© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (10/08/2009)
IL ETAIT UNE FOIS...
Si on vous dit GTI, vous pensez instinctivement
à VW Golf. Mais aujourd'hui, la dénomination GTI est galvaudée par
la marque de Wolfsburg et s'est transformée en finition, comme l'est
Ghia chez Ford. Si aujourd'hui une TDI peut s'appeler GTI dans la
gamme Golf, cela n'a pas toujours été ainsi. Magnéto Serge !
Texte :
Nicolas LISZEWSKI
Photos : D.R.
Nous sommes à la fin des années 60 et il paraît évident aux gens
de chez VW que la relève doit arriver et doit en plus chambouler
la gamme vieillissante et déséquilibrée de l'époque. En effet, toute
la pérennité de VW repose sur la vieille Cox', car les autres modèles
du constructeur allemand ne parviennent pas à percer. Et aussi mythique
soit la Cox' aujourd'hui, au début des années 70, elle correspond
tout de même à un modèle conçu avant la guerre ! L'arme fatale sera
la Golf. Le 2 mars 1974 débute la production de la Golf I, dessinée
par Guigiaro, chez VW disponible en variante 3 et 5 portes. C'est
au cours de l'année 1975 que les ingénieurs de VW, face au comportement
particulièrement rigide de la coque autoporteuse de la Golf ont
l'idée d'une version sport... ce sera le projet Sport Golf.
Le projet "Sport Golf"
Les premières études sont d'abord réalisées sous le sceau du secret
ou tout du moins officieusement puisque les ingénieurs passionnés
travaillant sur ce projet le font sur leur temps libre au domicile personnel d'Anton Konrad, directeur de presse ! le premier prototype est un Scirocco doté d'un 1,5L à carburateur double corps délivrant 100 ch. Le prototype ne trouve pourtant pas d'écho avorable auprès de la direction, poussant la petite équipe à reprendre ses travaux sur la base du « châssis expérimental » qui sera officilisé projet Golf Sport en 1975.
PRESENTATION
Le 11 septembre 1975, le salon de l’Automobile de Francfort ouvre ses porte avec une attraction majeure sur le stand Volkswagen : la Golf GTI. « La Volkswagen la plus rapide de tous les temps », voici le message véhiculé par la publicité et il ne s’agit pas de paroles en l’air. Pourtant, les premières
estimations de production sont de 5000 exemplaires, non pas par
an, mais au total. Chez VW, on ne se doute pas encore
que le projet de Golf "Sport" va devenir un best seller, avec plus d'un million
d'exemplaires vendus, ni qu'elle va faire tant d'émules chez les
concurrents au point de véritablement révolutionner la
culture automobile pour les quinze années qui suivront.
Après avoir rationalisé le produit "Golf Sport"
et convaincu les commerciaux de Wolfgsburg du bien-fondé du projet,
le Comité de la stratégie produitfinit par accepter le projet.
La mise en production est enfin décidée et le département des ventes,
soucieux de la démarquer du reste de la gamme, la baptise "GTI" :
"G" pour Grand, "T" pour Tourisme et "I" pour Injection. Le chef designer Herbert Schäfer est alors chargé de différencier la Golf "GTI" de ses rivales par quelques détails qui feront date : bordures rouges sur la grille de calandre, spoiler avant plus imposant, élargisseurs d'ailes en plastique noir, contour noir mat du pare-brise, ciel de pavillon noir.
A bord de la Golf I GTI
La personnalisation se poursuit dans l'habitacle avec la fameuse balle de golf en guise de pommeau de levier de vitesses, un petit volant psort à trois branches et les sièges sport revêtus d’un tissu à carreaux de style écossais.
La légende GTI est en marche et va cannibaliser progressivement les petits
coupés sportifs peu habitables, peu pratiques et dotés de performances
égales voire inférieures à celles de la Golf GTI. Sans parler des différences
de prix à l'avantage de la Golf qui est lancée à 32.000 Francs de l'époque en 1976, soit environ 16000 euros d'aujourd'hui en monnaie constante.
