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CHEVAUX
AU VENT
Majestueuse et impressionnante la nouvelle
Maserati 4200 Spider regarde fièrement l'avenir. Depuis son rachat
par Ferrari et le lancement de ce fabuleux coupé la marque au trident
ne cesse de nous étonner. La première mouture (3200 GT) aussi séduisante
qu'originale gardait l'ancienne motorisation Maserati, à savoir
le V8 3L2 bi-turbo déjà présent dans le coupé Shamal. Avec 370 chevaux
et deux turbos basse-pression la conduite de ce bolide n'était pas
une sinécure. De plus l'antipatinage était souvent débordé, au point
de laisser dépasser les roues arrières dès que l'optimisme s'exprimait
sur sol humide. Aujourd'hui les défauts ont été corrigés en grande
partie par l'adoption de nouveaux éléments d'origine Ferrari...
Texte:
Jérôme TORDJMAN - Photos: D.R.
PRESENTATION
Dans sa livrée jaune vif, la Maserati 4200 Spider possède autant
de charme qu'une belle italienne aux yeux noirs. Pulpeuse, généreuse
son design ne laisse pas indifférent, on ne demande qu'une chose
en la voyant : pouvoir la piloter. Les ailes galbées enveloppent
de généreux pneus à taille basse et les jantes à 15 rayons sont
toujours du plus bel effet. Depuis l'adoption de la nouvelle motorisation,
les feux arrières type boomerang ont disparu au profit de feux standards.
On pourra le regretter car leur style allongé suivant l'arrondi
du coffre offrait un cachet incomparable au coupé 3200. Mais les
normes américaines ont des raisons que le design ignore ! L'avant,
lui, reste inchangé, agressif et plongeant au raz du bitume, le
regard impressionne. Les deux feux, sous verre, accompagnent à merveille
les nervures du capot qui plongent jusqu'au mythique trident de
la calandre. A part la perte notable des deux places arrières avec
l'arrivée de la capote. L'intérieur du spider ne change pas d'une
version à l'autre, on se trouve toujours dans une voiture de prestige
: " il ne manque rien ". Entièrement tendu de cuir, l'habitacle
mêle les matériaux nobles. On peut ainsi opter pour la présentation
bois, alu ou carbone. C'est cette dernière que je conseillerai tant
le grain sombre emprunt de technicité du matériau offre une touche
de sportivité supplémentaire. La montre au style rétro est toujours
présente au centre de la console, pour le plus grand plaisir des
nostalgiques de la grande époque. On notera, tout de même, l'effort
fait pour l'ajustement qui fait preuve d'un peu plus de rigueur
qu'auparavant.
MOTEUR
Pour des raisons de coût de production le moteur Maserati a été
arrêté depuis la fin de l'année dernière. Mais même si une certaine
mélancolie peut nous envahir en pensant aux reprises prodigieuses
du bi-turbo, il ne faut pas se plaindre ; car la maison Ferrari
a fait le plus beau cadeau que l'on puisse faire à une GT… un moteur
EXCEPTIONNEL. Extrapolé du v8 3.6 litres de la Modena, le nouveau
moteur de la 4200 est passé à 4,2 litres par l'augmentation de la
cylindrée et l'allongement de la course. Le résultat est là ! Une
puissance certes en recule par rapport à la Ferrari (390 chevaux)
mais une disponibilité accrue et la possibilité de conduire un moteur
moins pointu (Zone Rouge à 7000 tr/min). Le couple plus important
est parfaitement en accord avec le concept Grand Tourisme de l'auto.
Une fois mis en route le moteur fait preuve d'une belle sonorité
grave et rauque, bas dans les tours, il devient métallique et rageur
lors des montées en régimes. De quoi donner une fois de plus l'envie
de prendre la route...
SUR LA ROUTE
Les premières minutes (en mode auto) s'égrainent avec circonspection
tant le souvenir brutal de la 3200 GT est présent. Les palettes
au volant rappellent que nous ne sommes pas dans une véritable automatique
et l'envie de faire parler la poudre se réveille. Une perspective
s'annonce, on change alors de dimension, la descente d'une vitesse
fait passer la boite en mode séquentiel. Un coup d'accélérateur
et le monstre dévoile son véritable caractère. La musicalité du
8 cylindres force à attendre la zone rouge. L'aiguille monte rapidement
et l'accélération devient titanesque, on déchire le temps… Juste
ne pas oublier que le rapport supérieur doit être enclenché. On
tire sur la palette, relâchant l'accélérateur, la boite s'occupe
de nous donner un bref moment d'inertie avant de remettre les gaz.
Le compteur s'affole, en troisième la poussée reste ébouriffante,
la fin de la ligne droite arrive avant de se rendre compte qu'en
600 mètres la voiture a dépassé les 200 Km/h. Dès lors, je me donne
30 minutes de sportivité pour tester la bête ; quelques dépassements
éclairs ; des coups de gaz envoûtants aux rétrogradages ; le châssis
en mode sport se montre plus ferme et à la hauteur ; un peu juste
les freins pêchent en endurance. A noter aussi que le châssis, bien
que rigoureux, manque de rigidité et dévoile ses limites en conduite
très sportive et sur routes légèrement dégradées. Le calme revient
quand je déconnecte le mode sport, la suspension pilotée (Skyhook)
devient plus douce et prévenante. En mode auto on retrouve le plaisir
de conduire une véritable GT et le moteur se montre étonnement silencieux.
On se surprend presque à rouler sur le couple en profitant de l'insonorisation
de la capote qui a vitesse normale est appréciable. Malheureusement
après une heure et demi au volant, il est temps de rendre cette
merveilleuse machine.
::
CONCLUSION
Finalement il est nécessaire de réaliser que
nous sommes en présence d'un cabriolet hors norme : trains roulants
de Ferrari Maranello, moteur de Modena, Intérieur des Maserati,
image mêlant luxe et personnalité. Ici Ferrari nous offre la possibilité
de rouler dans une voiture hors du commun pour un prix moins excessif
qu'à l'habitude. Nous sommes loin des véhicules (pour certains étoilés)
dont l'image suffit à justifier le prix. Encore plus loin des animaux
sauvages qui ne savent que ronronner et non plus rugir. Et à des
années lumières de tant de marques qui essaient de convaincre avec
des mécaniques d'un autre age. Ici tout n'est qu'ordre et beauté…
Luxe, Calme et Sportivité !
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