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CATERHAM SUPER-SEVEN 1600 K (1997 - 2005)

caterham seven 1600 k
© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (20/12/2007)

A L'ANCIENNE !

La Caterham Seven est sans nul doute l'automobile la plus anachronique qui soit. Si éloigné des modes qu'il en est devenue indémodable, ce vrai jouet pour grands enfants repose sur un rapport poids/puissance très avantageux et un minimalisme entièrement voué au seul plaisir de pilotage. Commercialisée de 1997 à 2005, la Superseven 1600 K restera l'une des versions les plus fidèles à l'invention géniale de Colin Chapman...

Texte & photos : Sébastien DUPUIS

50 balais et pas une ride sur le capot, rares sont les automobiles à pouvoir se vanter d'être aussi peu sensibles au temps qui passe sans avoir subi de très lourds liftings. Lourd est un mot qui reste encore inconnu de la petite anglaise, elle qui n'a nullement succombé à l'embourgeoisement. Et pourtant, sous ses allures de vieux tacot (dixit une passante !) la Caterham Seven a évolué pour se maintenir sur un marché de niche, alimenté par quelques inconditionnels de la voiture de sport dans sa plus pure incarnation. Souvent copiée, rarement égalée, la Seven née Lotus en 1957, avec un moteur Ford de 40 ch va devenir Caterham en 1973 lorsque ce distributeur exclusif des modèles de Colin Chapman en rachète le nom. Un an plus tard, la première Caterham Super Seven animée par un moteur Ford 1600 GT de 84 cv sort d'usine. En 1986, la voiture est enfin importée officiellement en France (1600 GT et 1600 BDR). En 1990, Caterham confirme sa position au sein du clan des automobiles super sportives, avec Seven HPC 2.0, puis deux ans plus tard avec la spectaculaire Caterham JPE qui s'octroie le record mondial d'accélération pour une voiture de production: de 0 à 96 Km/h en 3,46 sec ! Notre exemplaire, sorti d'usine en 2004, est l'un des derniers "châssis Chapman" ou « petits châssis » fidèles à l'original. Elle a bien failli ne jamais voir le jour car en juin 2002, avis de tempête venant de l'Union Européenne : l’homologation devait s’arrêter le 1 Octobre 2003 ! Le Service des Mines autorise toutefois la poursuite des ventes mais l'année 2005 marque définitivement la fin des châssis Chapman. La Seven a laissé depuis sa place à la CSR 200 pour entamer une nouvelle vie, que l'on espère aussi longue que la première...

caterham seven 1600 kinterieur caterham super seven

CARACTERISTIQUES


CATERHAM SUPER-SEVEN 1600 K
moteur 1600 k rover
MOTEUR
Type : 4 cylindres en ligne, 16 soupapes
Position : longitudinal AV
Alimentation : Injection indirecte
Cylindrée (cm3) : 1588
Alésage x course (mm) : 80 x 79
Puissance maxi (ch DIN à tr/mn) : 111 à 6000
Couple maxi (Nm à tr/mn) : 145 à 3000
TRANSMISSION
AR
Boîte de vitesses (rapports) : manuelle (5)
ROUES
Freins Av-Ar (Ø mm) : disques ventilés (345) - disques pleins (310 mm) + ABS
Pneus : 205/45 ZR 16
POIDS
Données constructeur (kg) : 580
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 5,2
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h) : 180
400 m DA :
1000 m DA : 26"4
0 - 100 km/h : 6"2
CONSOMMATION
Moyenne cycle mixte (L/100 km) : 7.2
PRIX NEUF (2004) : 34.900 €
7 CV FISCAUX

