Benz et sa filiale sportive
AMG bien sûr ! Berline, coupé, cabriolet, coupé/cabriolet,
4x4, coupé 4 portes
, toute la gamme Mercedes-Benz voitures
particulières passe dans les ateliers d'Affalterbach pour
le plus grand plaisir des passionnés et des clients. Le dernier
SLK n'échappe pas à cette règle et officie
même en tant que Pace Car officiel en Formule 1 durant la
saison 2004. Sous le capot à nez de SLR du SLK repose le
V8 5,5 atmosphérique AMG de 360 ch et 510 Nm de couple. Un
physique altier, des écopes d'air à foison, des grosses
jantes et un mini aileron caractérisent le look de ce roadster
qui sait conserver son sérieux et son luxe propre à
la marque à l'étoile. Et contrairement à l'ancien
SLK 32 AMG Kompressor, le nouveau venu, en plus d'être plus
performant, est nettement plus homogène et rigide. L'Automobile
Sportive.com vous détaille ce roadster qui s'impose d'emblée
dans sa catégorie comme le plus performant, en attendant
la réplique future de la concurrence.
DESIGN
Lorsque Mercedes-Benz a renouvelé son SLK, fini le temps
de la ligne classique et élégante teintée de
sport. Les designers avaient eu presque carte blanche et le SLK
s'inspirait fortement du SLR. Un museau digne des Formule 1 des
McLaren et une ligne ramassée caractérise le SLK type
R171. Le principe du toit Vario, comme sur la génération
précédente, est conservé et permet ainsi d'être
à l'abri l'hiver ou lors des longs trajets sur autoroute.
Dès que les premiers rayons de soleil viennent larder le
sol, hop, vous décapotez en un tour de main, ou plutôt
de doigts, puisque tout est électrique. Mais malgré
ses qualités, le SKL 350, avec son V6 performant et mélodieux,
nous laissait un goût de trop peu, surtout avec son ramage
sportif et son châssis efficace et rigide. Alors lorsque le
SLK est passé dans les ateliers d'Affalterbach, il a pris
une cure de vitamines et s'est inscrit dans un club de sport. Au
programme de son traitement sportif un habillage carrosserie digne
des préparations AMG d'antan. Le spoiler avant est agressif
à souhait, et reprend le dessin qui caractérise désormais
la gamme AMG : feux antibrouillards ronds enchâssés
par un cadre carré. Des écopes d'air latérales
sont fixées sur le boucliers à l'instar de son grand
frère, le SL 65 AMG. Les bas de caisses sont également
spécifiques, tandis que le bouclier arrière accueille
les deux double sorties d'échappement, et également
des extracteurs d'air. Comme en F1 ! La malle arrière est
soulignée par un discret becquet aérodynamique. Esthétique,
mais également efficace avec une réduction de la portance
de 35%. Enfin, les jantes à bâtons de 18 pouces largement
aérées participent à donner du volume au roadster
allemand. L'habitacle reprend le même dessin que les autres
modèles de la gamme. Là encore, le SLK se distingue
par une qualité de finition et de présentation en
très net progrès. C'est plus " jeune " et
de qualité. La présentation est plus sportive que
sur la gamme traditionnelle et les petits sigles AMG sont nombreux.
Les compteurs généreusement gradués rappellent
à tous la vocation de supersportive du SLK 55 AMG. Sur le
volant gainé de cuir, un petit " + " et un petit
" - " argentés symbolisent les commandes Speedshift
de la boîte à 7 rapports qui sont situées derrière
le volant. L'équipement est très généreux
(heureusement à ce niveau de prix !) et on apprécie
très fortement les sièges baquets dont le revêtement
en Alcantara est non seulement beau, mais efficace pour éviter
de glisser lors des appuis en courbe.
