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COLLECTOR (21-12-2004)

YAMAHA
OX99-11
(1992 - 1993)

Prix envisagé entre 3 et 7 000 000 Francs (1992)
Non homologuée et non commercialisée
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES YAMAHA OX99-11
MOTEUR
Type: 12 cylindres en V à 70°, 60 soupapes 2 x 2 arbre à cames en tête
Position: Longitudinal central AR
Alimentation: injection électronique à gestion intégrale Bosch Motronic.
Cylindrée en cm3: 3 498
Alésage x course : ND
Puissance ch DIN à tr/mn: 400 à 10 000.
Puissance au litre en ch: 114,35
Couple maxi en Mkg à tr/mn: ND
Couple au litre en mkg : ND
TRANSMISSION
AR
Boîte de vitesses (rapports): 6 manuelle.
POIDS
Données constructeur en kg: 1 100
Rapport poids/puissance en kg/ch DIN : 2,75
ROUES
Freins : Disques ventilés sur les roues AV et AR avec étriers à 4 pistons.
Pneus : AV 245/40 ZR 17 et AR 315/35 ZR 17.
PERFORMANCES
Vitesse maxi en km/h: ND
400 m DA en secondes: ND
1 000 m DA en secondes: ND
0 à 100 km/h : ND
0 à 180 km/h : ND
Consommation moyenne : ND

 

BIEN :-)
Look terrible !!
Formule 1 échappée des circuits
V12 de F1 (régime maxi 11 000 tr/mn !!!)
Performances
Châssis carbone
PAS BIEN :-(
Budget prévu initialement !
Où sont-elles ?
Difficultés d'entretien
Pas homologuée en France


© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (21/12/2004)

DELIRE NIPPON…
Lorsqu'un constructeur de motos, très connu et renommé, consultant de luxe en engineering pour les constructeurs automobiles, décide de concevoir une supercar, cela peut en surprendre plus d'un. Pourtant à la fin des années 80 et au début des années 90, la flambée des prix aux enchères des voitures anciennes et d'exception ont suscité les convoitises. Chaque constructeur veut avoir sa supercar, quitte à y perdre son âme et ternir son image...

Texte: Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R.

Yamaha était connu du grand public pour ses articles de sport, les chaînes hi-fi, les pianos et évidemment les motos. Des domaines dans lesquels Yamaha s'est toujours distingué par la qualité de ses produits. Toutefois, les plus érudits d'entre-nous se souviendront que Yamaha a une présence régulière dans l'automobile, qui tient plus dans l'engineering et le développement de moteurs et de certains projets que dans la fabrication et la commercialisation pure. Ainsi, dès les années 60 un projet de coupé sportif pour le compte de Mazda va finalement être revendu à Toyota pour devenir la Toyota 2000 GT. Plus récemment, dans les années 80, Yamaha avait fourni des moteurs V8 de Formule 1 à l'écurie allemande Zakspeed, sans grand succès. Mais les dirigeants de Yamaha ont récidivé avec l'écurie de Formule 1 Brabham, alors à l'agonie, en 1991 puis Jordan en 1992. C'est un V12 3,5 litres 60 soupapes qui tentait donc d'imposer la marque Yamaha en Formule 1. Mais les casses à répétition et les piètres performances de Jordan (une déception comparée à sa première saison en 1990) ne vont pas servir Yamaha dans son projet ambitieux : construire une supercar dont le concept est d'être ni plus ni moins une Formule 1 routière ! La Yamaha ox99-11, c'est son nom, sera donc étudiée et développée pendant 1991 et 1992. L'euphorie du marché des automobiles d'exception et des supercars donne des idées à de nombreux constructeurs grands et petits. La presse sera officiellement informée des développements et recevra également un communiqué indiquant que l'aventure ox99-11 est arrêtée. Trop chère, trop compliquée, pas assez performante et cohérente dans un marché des supercars déjà encombré, et surtout la crise du segment auront raison des ambitions démesurées de Yamaha.