PRESENTATION

Notre grenouille d'un jour est l'une des très rares "Red Top" commercialisées en France en 2004 et 2005. Cette série limitée à 20 exemplaires sur base de la classique Super seven 1600K se distingue extérieurement par des éléments de toit rouges (capote, portes et couvre tonneau), une bande de capot et une calandre rouges avec un nez et des ailes noires ou vert anglais. Notre modèle est également doté de la seule option proposée : des jantes 5 branches type Superlite en 16" de diamètre en remplacement des 14" à petits bâtons livrées de série. Retrouver la Seven se fait toujours avec un égal plaisir, celui d'un grand gamin qui ressortirait du grenier l'un de ses jouets préférés. Rien que sa jolie frimousse, avec ses grandes ailes et ses vrais chromes totalement hors d'âge, a de quoi redonner le sourire au plus blasé des automobilistes, de tous âges et de tous sexes. Les réactions des passants sont au diapason, la Cat' semble dégager un véritable gaz euphorisant sur son passage. Toutes les têtes se dévissent et affichent inéluctablement un sourire béat et admiratif. Il faut croire que beaucoup plus de gens qu'on ne veut bien nous le faire croire ont encore une âme de rêveur et de passionné.
Très basse, la Seven semble bien frêle comparée à une automobile d'aujourd'hui. Avec ses bras de suspension avant à nu, ses ailes en polyester, son pare-brise digne d'une F1 d'avant-guerre (celle de 39-45 hein, pas celle d'Irak !), son capot en alu non peint, ses assemblages approximatifs aussi et surtout la quasi-absence de portières... ce n'est pas vraiment le sentiment de sécurité qui vous envahit en premier. D'ailleurs, les gens de l'EuroNCAP auraient sûrement de quoi faire une attaque cardiaque si l'engin devait se présenter au crash-test. Imaginez un face-à-face avec un Porsche Cayenne de 2 tonnes et demi ? Gloups ! Mais qu'importe, la vaillance du pilote de Caterham n'a d'égal que la passion pour sa monture. Car il faut bien reconnaître que malgré toutes ces considérations morbides, l'envie de prendre la route au volant de ce jouet est bien réelle, preuve encore une fois de son irrésistible pouvoir d'attraction.

HABITACLE

Pour goûter au plaisir de se faire mouvoir par la belle, il faut déjà s'y glisser avec le mode d'emploi. Si vous n'avez pas enlevé les portières (ça déjà c'est pas banal sur une voiture !) il vous faudra avec précision la plier en deux afin de la faire passer au-dessus du rétroviseur, sans quoi, vous allez tout dérégler. Ensuite, on passe une jambe un peu en biais sous le volant, puis l'autre tout en se laissant glisser au fond du siège appuyé d'une main sur le rebord de caisse et de l'autre sur le tunnel de transmission. Attention à ne pas vous appuyer sur l'aile arrière parce que là, la fibre qui la compose ne va pas forcément aimer...
Bon, vous êtes calé ? Normalement oui, l'espace est compté. Vous pouvez désormais vous attarder sur le cockpit. Rassurez-vous, cela ne sera pas long. La planche de bord en aluminium bouchonné est de toute beauté, avec son alignement de cadrans et d'interrupteurs qui s'étale sur toute la largeur. Cela nous change des plastiques peints "façon alu" ou "façon ceci" ou "façon cela". Là tout est "façon vrai". L'équipement est rudimentaire, chauffage, essuie-glace, c'est à peu près tout ! Oubliez tout aspect fonctionnel, y compris l'idée d'une simple boîte à gants. Les gants, ils seront mieux sur les mains, parce que de toute évidence, l'habitacle est le siège social des courants d'air. En parlant de sièges, ceux de notre modèle sont du type "confort" et couvert de cuir en série. Ils ne trahissent pas leur appellation se montrant particulièrement moelleux pour le séant. En face, au bout du capot, les deux globes chromés qui donnent à la Seven son regard de batracien contribuent également à la véritable signature esthétique et à l'ambiance si particulière que dégage cette voiture de légende.