MOTEUR
Chez AMG, il n'existe plus désormais qu'un seul moteur essence
qui trouve grâce à leurs yeux : le V8 5,5 litres. Il
est mis à toutes les sauces dans la gamme Mercedes : de 360
ch à 500 ch, sans parler des 622 ch du SLR ! Alors pour motoriser
son roadster intégriste, AMG et Mercedes ont fort logiquement
opté pour le V8 5,5 litres atmosphérique, déjà
monté sous le capot des C 55 AMG et CLK 55 AMG. Exit donc
le V6 3,2 litres compressé pour le plus grand bonheur de
nos tympans tant ce V8 tonne grave à bas régime. Contrairement
aux classe C et CLK, le V8 développe ici 360 ch, soit 7 de
moins. L'espace plus restreint sous le capot a contraint les ingénieurs
motoristes à étudier de nouvelles tubulures qui font
chuter (très) légèrement la puissance moteur.
Un radiateur d'huile a été installé. Bien qu'étant
passé chez AMG, ce V8 adopte la philosophie Mercedes : seulement
3 soupapes par cylindres et un rendement ch DIN/litre privilégiant
plus le couple à bas régime que la puissance pure.
Avec 66 ch/litre, nous sommes loin en effet des standards de certaines
réalisation à Münich, ou mieux encore en Italie
ou au Japon. Les arbres à cames sont appelés "
composés " par l'usine de Stuttgart car leurs cames
sont forgées séparément et embouties ensuite
sur des tubes. Plus légers, ces arbres à cames ont
été conçus de manière à assurer
des temps d'ouverture plus longs. Côté transmission,
c'est la nouvelle boîte automatique 7G-Tronic à sept
rapports qui est sélectionnée. Complétée
par la commande au volant Speedshift, le conducteur peut ainsi piloter
sa boîte à loisir. Quel est l'intérêt
réel des 7 rapports ? Essentiellement faire baisser les consommations
à vitesse stabilisée, car si les reprises sont canons,
elles sont plus le fait du V8 généreux que de la boîte.
Moteur en route, le V8 gronde et glougloute comme une Mustang de
la belle époque. Super ! Lorsque tout est en température,
il est difficile de décrire la poussée qui vous plaque
dans le siège. Mercedes annonce moins de 5 secondes pour
atteindre 100 km/h et moins de 18 secondes pour les 200 km/h ! Une
gifle
surtout décapotée. Mais le plus grisant,
c'est de longer des murs, ou des bordures hautes et de jouer de
l'accélérateur et du kick-down. Les grognements du
V8 se réverbèrent pour vous glacer le sang. Autre
point fort, la gestion de boîte revue par AMG qui enfin conserve
le même rapport en courbe. Si la commande Speedshift se révèle
efficace à l'usage, la gestion de boîte auto-adaptative
(elle s'adapte réellement à votre style de conduite)
vous convainc vite de la laisser faire à votre place.
CHASSIS
Chez Mercedes, de plus en plus, les châssis sont étudiés
avec électronique. C'est encore le cas du SLK avec un ESP
et un ASR très présents, et hélas, castrateurs.
Cela dit, soyons objectifs, car en dehors des circuits, ces équipements
électroniques ont prouvé toute leur efficacité
lors des usages quotidiens. Si Porsche a toujours fait (et fait
toujours) figure de référence dans le domaine du freinage
tant dans l'efficacité, le mordant et l'endurance, Mercedes
et AMG se rapprochent des standards de leur prestigieux voisin.
A l'avant, les freins du SLK 55 AMG sont du type " Compound
" avec des disques en fonte de 340 mm de diamètre flottant
sur des bols en aluminium. Pour les arrêter, des étriers
fixes à 6 pistons. L'arrière n'a le droit qu'à
des disques en fonte, mais de 330 mm tout de même et des étriers
4 pistons. Le châssis est toujours métallique (c'est-à-dire
avec des suspensions et des combinés ressorts/amortisseurs
traditionnels), les jantes alu de 18 pouces sont chaussées
de pneus Pirelli PZero Rosso en 225/40 à l'avant et 245/35
à l'arrière. Inutile de préciser que le grip
procuré par ces larges gommards est phénoménal.