DESIGN
La ligne de la Yamaha justifie à elle seule ce dossier sur cette supercar. Pour l'étude de cette auto, Yamaha va s'associer avec Ypsilon Technology, filiale de la firme basée à Milton Keynes, sous la direction de Robin Herd (le " H " initial de March) qui possède son propre bureau d'études à Bicester. Il fut notamment impliqué avec Larrousse-Venturi en Formule 1. La grande particularité du design de la Yamaha ox99-11 est bien entendu la place du pilote et du cockpit. Bien assis en position central, c'est un véritable habitacle digne d'une monoplace de Formule 1. Et autour de ce cockpit entièrement basculant vers la droite du véhicule, l'aérodynamique est spécifiquement étudiée. Ainsi, la carrosserie semble disparaître vers le sol à l'embase du cockpit. Les deux doubles feux avant intégrés sous un globe de plexiglas encadrent un aileron avant. Cela rappelle quelque peu les réalisations (de mauvais goût) d'un tuner allemand qui creusait les malles arrière de BMW en y intégrant un aileron. Derrière le cockpit, la carrosserie pour sa partie supérieure semble empruntée à la Jordan de Grands-Prix. Elle sert en outre à accueilli la prise d'air moteur et peut basculer entièrement vers l'arrière pour dévoiler ses atours mécaniques. Des prises d'air latérales sont encastrées dans les flancs en avant des passages de roues arrière afin d'alimenter en air frais les deux radiateurs d'eau latéraux. A l'arrière, deux paires de double feux ronds tout simples semblent sortis d'une autre époque et font anachroniques sur cette coque en alliage léger sculptée par des bureaux d'études. Pour prévoir à l'imprévu, les concepteurs de la Yamaha ox99-11 ont prévu un petit strapontin dans l'habitacle, derrière le baquet du pilote. Un volant en peau retournée de 10 pouces de diamètre était monté dans le premier prototype. La planche de bord a délaissé les compteurs digitaux des Formule 1 pour des compteurs analogiques plus classiques et plus lisibles. Autre particularité, le sommet de l'habitacle est tapissé de céramique pour faire écran au rayonnement du soleil. Pour compléter ce dispositif, une climatisation est montée en série, et les commandes sont installées avec les autres autour de la boîte. Inutile de préciser que l'accès à bord est des plus délicats. La position de conduite, et surtout le champ de vision est inhabituel mais très efficace, dans le cadre d'une conduite sur circuit.

MOTEUR
A voiture exceptionnelle, moteur d'exception. Pour animer sa supercar, Yamaha a donc emprunté le moteur qui est monté dans le châssis des Jordan F1 en Grands-Prix. Mais pas question pour autant d'édulcorer cette brillante mécanique pour l'adapter à la route. Ainsi, le V12 monté dans la Yamaha ox99-11, d'une cylindrée de 3,5 litres (conformément à la réglementation en vigueur en Championnat du Monde de Formule 1), conserve les fonderies (bloc, culasse, et carter), le vilebrequin, les bielles et même les 60 soupapes. En revanche, pour permettre un usage plus civilisé, les arbre à cames, les pistons ( à 3 segments au lieu de 2), les collecteurs d'admission (à papillons et non à guillotines) et d'échappement et la gestion électronique sont spécifique à la Yamaha ox99-11. De chaque côté du V12, un radiateur est installé. Bien entendu, pour l'usage routier, ce V12 Yamaha est filtré et catalysé, d'où la cartographie moteur spécifique. Le résultat de ces études est mitigé. Si le régime maximum de 11 000 tr/mn peut paraître flatteur, nous sommes loin des valeurs maximales des moteurs de Formule 1, et surtout la puissance de 400 ch est finalement très juste dans ce segment de la course à la puissance. Pour mémoire, la McLaren F1 et son V12 atmo d'anthologie développait plus de 600 ch et offrait une homogénéité remarquable, sans parler des performances supersoniques. Aucune données chronométrées n'avaient alors été délivrées par Yamaha à la presse en 1992. Pour alimenter le V12, trois nacelles de réservoirs en matériau souple (une de chaque côté et une dans le dos) qui contiennent 120 litres d'essence. La boîte de vitesses est transversale et à 6 rapports entièrement synchronisés et commandée par câble. Mais au cours du développement, elle ne donne pas entièrement satisfaction. Trop lourde et trop encombrante, des essais avec la suppression de quelques synchros seront tentés sans grands succès.

CHASSIS
C'est dans l'ancienne usine de Brabham à Milton Keynes, que le châssis a été conçu et développé. Avec une coque entièrement en carbone, le châssis de la Yamaha ox99-11 revendique sa filiation avec la Formule 1. En effet, sur la supercar japonaise, le moteur est directement boulonné sur la coque en carbone, et est surtout porteur. Cela signifie que c'est sur l'ensemble moteur-boîte que sont fixés les suspensions arrière. Les suspensions à éléments superposés (à triangle à l'avant et trapèze à l'arrière) sont assurées par des ressorts/amortisseurs actionnés par des poussants et des basculeurs avec naturellement, de fermes barres anti-roulis. Les amortisseurs sont réglables et les débattements limités à plus ou moins 50 mm, avec une garde au sol réglable (10 cm minimum). Très surprenant, la direction n'est pas assistée et possède une démultiplication très courte (à peine plus d'un tour entre butées !). Lors des développements les ingénieurs vont d'ailleurs monter un volant de 12 pouces pour atténuer le défaut de lourdeur dans la direction. Les jantes de 17 pouces sont chaussées de pneus GoodYear type " pluie F1 " à bande de roulement asymétrique et unidirectionnelle. Inutile de préciser que les sensations de conduite d'un tel engin (non-identifié ?) sont uniques et méritent certainement d'être vécues.