Les codes GTI qui ont traversé les générations
Depuis 1976, la Volkswagen Golf GTI a conservé plusieurs éléments devenus emblématiques au fil des générations :
- Le liseré rouge autour de la calandre, signature visuelle historique de la GTI
- Les sièges tartan, apparus dès la Mk1 et toujours présents sur les modèles récents
- Le pommeau “balle de golf”, clin d’œil devenu culte auprès des passionnés (mais disparu avec la boîte manuelle...)
- Le badge GTI, l’un des logos sportifs les plus célèbres de l’automobile
- La polyvalence, véritable ADN du modèle : une compacte pratique capable d’offrir de vraies sensations sportives au quotidien
Malgré l’évolution des technologies et des performances, la Golf GTI est restée fidèle à la recette qui a fait son succès depuis près de 50 ans.
Un moteur à injection signé Audi
Ne trouvant pas satisfaction sur le
plan mécanique, les ingénieurs vont jeter leur dévolu sur le 1600
cm3 doté d'une injection Bosch K-Jetronic qui équipe depuis peu l'Audi 80 GTE.
Au passage, le petit 1600 cm3 gagne 10 ch sous le capot de la Golf qui ne pèse
que 780 kg ! C'est une greffe osée pour l'époque puisque l'on considérait
encore que la puissance limite admissible sur une traction avant
était de 100 ch.
Avec une boîte de
vitesse à 4 rapports au lancement, la "Golf de sport" pointe le bout de son capot
à 185 km/h, malgré une aérodynamique peu favorable. La direction
de VW ayant avalisé un tel projet, c'est au salon de Francfort en
septembre 1975 qu'est présentée la Golf I GTI. Elle fera l'effet
d'une bombe !
Si l'on compare la VW Golf I GTI 1600 face à ses rivales
en 1976 elle se retrouve nettement au-dessus du lot. Les Ford Escort
RS 2000 MKII, les Innocenti de Tomaso, les Autobianchi A112 Abarth
et les Renault 5 Alpine sont certes toutes attachantes et performantes,
mais aucune d'entre-elles ne possèdent la force de la Golf : l'homogénéité.
Les évolutions de la Golf I GTI
Fiable, habitable, performante, pratique, la Golf GTI devient la
coqueluche à la mode. Surtout, elle enterre les coupés sportifs comme l'Opel Kadett C GT/E qui sont
moins pratiques et aussi performants voire moins dans certains cas.
Le seul reproche qu'on peut lui faire est un freinage peu endurant
et une boîte à 4 rapports seulement.
Une boîte 5 vitesses
Dès 1978, la GTI reçoit un
radiateur d'huile et un embrayage plus gros. L'année suivante, VW
tient compte des rares critiques émises par la presse et installe
une boîte 5 vitesses. Cette modification fait en outre tomber la puissance
fiscale de 9 à 8 CV. Toujours pour ce millésime, la garantie anticorrosion
devient disponible et les (tout) petits pare-chocs sont remplacés
par des modèles plus gros. A noter que la variante à coffre (4 portes)
baptisée Jetta bénéficiera de la mécanique de la GTI et prendra
l'appellation de GLi.
Oettinger : la 16S avant l'heure !
En 1981 les feux arrière deviennent plus gros,
le pare-brise est désormais feuilleté, les phares à iode apparaissent
et la planche de bord, le volant et le pommeau de levier de vitesse
sont redessinés. C'est cette même année, que VAG France présente
et commercialise à son initiative une GTI améliorée : la GTI 16S
Oettinger. Partant du moteur 1600 cm3, Oettinger le coiffe d'une culasse
à 16 soupapes et obtient ainsi 136 ch et 197 km/h. La voiture est
en outre équipée d'un kit carrosserie du plus bel effet, bien dans
le ton de l'époque.
