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Etude : remplacer une voiture thermique par une électrique n'est pas si bon pour le CO2

05/10/2021

Etude : remplacer une voiture thermique par une électrique n'est pas si bon pour le CO2

 Pour combattre le réchauffement climatique, l'Union européenne a fixé un objectif de 30 millions de véhicules électriques en circulation d'ici 2030. Mais cette transition forcée de l'automobile, alors que le domaine des transports ne représente qu'un tiers des émissions de CO2 dans sa globalité, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, implique la mise au rebus d'autant de voitures thermiques déjà produites et, la plupart du temps, encore en état de marche.

Ce grand remplacement du moteur thermique a-t-il un bilan carbone aussi favorable qu'on voudrait nous le faire croire ? Des chercheurs de l'université impériale de Kyushu au Japon se sont penchés sur al question et, calculette à la main, la réponse ne va peut-être pas réjouir nos écologistes politiciens.

Leur conclusion va en effet à l'encontre du dogme actuel : conserver et utiliser le plus longtemps possible des voitures à bon rendement énergétique - même s'il s'agit de voitures à essence - pourrait limiter les émissions de CO2 bien plus efficacement qu'une transition rapide vers des véhicules à carburant alternatif - électrique ou hydrogène. Voilà qui est dit !

Cette conclusion, que le bon sens populaire soulève déjà depuis plusieurs années, repose désormais sur des calculs précis. Pour commencer, il y a une variable qu'on ne peut pas retirer de l'équation : fabriquer des voitures neuves émet des gaz à effet de serre, beaucoup. Les chercheurs estiment qu'au Japon, la part de la fabrication dans le bilan carbone d'une automobile est de 24 %.

Ainsi, l'étude conclut que si les voitures immatriculées au Japon entre 1990 et 2016 étaient restaient 10 % plus longtemps sur la route avant d'être mises à la casse, leur empreinte carbone serait diminuée de 30,7 millions de tonnes. Car la non-fabrication de nouvelles voitures pour les remplacer compenserait largement les émissions supplémentaires produites par ces voitures déjà en circulation.

Mais la conclusion de l'étude japonaise va encore plus loin et montre que réduire la durée de vie de ces voitures, notamment par le biais de primes à la casse ou autres incitations fiscales et gouvernementales, aurait entraîné une augmentation de l'empreinte carbone du secteur de plus de 42 millions de tonnes.

Autrement dit, mettre à la casse des voitures essence encore en bon état de marche va clairement à l'encontre de la lutte contre le réchauffement climatique ! Les initiatives gouvernementales seraient donc largement contre-productives en plus d'être très coûteuses pour l'Etat.

On ajoutera également que l'instauration de zones de circulation restreintes (ZFE) dans les grandes agglomérations, malgré un objectif louable d'amélioration de la qualité de l'air, se trouve être aussi mis en contradiction avec l'objectif de baisse des émissions de CO2 en incitant les populations à détruire un véhicule existant pour en fabriquer un nouveau...

« Plus vite vous remplacez une voiture, plus elle émet de CO2. Ce n'est pas différent avec les voitures électriques, car lorsque la demande de nouvelles voitures augmente, les émissions de la phase de production augmentent », explique Shigemi Kagawa, professeur à la Faculté d'économie de l'université de Kyushu, dans un communiqué. La diminution globale apportée par ce remplacement ne représente en effet pas plus de 1% des émissions totales du parc pendant la période. Mais 1% de plus pourrait encore être gagné si les premiers propriétaires desdites voitures les conservaient 10 % plus longtemps. « Alors la prochaine fois que vous envisagerez d'acheter une nouvelle voiture, demandez-vous d'abord si vous ne pourriez pas encore faire quelques kilomètres avec celle que vous avez déjà », conclut Shigemi Kagawa.

Enfin, il nous faut encore ajouter que le bilan carbone d'une voiture électrique est aussi extrêmement dépendant de la méthode de production de l'électricité utilisée. Tous les pays n'étant pas alimentés au nucléaire ou à l'énergie renouvelable, la durée nécessaire pour obtenir un bilan carbone favorable est donc extrêmement variable.

En résumé, ce que souligne cette nouvelle étude est que l'empreinte carbone d'une automobile ne se résume pas à ses émissions sur la route. Chose qu'ont tendance à omettre de nombreux politiciens et écologistes dans des discours de promotion du "zéro émission" qui s'apparentent parfois à du green washing...

Source de cette étude

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