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VANDERHALL EDISON2 (2021 - )

vanderhall edison2
© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (17/09/2021)

Un jouet très branché

Bien que cultivant un esprit rétro, Vanderhall n'oublie pas de vivre avec son temps en proposant l'Edison 2, version électrique de son tricyle. Mais le plaisir reste-t-il de la partie ?

Texte & Photos : Sébastien DUPUIS

 

Au CES de Las Vegas 2018, le petit constructeur américain Vanderhall dévoilait une version électrique de son tricycle-roadster Venice. Dénommée Edison, - en hommage bien sûr au compatriote Thomas Edison, pionnier de l'électricité et fondateur de la General Electric - cette incursion dans le monde de la mobilité "éco-friendly" n'est évidemment pas sans rappeler que, quelques années auparavant, l'anglais Morgan avait déjà brisé les codes en présentant l'insolite concept de 3-wheeler électrique EV3.

Sur le papier, il faut reconnaître que combiner une masse de seulement 635 kg au couple du moteur électrique ressemble à une proposition séduisante. Juste après notre essai du tricycle thermique de Vanderhall, le Carmel, la curiosité nous obligeait donc à prendre le volant de son homologue électrique. Une confrontation directe de l'ancien monde et du nouveau...

PRESENTATION

vanderhall edison2 arriere

Esthétiquement, l'Edison2 ressemble à s'y méprendre à son frère thermique le Venice dont il dérive. Néanmoins, outre les logos différents, on note que le pot d'échappement côté passager a disparu tandis que la trappe de recharge se cache habilement en lieu et place du bouchon de réservoir.

Ce détail mis à part, le tricycle américain peut donc toujours compter sur son look néo-rétro pour faire chavirer les coeurs. Une ligne et un gabarit tellement éloignés des standards actuels - seulement 3m65 de long et 1m14 de haut - qu'ils le rendent d'autant plus attirant pour qui aime se démarquer et rouler différemment. On pourra d'ailleurs regretter que le constructeur ne propose aucune possibilité de personnalisation, obligeant à se diriger vers la customisation "after market", apparemment très appréciée des clients Vanderhall aux USA.

HABITACLE

vanderhall edison2 interieur

Monter à bord l’Edison avec les épais longerons à enjamber n'impose pas l'exercice de gymnastique que vous pourriez redouter. Contrairement au Carmel, l'Edison2 ne dispose ni de portières, ni de hard-top et l'installation se fait assez simplement. Il faut juste veiller à ne pas prendre appui sur le pare-brise minimaliste, au risque de le casser. Une fois le postérieur posé, on peut régler le volant en inclinaison et les sièges sont également réglables. La précision a de quoi faire sourire mais sur ce type d'engin on pourrait s'attendre à beaucoup plus de sacrifices. D'ailleurs, l’Edison offre même des sièges chauffants, un démarrage sans clé et une connexion bluetooth pour votre smartphone. A ce niveau, c'est quasiment du luxe !

L'américaine entend justement flirter avec le premium pour séduire une clientèle plus raffinée qu'il n'y parâit. La finition de l'ensemble est d'assez bon niveau, les sièges sont envelopés d'un cuir matelassé et la planche de bord est elle aussi recouverte en cuir. Les détails vintage comme le volant 3 branches, les petits rétros ronds, les interrupteurs chromés à bascule pour les feux de détresse et le système audio Bluetooth ou encore la jauge de batterie analogique participent directement à l'ambiance. Au passage, le gros cadran de droite n'indique plus des tours/minute mais la puissance délivrée, ou régénérée, en kW. Une deuxième jauge intégrée y ajoute la température moteur.

MOTEUR

vanderhall edison2 interieur

A gauche du volant, l'Edison conserve le même bouton "engine start" mais mettre la machine sous tension ne produit ni son, ni image. Ce silence suffit pourtant à vous plonger dans l'ambiance, une toute autre ambiance. En effet, l’Edison2 remplace le moteur turbo General Motors par une paire de moteurs électriques de 52 kW. Vanderhall dit que cet ensemble produit 140 chevaux et 315 Nm de couple. Le tout est alimenté par une petite batterie de 30 kWh.

Offrant une autonomie maximale théorique de 321 km, l'américain est aussi capable d'exécuter le 0 à 100 km/h en à peine plus de 4 secondes et même si sa vitesse de pointe plafonne à 168 km/h, le caractère sportif de ce petit trike électrique est indiscutable.

Si les performances séduisent, on n'en dira pas autant de l'autonomie qui restreint malheureusement le rayon d'action. En pratique, lors d'une balade à 100 km de chez soi il faudra déjà commencer à penser au retour en gardant un oeil sur la jauge, ou ajuster son itinéraire pour dénicher une borne (en espérant qu'elle marche...). Cette petite batterie impose alors un temps de pause conséquent pour être rechargée, soit 4 heures environ sur du 6 kW, la puissance maximum autorisée.