La GTI 1800
Le millésime 1983 est l'occasion pour VW de
monter un moteur 1800 cm3 qui développe 112 ch (voir notre dossier complet sur la Golf GTI 1800). Plus que la puissance
c'est le couple qui y gagne puisqu'il passe de 14 mkg à 4 000 tr/mn
à 15,6 mkg à 3500 tr/mn. Plus coupleux mais aussi moins pointu et donc moins
sportif. C'est déjà pour les puristes une source d'insatisfaction.
La vitesse quant à elle n'évolue que très peu puisqu'elle passe
à 186 km/h. Nouveauté pour la Golf GTI, elle devient disponible en variante
5 portes ce qui n'était pas possible jusqu'à présent.
Premières séries spéciales
Pour
la fin de vie de la Golf GTI 1800 Mk1, Volkswagen introduit des séries
spéciales sur ses principaux marchés : GTI "Plus" pour la France, GTI "Campaign" pour la
Grande Bretagne, "Pirelli" pour lAllemagne et "Trophy" pour la Suisse. 1984 est l'année
du crépuscule pour les Golf I GTI qui deviennent disponibles en
deux finitions : GTI Plus avec un équipement toutes options et la
Rabbit GTI à la finition simplifiée. Néanmoins, Vokswagen enrichit sa gamme avec une nouvelle carrosserie au millésime 84 : la 5 portes. Mais la relève est impérative
car une redoutable concurrente a sorti ses griffes et fait mouche
: la Peugeot
205 GTI 1.6L de 105 ch.
Golf GTI Cup : née pour la compétition
Le 1er novembre 1976, la Golf GTI obtient son feu vert officiel pour la compétition sous la fiche d'homologation « Test Sheet J » du Code Sportif International de l'Automobile, lui ouvrant les portes des Groupes 1 à 5. En 1977, Volkswagen concrétise cet ADN sportif en lançant sa propre formule de promotion mono-marque, la coupe Golf GTI ou "GTI one-make cup". Sur le plan technique, outre un habitacle dépouillé doté d'un baquet Recaro avec harnais et d'un arceau de sécurité, c'est principalement au niveau des liaisons au sol que la version "Cup" diffère du modèle commercialisé. Un kit de suspension spécifique plus ferme et abaissé et des jantes en alliage ATS "Cup" chaussées de pneus plus larges sont proposés. La toute première course de l'histoire de la Golf GTI Cup a lieu sur l'île de Sylt, en Allemagne. Destinée au sport automobile de base (grassroots motorsport), cette compétition devient immédiatement un immense pôle d'attraction pour les foules, captivées par le spectacle de ces citadines survitaminées au coude-à-coude. En France, la coupe Golf GTI est lancée en septembre 1977. Les prix attribués sont modestes mais la volonté des organisateurs, Yves Blin et Jean Pierre Malcher, est d'en faire une coupe de pilotes amateurs. EN Allemagne, lors de la saison 1978, le pilote Walter Struckmann originaire de Hanovre réalise un exploit mémorable en remportant les 10 courses du calendrier d'affilée ! Preuve de la pertinence de la formule, l'idée traverse l'Atlantique. Parallèlement à la compétition européenne, cette série de courses est déclinée aux États-Unis sous l'appellation « Rabbit Cup », la Golf de première génération y étant vendue sous le nom de Volkswagen Rabbit. Après 2 ans seulement, Volkswagen France met fin à la coupe Golf GTI qui sera intégrée au championnat de France des voitures de production de 1600 cm3 en 1980.