ACHETER UNE YAMAHA OX99-11
Après avoir bien ri, il sera inutile de chercher dans les petites annonces ou dans les ventes aux enchères une Yamaha ox99-11. L'aventure de la supercar de Yamaha n'a pas dépassé le stade des développements. La crise, le poids toujours trop élevé, un tarif annoncé exorbitant (les prix estimatifs annoncés étaient entre 3 et 7 000 000 de francs en 1992 !!). Trois exemplaires seulement ont été fabriqués à notre connaissances, tous à des stades de développement divers : " K2 OXY " qui était de couleur rouge était la numéro 001 avec le moteur numéro 7. C'est le prototype initial, ordinairement basé au Japon. Il a subit progressivement chaque évolutions mécaniques ; " K3 OXY " qui était de couleur verte était le châssis numéro 003 avec le moteur numéro 3 était le mulet de rodage et a donc parcouru beaucoup de kilomètres. Bardé de capteurs, il avait déjà parcouru 3 000 km en Angleterre en octobre 1992 ; " K1 OXY " qui était de couleur noire avait le châssis numéro 007 et le moteur numéro 4 était le modèle de présentation à la finition soignée. Ses étriers de freins étaient siglés Yamaha et non AP. Pour l'anecdote, lors du développement et des premières tentatives d'homologation de la Yamaha ox99-11, les ingénieurs durent augmenter la taille des rétroviseurs extérieurs, car dans certains pays l'absence de lunette et de rétrovison arrière, entraîne l'application du règlement poids-lourds. Pendant son développement, on parlait au départ d'une série de 500 exemplaires, puis d'une centaine, puis d'une cinquantaine, puis… plus rien du tout ! En 1993, l'aventure est terminée, et Yamaha remise son égérie dans ses garages. Personne, à notre connaissance, n'aura acheté cette supercar japonaise. Il faut reconnaître qu'au-delà des circonstances et de la conjoncture, la Yamaha n'aurait certes pas pu s'imposer. Trop chère, pas assez performante, trop lourde et sans image, sans parler de ses déboires en Formule 1, la Yamaha avait la chronique d'un échec annoncé...

:: CONCLUSION
Délire total d'ingénieur, mais dans le mauvais sens du terme, la Yamaha ox99-11 aura marqué les esprits par son look de voiture du futur et sa technologie d'avant-garde. Mais le marché devenu morose en 1992 pour les supercars et les déboires nombreux de Yamaha en Formule 1 auront raison du projet. Dommage, car en voir de temps à autre dans les grands évènements automobiles mondiaux (salons, festivals Goodwood, Peable Beach…) nous aurait bien fait plaisir. Un exercice de style finalement...

PRODUCTION YAMAHA 0X99-11
TOTAL (1992) : 3 exemplaires

CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Dans l'immédiat, deux points semblent à corriger urgemment : la direction, extrêmement lourde, et la commande de boîte encore très imprécise. La première dispose actuellement d'une démultiplication de F1 (à peine plus d'un tour entre butées !) et on a déjà tenter d'améliorer la situation sur 003 (le n° de châssis NDLR) avec un volant de 12 pouces au lieu de 10. Pour la seconde, diverses dispositions de câbles ont déjà été expérimentées, mais le salut pourrait passer par des solutions plus radicales. La boîte transversale actuelle, entièrement synchronisée, est extrêmement lourde et encombrante, et l'on pourrait prochainement se passer de quelques synchros superflus. En conjonction avec diverses autres mesures, cela permettra peut être de maintenir l'objectif de poids fixé à 1000 kg…"
SPORT AUTO - Octobre 1992 - Yamaha ox99-11.

"Le moteur est directement issu du V12/60 soupapes 3,5 litres qui anime les Jordan de Formule 1. Yamaha n'annonce aucun chiffre de puissance ni de couple mais revendique un régime maxi de 10 000 tr/mn dans cette version " routière ", qui se distingue par de nouveaux collecteurs d'admission et d'échappement, des profils d'arbre à cames différents et d'une cartographie d'injection et d'allumage spécifiques pour en " civiliser " le comportement. Chaque banc de cylindre est pourvu d'un catalyseur trois voies. Le V12 conserve son carter sec et est flanqué de deux radiateurs d'eau latéraux."
ACTION AUTO MOTO - HS Supercars Juillet 1994 - Yamaha ox99-11.


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