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Ferrari conserve la couronne aux 24 Heures du Mans

16/06/2024

Ferrari conserve la couronne aux 24 Heures du Mans


 Un an après avoir remporté l'édition du centenaire, Ferrari répète son exploit aux 24 Heures du Mans 2024, au terme d'une édition palpitante. Au sein d'une catégorie hypercars extrêmement disputée et sur une épreuve marquée par la pluie, Ferrari s'impose et place deux voitures sur le podium de cette 92 ème édition.

Ce dimanche 16 juin, le numéro 50 de l'équipe Ferrari - AF Corse, numéro 50, a été applaudi par les fans alors qu'il passait le drapeau à damier en premier après deux tours d'horloge. Nicklas Nielsen, qui partageait le cockpit avec Miguel Molina et Antonio Fuoco, a conduit la voiture en tête jusqu'à la ligne d'arrivée, avec un réservoir presque vide. La voiture sœur, la numéro 51 d'Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi, arrive troisième juste derrière la Toyota numéro 7.

Ce deuxième doublé d'affilée de Ferrari sur le podium marque la 11e victoire du Cheval cabré sur le grand marathon d'endurance de la Sarthe. Les victoires précédentes du constructeur de Maranello remontaient à 1949, 1954, 1958 et 1960 à 1965. Antonio Fuoco, Miguel Molina et Nicklas Nielsen sur la 499P #50 rejoignent ainsi au palmarès de la course leurs équipiers de la #51 (Alessandro Pier Guidi/James Calado/Antonio Giovinazzi), vainqueurs en 2023.

En tant que vainqueur en titre, on se doutait que les Ferrari 499P allaient faire partie des favoris pour la victoire de cette 92e édition malgré un rythme légèrement en retrait lors des qualifications. Toutefois, la plus surveillée du clan italien n'était probablement pas la #83 de Robert Kubica/Robert Shwartzman/Yifei Ye pour l'équipe AF Corse qui a pourtant mené le match au quatrième tour de la saison 2024 de la FIA WEC, avant son retrait après 248 tours et une grande partie de la course en tant que leader..

Dès le départ, les #50 et #51 ont été dans le rythme. Nicklas Nielsen, sur la #50, prend d'ailleurs la tête dès le premier tour et ne laisse pas au vainqueur de l'Hyperpole, Laurens Vanthoor (Porsche 963 #6 Porsche Penske Motorsport), le plaisir d'ouvrir très longtemps la piste ! Dans son sillage, Antonio Giovinazzi (Ferrari 499P #51) passe à son tour le pilote belge rapidement. Le duo des Ferrari 499P rouges se retrouve aux commandes après seulement 13 minutes de course. Un peu plus loin, Robert Kubica (Ferrari 499P #83), parti 12e, pointe déjà à la cinquième place, à la faveur de premiers tours très incisifs.

Mais vers 17 h 40, la pluie fait une première apparition remarquée, obligeant les équipes à se positionner rapidement sur le choix des pneus. Plusieurs hypercars chaussent, de manière très (trop) précoce, des pneus pluie. C'est le cas chez Ferrari sur la #51, chez Porsche sur la #4 et chez Toyota sur la #7. La 963 #6 emmenée par André Lotterer (qui relaie très tôt Laurens Vanthoor) fait aussi ce choix qui va se révéler rapidement ne pas être le meilleur ! Celui qui survole la concurrence durant cette phase de panique, c'est Robert Kubica avec sa 499P jaune, toujours équipée en slicks tendres. Dès lors, et avec une piste qui sèche vite, Robert Shwartzman le relaie et consolide l'avance de l'équipageI.

Une alerte sérieuse survient toutefois samedi soir. Peu avant 22 heures, la pluie est de retour et on se prépare dans les stands pour l’affronter à nouveau. Une fois encore, la stratégie est la bonne sur la #83. On choisit rapidement les pneus pour chaussée humide – comme sur la 963 #5 – et, avec une pluie persistante, les secondes se perdent par poignées pour les poursuivants : la Ferrari #83 tourne 30’’ plus vite au tour que ses opposants restés en slicks ! Mais tout bascule à 22 h 37. Robert Kubica revient à pleine vitesse sur la BMW M Hybrid V8 #15 de Dries Vanthoor. Ce dernier ne veut pas se faire prendre un tour, car rester dans la même boucle que le leader peut s’avérer décisif en cas de sortie des voitures de sécurité. Le contact envoie la machine allemande dans le mur. Elle est si fortement endommagée que Dries Vanthoor doit mettre pied à terre. Jugé coupable d’avoir tassé ce dernier, Robert Kubica écope de 30 secondes de pénalité lors de son arrêt suivant. Cette punition, purgée à 00 h 30, fait reculer l’hypercar jaune. Jamais elle ne sera revue en haut d’une feuille de classement (à 12 heures le dimanche, Yifei Ye l’immobilise devant son stand avant qu’elle ne soit rentrée, abandon).

Se dessine une bataille à trois entre Porsche Penske Motorsport, Toyota Gazoo Racing et Ferrari AF Corse. On ne retrouve pas l’unique Isotta Fraschini, qui connaît une très belle première participation, mais ne peut se battre devant. Dans le clan Lamborghini, les SC63 sont encore là, fiables, mais loin. BMW non plus ne peut pas fêter de la meilleure manière le 25e anniversaire de la victoire de la V12 LMR. La M Hybrid V8 ​​#15 est éliminée suite au contact avec la Ferrari 499P #83. La #20, elle, était déjà hors séquence dès le début de l’épreuve, avec plusieurs problèmes techniques pour ce grand retour.