Acheter une VOLKSWAGEN GOLF (1) GTI 1.6
Il faut se faire une raison, les GTI charismatiques sont amenées à prendre de la valeur
sur le marché de la collection. Pour preuve les VW Golf GTI 1600 Mk1 état
concours qui peuvent atteindre les 6000 euros. Du haut de sa trentaine bien mâture, "LA" GTI commence à se tailler une place de choix parmi les youngtimers privilégiées des collectionneurs débutants ou confirmés. Car elle ne manque pas d'atouts. En plus d'une image d'icône inimitable, la VW Golf GTI est une sportive très robuste et certaines roulent encore quotidiennement. Elles sont par ailleurs simples d'entretien et globalement peu coûteuses, même si certaines pièces VW sont très chères. Pour autant, il ne faut pas se jeter sur la première venue. En évitant les GTI massacrées par le tuning, on pourra espérer dénicher un exemplaire sain (historique limpide obligatoire) autour de 3000 à 4000 €, avec éventuellement quelques travaux à prévoir et souvent des kilométrages élevés. Prévoir, outre une réfection moteur si besoin est, une inspection minutieuse de la caisse qui reste sensible à la corrosion. Dans l'ensemble, la VW Golf GTI réservera peu de mauvaises surprises, simplement quelques caprices légitimes eu égard à son âge.
Histoire d'une passion
LE VIRUS GOLF GTI
Eric, membre du forum de L'Automobile Sportive, est un passionné d'automobiles anciennes et sportives avec une grosse préférence pour les... anciennes sportives ! Son ancienne, sportive justement, est
une Golf GTI mkI 1600 sortie des chaînes VW à Wolfsburg un beau jour d'août 1981. Elle entre dans la famille en 1984 comme voiture principale de son père. En 2003, Eric débute la conduite accompagnée dessus, avec un plaisir non dissimulé. 255.000 km (d’origine) plus tard, elle roule toujours brillament, désormais comme voiture du Week End.
Pourtant, elle a eu "chaud" un jour d'hiver 2007, une plaque de verglas ayant failli mettre un terme à cette belle union. Mais c'était sans compter sur l'aide du papa et une passion sans limite qui permet au bout de 6 mois de travaux de remettre cette GTI sur roues pour continuer l'aventure que nous leur souhaitons encore longue. Depuis peu, Eric lui a offert 4 jantes alu Seral, les mêmes que portait la première Golf GTI du papa... Vous avez dit Golf GTI Story ?
Chronologie : Les grandes dates de la VW Golf I GTI
1976 : Débuts de la Golf GTI 1ère génération
avec moteur 81 kW
1977 : Nouveaux pistons et culasse revue pour l'essence sans plomb
1978 : En mars, toit ouvrant en option. Nouveau radiateur d'huile. En septembre, remodelage des pare-chocs en plastique.
1979: En juillet, boîte
de vitesses à 5 rapports (puissance fiscale 8 CV).
1980 : La
Golf GTI 1600 Mk1 évolue en douceur avec quelques nouveaux détails :
nouveaux sièges avec des tissus « arc en ciel »,
feux arrière plus grands, nouveau tableau de bord et volant à quatre
branches contre trois auparavant.
1981 : Quelques évolutions
de détails (pare-brise feuilleté, phares à iode, essuie-glace avec lave-glace arrière.
VAG France commercialise la série spéciale GTI 16S
Oettinger.
Version 5 portes disponible sur les marchés Allemand et Belge.
1983 : La Golf GTI développe désormais 112 ch avec un moteur 1800 cm3.
1984 : Lancement du modèle spécial « GTI Plus
»
1985 : Débuts de la Golf GTI 2ème génération (Golf II GTI 8s)
PRODUCTION VW GOLF GTI mk1
TOTAL (1976-1983) : 461.690 exemplaires
Conclusion
Au grand désespoir des amoureux de la Golf GTI
"série 1" ou originale, ses descendantes entâmeront une course à
l'embourgeoisement, et en contrepartie à la puissance pour
tenter de compenser, délaissant du même coup la légèreté
et les sensations de la première génération.
Les collectionneurs, eux, ne s'y trompent pas car aujourd'hui la
Golf I GTI conserve toutes leurs faveurs, avec en prime le privilège de rouler avec l'instigatrice d'un vrai phénomène de mode pour toute une génération !
Article réalisé avec l'aimable collaboration du
webmaster de Passiongolfgti.com. |