MOTEUR

Sous le petit capot réalisé dans une feuille d'aluminium, Caterham a fini par trouver un remplaçant au traditionnel moteur Ford Kent qui, du fait des carburateurs, ne passerait plus les normes antipollution. A donc été retenu à partir de 1991, le 4 cylindres en ligne Rover de la famille K, tout d'abord en 1400 cm3, puis en 1996 une évolution à 1600 cm3. Léger et compact, le "K series" est entièrement en alliage d'aluminium et de faible encombrement, exactement ce qu'il faut pour une Caterham dont le poids reste l'obsession première. Apparu dans la Rover 200 en 1989, il utilise des poussoirs hydrauliques à rattrapage de jeu automatique et une injection d'essence multipoint d'origine Bosch. Avec son double arbre à came en tête entrainé par une courroie de distribution, il possède une culasse à 16 soupapes dans sa version K16 qui équipe notre Caterham "16 valve".
Ce moteur n'est pour autant pas très jeune, sa présentation remontant à 1984 mais il fait preuve d'une conception bien pensée. Par exemple, au lieu de fixer le vilebrequin avec des paliers de roulements vissés sur la partie inférieure du bloc, la k series emprunte une technique issue de la course automobile, avec un fond profond moulé d'une pièce pour la partie inférieure, d'une structure en échelle similaire à celle de l'arbre à came au dessus, refermé par le carter. Une fois boulonné in situ, la combinaison de la structure en échelle supportant les roulements, et du bloc cylindre donne au moteur K-series une extrême rigidité sur la partie inférieure. Cela signifie que le moteur peut de façon fiable supporter de grandes vitesses de rotation en minimisant les vibrations. Sur le papier, le rendement du 1.6L est pourtant assez commun (70 ch/L) et sa puissance maxi de 111 ch obtenus à 6000 tr/mn tout comme son couple maxi de 145 Nm à 3000 tr/mn ne traduisent pas un engouement particulier pour les hautes rotations. Mais grâce à son poids ultra réduit, on serait tenté de dire que la Cat' se suffit de n'importe mécanique ou presque.

SUR LA ROUTE

essai caterham seven 1600k

Contact, démarreur, le seize-cent se réveille avec un grondement sourd. La ligne d'échappement libérée de son gros silencieux arrière sur notre modèle ainsi que l'admission directe contribuent à retrouver une ambiance "années 60" ! C'que c'est chouette un moteur qui ronfle ! En revanche, dès les premières montées en régime, la boîte à 5 rapports apparaît trop longue (230 de vmax théorique en 5ème alors qu'on atteint péniblement les 180 !). Mieux étagée, elle pourrait transfigurer les reprises et les accélérations, déjà pas médiocres. Le petit levier avec la boule en alu qui trône au sommet conduit à des verrouillages fermes. La souplesse du 1.6L et le poids réduit de la Seven permettent en pratique de démarrer en 2nde sans souci. Il est l'heure d'aller se payer une bonne tranche de petites routes...
Assis au ras du bitume, la t ête rapidement ébouriffée par le vent, on devine que la bestiole ne se traîne pas face au chrono malgré des montées en régime très linéaires. Déjà le 1.4L permettait des performances étonnantes, le 1.6L enfonce un peu plus le clou en offrant un insolent 0 à 100 Km/h en 6"2. Rappellons qu'on parle bien d'un 1.6L de 115 ch... Le secret ? Un poids de même pas 600 Kg qui limite le rapport poids/puissance à 5,2 Kg/ch ! Sur les irrégularités marquées de la chaussée départementale qui nous sert de terrain d'essai, la Caterham nous secoue sans retenue, mais avec un certain confort. Le fameux pont de Dion à l'arrière permet d'approcher vaguement le comportement d'une suspension indépendante, en évitant la complexité et le poids d’une double triangulation. Le train avant offre une précision tranchante mais a tendance à suivre les ornières. Mais dès que la route est bien plate, la direction non assistée et le poids plume garantissent une agilité exceptionnelle tandis que le petit volant, la faible démultiplication et le centre de gravité très bas sont des ingrédients de voiture de course. Le bonheur. La répartition des masses est très bonne et les faibles dimensions permettent de sentir très vite à l'aise au volant. Ce qui frappe le plus c'est l'absence d'inertie, que ce soit au freinage malgré le diamètre ridiculement petit des disques, ou à l'accélération. Tout est franc et spontané. On conduit sans arrière pensée et rapidement, l'envie de piloter s'impose. On taquine la pédale de droite et sur sol sec on cherche les limites du châssis, éloignées avec la monte de 16" en 205/45 (contre 185/60/14). On dévore alors chaque portion d'asphalte avec un sourire collé au visage. S'il n'y avait pas ce pare-brise on pourrait compter les mouches écrasées à l'arrivée... Pour autant, le confort reste très correct et jamais tape-cul. S'il faut chercher des critiques, on peut simplement reprocher au moteur son manque de caractère sportif qui se traduit par une certaine paresse en haut du compte-tours et un habitacle fortement sujet aux remous d'air. Mais bien sûr, cela reste secondaire car les sensations sont bien là. Celui qui est au volant, n'a plus que la seule lubie de cramer du super (oui, c'est mal...) ! Bref, la Caterham Superseven incarne et déclenche le plaisir de conduire dans sa plus pure expression, dépourvue de toute aide électronique...