Dans la nuit, on ne compte malheureusement plus de forces françaises capables de gagner, Alpine ayant rencontré des difficultés en début de soirée avec ses moteurs, et Peugeot ayant quitté le tour de tête après seulement 2 h 45 d’épreuve.

Des hypercars encore dans le coup (elles sont encore une dizaine à minuit), c’est la Toyota GR010 Hybrid #8 Toyota Gazoo Racing de Sébastien Buemi/Brendon Hartley/Ryo Hirakawa qui traverse la nuit devant. Sur toutes les feuilles de chronométrage officielles, de 1 heure à 9 heures du matin, la machine nippone est au top. Comme dans la plus pure tradition des 24 Heures du Mans, ce cavalier nocturne permet-il à Toyota de construire sa victoire ? Non. La lecture brute des résultats est un leurre.

En réalité, le trio Ferrari-Porsche-Toyota s'observe et se défie. Mais les conditions météorologiques très changeantes poussent la direction de course à faire sortir les voitures de sécurité pour une durée de 4 h 26. Une éternité !

À sept heures du but, 11 voitures sont encore dans le tour de tête et peuvent prétendre à la victoire. Enfin il ne pleut plus et la bataille reprend de plus belle au sein du peloton, avec des affrontements multiples mais aussi des abandons. Cadillac notamment perd deux voitures, dont la V-Series.R #3 de Sébastien Bourdais/Renger van der Zande/Scott Dixon. Le pilote Manceau de montera pas encore cette année sur le podium du Mans...

Mais les favoris aussi souffrent, à l'image de la Porsche 963 #4 qui percute le mur de pneus à Indianapolis. N'arrivant pas à égaler les vitesses des Ferrari, les 963 #5 et #6 semblent reléguées définitivement au second plan alors que le rythme s'accélère encore à l'entame des quatre dernières heures.

Longtemps, l'italien Antonio Fuoco va détenir le meilleur tour en course en 3’29’’208 mais à 12 h 15, Alex Palou semble déterminé à tenter le tout pour le tout avec la dernière Cadillac en piste, la #2. Résultat : il boucle un tour en 3’28’’938 au 253e tour avant que Kamui Kobayashi montre à toute l'assistance que qu'il va finalement falloir compter avec la Toyota GR010 Hybrid #7 une fois de plus ! Il conservera le titre du meilleur tour en course en 3’28’’756 (au 254e tour).

Un peu avant 14 heures, la pluie fait un retour redouté, gagnant progressivement en intensité. La fatigue aidant, les fautes se multiplient. Brendon Hartley part à la faute à Mulsanne avec la Toyota GR010 Hybrid #8 suite à un contact avec Alessandro Pier Guidi (Ferrari 499P #51). Un doublé Ferrari, la #50 devant la #51, se dessine mais la Toyota GR010 Hybrid #7 de José María López/Kamui Kobayashi/Nyck de Vries s'invite finalement au milieu du podium après une remontée historique et une lutte sans merci.

Dans la catégorie LMP2, bien que moins médiatique, la batailel n'en a pas moins été tout aussi intense avec plusieurs équipes ayant alterné en tête tout au long des 24 heures. Au drapeau à damier, pour la première fois depuis 2020, United Autosports renoue avec le succès.

Enfin, avec neuf marques représentées au départ de la première édition accueillant des voitures répondant au règlement LMGT3, le résultat était difficile à prédire. Plusieurs constructeurs ont là aussi alterné en tête tout au long de l'épreuve. McLaren, avec l'Hyperpole de la 720S LMGT3 Evo2 #70 Inception Racing de Brendan Iribe/Ollie Millroy/Frederik Schandorff pouvait espérer un temps répéter l’histoire et la victoire au général de McLaren en 1995. Mais on a aussi cru à l'exploit de Valentino Rossi, engagé sur la BMW M4 GT3 #46. Le multiple champion de Moto GP a longtemps mené la course, bien aidé par le travail de Maxime Martin, impeccable au départ. Mais Ahmad Al Harthy a perdu le contrôle de la bavaroise en sortie de stands, et a trop endommagé la voiture pour continuer. La #31 est la seule rescapée du clan WRT et offre un podium en guise de lot de consolation au constructeur bavarois qui fêtait le grand retour de sa division M au Mans.

Les grands débuts des Ford Mustang ont été remarqués, de même que ceux des Lexus RC F LMGT3 #78 et #87 de Akkodis ASP Team. Ajoutons que la Lamborghini de l'équipe Iron Dames a fait preuve également d'une belle régularité, menant la course à son tour. Mais c'est à un vieil habitué de l'épreuve et de la catégorie GT que revient la victoire de cette 92e édition. La Porsche 911 #91, avec Yasser Shahin/Morris Schuring/Richard Lietz, a finalement brillé par sa régularité et sa fiabilité. Manthey EMA ouvre ainsi le palmarès de la catégorie LMGT3 aux 24 Heures du Mans 2024.

Les vainqueurs des 24 heures du Mans 2024 par catégorie :



Hypercars :
Ferrari 499P #50 Ferrari AF Corse – Antonio Fuoco / Miguel Molina / Nicklas Nielsen – 311 tours

LMP2 :
Oreca 07-Gibson #22 United Autosports – Oliver Jarvis / Bijoy Garg / Nolan Siegel – 296 tours

LMGT3 :
Porsche 911 GT3 R LMGT3 #91 Manthey EMA – Yasser Shahin / Morris Schuring / Richard Lietz – 280 tours

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