Bien entendu, il convient sur route défoncé de tenir
fermement le volant, car la voiture a tendance à suivre les
imperfections de la route. Le confort est très ferme, ce
qui nous ravit. Avec un rythme de conduite plus élevé,
surtout sur chaussée lisse, l'adhérence et la rigidité
est impressionnante. Plus question ici de roadster qui se tortille
et se désunit comme du temps du SLK 32 AMG. Ici, c'est solide
et ferme et les courbes sont avalées à la vitesse
grand V. Mais les amateurs de gros travers sur circuit en seront
pour leurs frais. Avec l'ESP omniprésent, inutile de vouloir
maîtriser une glisse, sauf des quatre roues où il réagit
moins rapidement. Il convient donc d'avoir un pilotage très
fin et précis pour pouvoir aller tutoyer les limites du SLK
55 AMG sans réveiller notre gendarme électronique.
Comme d'ordinaire à Stuttgart, l'ESP n'est pas déconnectable.
Cela est regrettable même si de plus en plus, même chez
Porsche avec le PSM, ce constat se banalise. Le plaisir de mener
rapidement ce SLK 55 AMG avec son gros cube devant et son empattement
réduit est très grand et devrait être prescrit
par la sécurité sociale pour conserver sa joie et
sa bonne humeur. Un immense coup de cur qui se ternit lorsqu'il
s'agit de passer à la caisse
:: CONCLUSION
Une gueule de mangeuse de Porsche, un châssis démoniaque,
un blason qui est désormais établit parmi les ténors
des GT et supersportives et surtout toujours ce V8 AMG qui tonne
encore dans nos estomacs. Rien que pour ce V8, on serait prêt
à tout, s'il n'y avait les 71 600 euros
Mais dans ce
segment des " petits " roadsters compacts, le SLK 55 AMG
est en passe de devenir le leader incontesté, à moins
que Porsche songe à un Boxster survitaminé ou BMW
à un Z4 M ? S'il n'y avait pas ce satané ESP castrateur...
CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"On jouit de cette auto sans arrière-pensée dans
les enchaînements de courbes rapides. Et sans aucune réaction
sur les routes les plus sinueuses, même défoncées.
Les larges Pirelli PZero Rosso ne suivent pas servilement les irrégularités
du revêtement et, plus fort, ne résonnent pas plus
qu'ils ne rebondissent. Comme celles de la boîte de vitesses,
les puces de l'ESP sont dressées à la méthode
AMG. Mis hors circuit depuis la console centrale, il devient plus
permissif mais continue de veiller au grain. Et prétend,
à coup de freins et en coupant le gaz, se substituer à
un autobloquant ; dommage."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - 21 octobre 2004 - Mercedes-Benz SLK
55 AMG.
"La boîte 7 a surtout pour
objectif d'abaisser la consommation à vitesse stabilisée.
L'intérêt n'est pas flagrant en terme d'agrément
sportif, d'autant que ce genre de mécanique est rarement
à court de souffle. On note, d'autre part, que l'étagement
n'est pas régulier, notamment entre les troisième
quatrième rapports. Qu'à cela ne tienne, le couple
est suffisamment important pour garantir des reprises toujours pêchues.
Ce V8 présente un caractère décidément
attirant. Ses vrombrissements et ses intonations sont ceux d'une
brute épaisse mais son caractère reste tout à
fait conciliant. Et la sonorité des échappements très
rauque évoque ces grosses américaines qu'on ne voit
plus que dans les films. Pourtant en matière de performances,
le SLK 55 n'amuse pas la galerie. Mercedes annonce un 0 à
100 km/h en 4''9 et un 0 à 200 km/h en 17''5. Pour info,
nous avions chronométré l'ancien SLK 32 en 20''8 au
cours du même exercice."
SPORT AUTO - Novembre 2004 - Mercedes-Benz SLK 55 AMG.
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