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Prime à la conversion : un bilan vraiment positif ?

02/04/2019

Prime à la conversion : un bilan vraiment positif ?

 Le gouvernement se félicite du bilan de son dispositif de prime à la conversion. Avec près de 300 000 demandes depuis le 1er janvier 2018, il est jugé très positif. Les concessionnaires, premiers bénéficiaires de cet afflux de clients, se frottent aussi les mains. Mais dans les faits, a-t-on vraiment fait les calculs pour savoir s'il vaut mieux changer régulièrement nos voitures ou les conserver le plus longtemps possible ?

Mise en place dans le cadre du Plan Climat, la prime à la conversion subventionne le retrait de la circulation de véhicules anciens et polluants pour l'achat de véhicules jugés plus propres (Critair 1 ou 2 et émettant moins de 130 grammes de CO2/km2), qu'ils soient neufs ou simplement plus récents (60 % des véhicules acquis étaient d'occasion). Selon des chiffres transmis par le ministère au site d'information LCI en novembre 2018, les demandes déposées ont permis aux bénéficiaires d'acquérir un véhicule diesel moins polluant (norme Euro 5 ou 6) dans 48 % des cas et un véhicule essence postérieur à 2006 dans 47 % des cas. Seulement 5% ont en revanche permis d'acheter des véhicules électriques.

Descendante directe des Baladurettes et Jupettes, la prime conduit donc à détruire prématurément des millions de véhicules qui sont pourtant, dans la plupart des cas, encore en état de marche. Les premiers effets de cette mesure sont d'ailleurs les mêmes que par le passé. D'un côté on booste les ventes de voitures, de l'autre les casseurs automobiles ont du mal à endiguer le flot de véhicules et leurs parcs sont saturés. Si bien que les véhicules, parfois proches de l'âge de la collection sont de moins en moins valorisés et détruits au lieu d'alimenter le circuit des pièces de rechange. Ce sont autant de pièces qu'il faudra donc refabriquer pour satisfaire les besoins, une source de pollution supplémentaire.

Mais le premier enjeu évoqué est une question de santé publique. En expédiant à la casse de manière forcée ou accélérée nos vieux diesels fumants, les responsables politiques entendent purifier plus rapidement l'air malsain des grandes métropoles. La question est devenue cruciale car, selon différentes études, elle impliquerait un nombre de décès autrement plus dramatique que celui des accidents de la route ! Ainsi, des sanctions et amendes sont prévues dans ce domaine par l'Union Européenne et la France fait partie des pays menacés car qui ne respectant pas les limites légales.

Alors certes, ces nouveaux véhicules supposés plus propres, ont aussi pour qualité de consommer moins de carburant. Du moins sur le cycle d'homologation dont tout le monde connait maintenant le décalage avec la réalité. Sur le papier, on peut donc se dire que l'on va réduire les émissions de Co2 globales par le fait que les gens rachètent une voiture réellement plus sobre. Mais encore une fois, en se limitant à la lecture de fiches techniques, on ne regarde le problème que par le petit bout de la lorgnette. Exactement comme lorsqu'on offrait des "bonus écologiques" à l'achat de diesels dépourvus de filtres à particules...

En tentant de résoudre ce problème du Co2 en stimulant la vente de voitures neuves, on occulte soigneusement que la production d'une nouvelle automobile, et de surcroît électrique ou hybride, implique à la source une dépense énergétique et donc des émissions de Co2 colossales ! Un paradoxe fâcheux pour un plan "Climat"... Les chiffres sont formels : la construction d'une voiture neuve, c'est une émission moyenne de 15 tonnes de CO2*. Une moyenne qui cache de grands écarts selon que vous achetez une petite citadine fabriquée en France ou une grosse voiture électrique importée ! Pour donner un ordre de grandeur, 15 tonnes de Co2 correspondent à ce qu'aura émis sur 100 000 km une voiture essence qui consomme en moyenne 8 litres aux 100 km.

Autrement dit, envoyer à la casse une voiture ayant moins de 200 000 km est une parfaite hérésie d'un point de vue écologique ! Et même si elle n'est plus en parfait état de marche, ce qui est d'ailleurs assez rare, la remettre en état serait toujours beaucoup moins polluant. Oui mais voilà, l'écologie se confronte à ce stade à une autre réalité économique : le coût des réparations. Lorsque de l'autre côté on vous propose de l'argent pour la remplacer, il n'y a souvent pas à hésiter, même s'il s'agit d'un mauvais choix pour la planète...

Nos anciens n'avaient pas honte d'emmener leurs voitures "jusqu'au bout", une expression pleine de bon sens que la société de consommation a totalement rendue obsolète car, dans le même temps, les voitures sont devenues infiniment plus fiables. Tant et si bien qu'on ne change généralement pas de voiture parce qu'elle est usée mais simplement parce qu'on en désire une autre, ou qu'on nous y oblige carrément, par le biais de zones à circulation réglementée par exemple. Les incitations à consommer plus propre restent donc avant tout des incitations... à consommer. Quand on sait que la majorité des voitures échangées ou envoyées au rebus dans le cadre de la prime à la conversion ont entre 100 et 200 000 km, alors que leur durée de vie est globalement depuis les années 90, d'au moins 300 000 km, on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit là d'un immense gâchis de ressources, d'énergie et d'argent public.

En ajoutant les effets de mode et les facilités de financement aux diverses incitations légales et fiscales, on constate que ce sont surtout les constructeurs automobiles qui tirent profit de la situation et directement ou indirectement, le Gouvernement soutient donc principalement un secteur industriel stratégique pour la France et ses emplois. Mais on ne résout pas sérieusement la question écologique en se contentant de déplacer le problème, surtout au risque de l'accélérer plutôt que le retarder...

*Source : Philippe Cortay

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