SUR LA ROUTE

vanderhall edison2 essai

Comme nous l'avons dit, l'Edison2 est construit sur le même châssis que le Venice, sans modification des trains roulants. Grâce à la petite batterie, le poids se maintient aussi à un niveau équivalent, ce qui n'est pas un mince exploit tant celui-ci est extrêmement bas.

Une fois en route, le contact avec les éléments est du genre direct, très ! Au propre comme au figuré, ça décoiffe. Comme sur l'immense majorité des véhicules électriques, l'absence de boîte de vitesse prodigue une poussée continue qui ne laisse aucun temps mort. Mais, faute de bruit moteur, l'expérience n'est pourtant pas aussi intense qu'attendue. Faisant office de régulateur de vitesse naturel, très efficace, les bruits et remous d'air importants n'occultent pas totalement les bruits mécaniques de la transmission électrique qui, pour dire les choses poliment, ne sont pas particulièrement mélodieux et encore moins envoûtants...

On en vient évidemment à se dire qu'il manque un élément déterminant du plaisir, surtout que la version thermique met particulièrement l'accent sur la bande son ! L'Edison 2 est justement là pour séduire ceux pour qui cette alternative thermique ne s'envisage pas et appartient au passé. Des clients déjà convaincus par l'électrique et pour qui il n'y a donc ni confrontation, ni hésitation.

Sonorité moteur mise à part, l'Edison2 se laisse en effet apprécier par ses accélérations vigoureuses, les effets de couple dans la direction étant d'ailleurs moins violents que sur le Carmel. Un bon point car la direction assistée électrique, ainsi moins parasitée, permet un bon ressenti du travail du train avant. Toujours bien plus chargé que l'arrière, sa tendance naturelle au sous-virage se trouve atténuée par une arrivée du couple plus progressive. Malgré une monte pneumatique généreuse en semi-slicks, la roue arrière n’offre toutefois pas beaucoup d’adhérence et il convient de rester prudent lorsqu'on s'inscrit en courbe en ne jouant pas trop du transfert de charge. Le freinage, doté de l'ABS, est quant à lui rassurant et la régénération (au lever de pied) se montre à peine perceptible.

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Cette stricte biplace électrique est commercialisée outre-Atlantique à un tarif plutôt honnête de 34 950 dollars, soit 5 000 de plus que le Venice. Arrivé chez nous, le package devient moins attractif puisqu'il faut débourser pas loin de 50 000 € pour s'offrir l'exotisme de ce roadster à trois roues, il est vrai fiscalement, écologiquement et moralement très en phase avec son époque. Le point positif, c'est qu'il n'est soumis à aucun malus (non pas grâce à l'électricité mais à son statut de tricyle) et que l'équipement de série inclut presque tout ce qu'il est possible d'avoir à bord, les options étant très peu nombreuses.

Destiné à une clientèle plutôt urbaine et aisée, le Vanderhall Edison2 se positionne donc comme un objet de mobilité branché, "sexy, cool et fun" comme diraient les américains, mais aussi très limité dans son usage. Un caprice pas franchement raisonnable mais sa singularité peut suffire à faire craquer...

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
VANDERHALL EDISON2


MOTEUR
Type : électrique à aimant permanent (x2)
Position : AV
Puissance maxi (ch) : 140
Couple maxi (Nm) : 314
TRANSMISSION
AV
Boîte de vitesses (rapports) : entraînement direct (1)
ROUES
Freins Av-Ar (Ø mm) : disques ventilés (305), étriers 2 pistons - disque plein (275), étrier flottant 1 piston
Pneus Av-Ar : 275/35 ZR 19
POIDS
Donnée constructeur (kg) : 635
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 3.8
vanderhall edison2 moteur recharge
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h) : 168
1000 m DA : NC
0 - 100 km/h : 4"4
0 - 200 km/h : NC
CONSOMMATION
Autonomie WLTP (km) : 320
Moyenne de l'essai (km) : NM
CO2 (g/km) : NC
PRIX NEUF (09/2021) : 48 900 €
PUISSANCE FISCALE : NC

CONCLUSION

Le Vanderhall Edison 2 est un engin unique en son genre, entre jouet vintage et gadget électro à la mode. Atypique par nature, ce tricyle électrique n'entend pas faire l'unanimité et s'adressera exclusivement à une clientèle bien spécifique. Un roadster pour hipster.

:-)
Look !
Sensations brutes
Performances intéressantes
Coût de roulage
Compatible ZFE...
:-(
Tarif élevé
Bruit mécanique peu séduisant
Autonomie faible
Charge 6kW maxi
Pas de coffre

Tous nos remerciements à Eric et Kilian de Vanderhall France - Eritrik pour cet essai.

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PHOTOS


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