Après 60 ans d'absence, Osca renaît... avec Lotus
29/06/2026
Osca. Un nom que seuls les passionnés les plus pointus de l'histoire automobile italienne - ou les lecteurs assidus de L'Automobile Sportive - connaissent. Fondée en 1947 par les frères Maserati, la marque avait disparu en 1967, avalée par le temps et les bouleversements industriels. Mais en 2026, Osca revient !
Et ce n’est pas Ferrari, Maserati ou Alfa Romeo qui la ressuscitent : c’est DR Automobiles, un constructeur italien surtout connu pour importer des modèles chinois rebadgés… et récemment condamné pour avoir laissé croire qu’ils étaient “Made in Italy”...
Cette renaissance inattendue commence par un SUV, le MT6, dérivé du Changan UNI‑T. Un modèle qui reçoit une face avant retravaillée, une grille spécifique et une calibration moteur maison sur le 1.5 turbo. Rien de révolutionnaire, mais DR Automobiles semble convaincu que ce type de véhicule peut donner une assise commerciale à Osca avant de passer aux choses sérieuses.
Un constructeur sanctionné pour ses origines chinoises
Difficile d’oublier que DR Automobiles a été condamné à 6 millions d’euros par l’Autorité italienne de la concurrence pour avoir présenté ses modèles comme italiens alors qu’ils étaient produits en Chine, puis légèrement modifiés avant leur arrivée en Europe.
Cette affaire a écorné l’image du constructeur, et la relance d’Osca apparaît presque comme une tentative de repositionnement : une marque historique, un storytelling italien, et une ambition de monter en gamme. Mais derrière le vernis marketing, c’est le prochain modèle qui attire réellement l’attention.
Osca prépare une sportive à moteur central basée sur la Lotus Emira
Massimo Di Risio, patron de DR Automobiles, a confirmé qu’Osca dévoilera un prototype de sportive à moteur central avant la fin de l’année, avec une commercialisation prévue en 2027. Et là, le projet devient beaucoup plus intéressant : la future Osca sera basée sur la Lotus Emira V6, reprenant son châssis en aluminium et son V6 3.5 compressé d’origine Toyota.
Ce moteur, bien connu pour sa fiabilité et son caractère, développe jusqu’à 405 ch dans l’Emira. Associé à un châssis Lotus, il garantit une base technique solide, loin des SUV rebadgés qui ont fait la réputation de DR.
Autre élément notable : le design serait développé en partenariat avec Italdesign, ce qui laisse espérer une silhouette plus exclusive que celle d’une Emira simplement rebadgée. Reste à savoir si Osca osera modifier profondément les panneaux de carrosserie ou si elle se contentera d’un travail cosmétique.
Un prix qui double celui d’une Emira
Le tarif annoncé donne le ton : au moins 200 000 ¤ pour cette Osca à moteur central. À titre de comparaison, une Lotus Emira V6 bien équipée tourne autour de 110 000 ¤. Autrement dit, Osca demande presque le double pour une base technique identique, avec un design potentiellement retravaillé et un badge historique ressuscité.
La question est simple : où se trouve la valeur ajoutée ? Design exclusif ? Production ultra‑limitée ? Finition supérieure ? Pour l’instant, rien ne permet de justifier un tel écart, mais Osca semble miser sur la rareté et sur l’aura d’une marque italienne oubliée.
Après l’Europe, DR Automobiles espère également commercialiser la sportive aux États‑Unis, un marché où les marques exotiques trouvent parfois une clientèle prête à payer pour l’originalité.
Osca renaît, mais la crédibilité reste à construire
La résurrection d’Osca est fascinante, mais aussi paradoxale. D’un côté, une marque italienne historique renaît... de l'autre c'est avec l’aide d'un châssis Lotus, d’un moteur Toyota et d'un constructeur sanctionné pour ses pratiques commerciales douteuses...
Pour l’instant, Osca revient dans la lumière avec un mélange de nostalgie, de technique éprouvée et de marketing audacieux. La future sportive Osca pourrait néanmoins être une bonne surprise mais tout dépendra de la capacité de DR à transformer une base Lotus en véritable GT italienne, avec une identité forte et une finition digne de son prix.
Reste à voir si les passionnés seront prêts à payer 200 000 ¤ pour une sportive qui partage son ADN avec une Emira deux fois moins chère et déjà perçue comme une version modernisée de l'Evora...
Une chose est sûre, cette nouvelle Osca n'envisage sans doute pas de renouer avec l'esprit de l'innovante Osca 1600 GT, cette petite berlinette légère et racée qui incarnait la quintessence du savoir‑faire italien...
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