ACHETER UNE CATERHAM SUPER SEVEN 1600 K

Sans aller jusqu'à chercher l'une des 20 Caterham RED TOP présentée ici, la Seven 1600 K constitue un excellent choix. Tout d'abord, parce que son moteur K est moderne, sobre et fiable (en dehors de soucis de refroidissement et de joint de culasse faiblard), d'autre part parce que ces derniers millésimes ont bénéficié de 50 années de petites améliorations visant à peaufiner un concept quasiment parfait dès la naissance. Par précaution on vérifiera tout de même l'état du châssis. Il ne doit pas y avoir de corrosion, les tubes ne doivent pas présenter de déformation. Vérifiez l'état des silent blocks car leur usure modifie grandement la précision du guidage des trains roulants. Enfin parlons prix. Le tarif relativement élevé de la Seven en restreint la clientèle dont l'usage se limite à des parcours assez réduits sur petites routes ou à des virées sur circuit "entre potes". Dans le second cas, il va de soi que l'usure générale ne sera pas la même. En outre, l'autonomie du petit réservoir de 36L n'est pas celle d'une routière et la conduite se montre vite éprouvante tout comme le manque d'espaces de rangements risque de ne pas convenir à une dame pour un séjour prolongé. Pour les maniaques, sachez aussi que le joli capot en aluminium est une galère pas possible à garder propre ! Ca c'est dit. Mais au-delà de ces petits désagréments, il faut bien reconnaître que l'investissement demandé (à partir de 30.000 euros pour une 1600 K) n'est pas non plus démesuré compte-tenu des performances et du plaisir au volant, surtout que la décote reste une notion méconnue des propriétaires de Caterham et que le budget d'utilisation est très raisonnable (consommation limitée, usure très faible des pneus et des plaquettes de feins).

CONCLUSION

:-)
Engin hors du temps
Plaisir de conduite
Performances
Tenue de route (sur sol sec et plat !)
Freinage
Consommation
Esprit roadster authentique
Remède à la morosité
Light is right !
:-(
Boîte longue
Aspects pratiques
Moteur un peu terne
Autonomie réduite
Méfiance sous la pluie...
Prix élevé
Polyvalence d'usage très limitée...

La simplicité rudimentaire de la Caterham Superseven lui offre une légèreté incomparable. Aussi, avec un modeste moteur 1.6L de 115 ch elle vous expédie des chronos assez déroutants et une efficacité sur route tout simplement bluffante compte tenu de l'âge de la mémère. On pourra peut-être lui reprocher justement cet esprit trop "roots", le revers de la médaille en fait, car elle se trouve limitée à un usage pour le moins exclusif. Une véritable aberration pour tous ceux qui considèrent l'automobile pour son aspect utilitaire, un fantasme pour tous les autres...

L'Automobile Sportive remercie chaleureusement Emmanuel pour l'essai de sa superbe Caterham Super Seven Red Top.

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