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PURE !
Depuis désormais
près de 20 ans, BMW nous gratifie d'un coupé série
3 griffé de son prestigieux département Motorsport.
Si les premières M3 E30 étaient dotées d'un
quatre cylindres très performant, la M3 n'a eut de cesse
de monter en puissance. Avec son 6 en ligne de 360 ch, et un équipement
allégé, la M3 CSL s'impose comme la nouvelle coqueluche
des sportifs fortunés...
Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R.
BMW, par l'intermédiaire de
sa filiale sportive Motorsport, met du piment dans sa gamme, déjà
réputée pour son esprit sportif. La série 3,
le modèle phare de la gamme BMW, fut dans les premiers à
bénéficier d'une version à part entière
sur la M3 E30, et non un modèle existant amélioré
comme ce fut la cas auparavant avec les premières M5 et les
coupés M635 CSI. Sur cette génération E30,
outre une carrosserie bodybuildée avec des ailes taillées
à la serpe, son capot abritait un quatre cylindres 2,3 litres
atmosphérique multisoupapes qui développa de 200 à
240 ch sur les dernières évolutions. Ames sensibles
s'abstenir car la M3 E30 en donnait vraiment pour son argent ! Lorsque
Motorsport s'attela à la nouvelle Série 3 E36, les
ambitions étaient autrement plus fortes puisque c'est un
six en ligne de 3 litres puis de 3,2 litres développant jusqu'à
321 ch qui fut logé sous le capot frappé du double
haricot. Performances, look, tenue de route, homogénéité,
tout était réuni dans la M3 pour la transformer en
coqueluche des sportifs. Souvent, elle servi de référence
à la presse pour étalonner les dernières GT
du moment, et Porsche souffrit beaucoup de cette auto qui précipita
notamment sa gamme à moteur avant dans l'oubli, car plus
chère, moins homogène et pratique et avec un réseau
plus éparpillé. Sur la dernière série
3 E46, BMW a confirmé sa vision de la M3 E36 en l'améliorant
dans tous les domaines. Sa transmission SMG II a notamment été
grandement améliorée et participe désormais
réellement au plaisir de conduite. Cependant, on ne peut
lutter à l'embourgeoisement sans cesse croissant des automobiles
modernes, et une version light était initialement au programme...
CONCEPTION...
Si au premier abord, on est tenté de penser que les ingénieurs
de Münich avaient comme but avoué l'allégement
de la voiture, il n'en est rien en réalité. C'est
en vérité le plaisir de pilotage et la précision
du comportement routier qui a dicté sa loi. En effet, l'allégement
total comparé à une version M3 standard est de 110
kg, ce qui est déjà très intéressant,
mais pas si impressionnant. Toute la construction de la M3 CSL a
été repensée, notamment au niveau des matériaux
usités. Le pavillon a notamment été entièrement
conçu en composite qualité optique. S'il pèse
6 kg de moins que le pavillon des versions standards, sa position
permet de plus d'abaisser encore sensiblement le centre de gravité
de la M3 CSL. Cela est certes minime, mais tous les éléments
de l'autos ainsi repensés amènent à un résultat
surprenant d'efficacité. Le châssis de la M3 CSL a
été modifié puisqu'il accueille à l'avant
une voie plus large, de même qu'une géométrie
du train roulant modifié. Le système de freinage a
été revu et amélioré pour permettre
de meilleures valeurs de décélération et s'arrête
depuis les 100 km/h à l'arrêt complet en moins de 34
mètres. Enfin, les pneus sont spécifiques avec des
jantes alu plus larges de 19 pouces et montées en Michelin
Pilot Sport Cup de 235/35 à l'avant et 265/30 à l'arrière.
AMBIANCE COURSE !
Puisque les ingénieurs ont décidé d'alléger
l'habitacle de la belle bavaroise, il n'ont pas lésiné
sur la présentation typée course. Ainsi, l'Alcantara
se fait la part belle sur le volant et la poignée de frein
à main. Bon nombre d'accessoires ont disparu, comme la climatisation,
mais il en reste encore à notre goût trop qui grèvent
très certainement encore le poids de l'auto. Pourquoi notamment,
n'avoir pas supprimé la banquette arrière et bon nombre
d'insonorisants comme l'a fait Porsche ou Ferrari avec leurs 911
GT3 et Challenge Stradale ? Pour le reste, le dessin de la planche
de bord demeure inchangé et conserve son ergonomie parfaite
et si typée BMW d'avant (soupir !). Les très beaux
sièges baquets enveloppent parfaitement le corps et laissent
augurer un maintient lors des appuis en courbes optimal. Toute la
planche de bord a été réalisée en fibre
de carbone.
MOTEUR !
Le célèbre six en ligne BMW a été
retravaillé pour l'occasion. Il n'est en effet pas superflu
d'alléger et repenser la construction de la voiture et dans
le même temps, redonner quelques chevaux supplémentaires,
si précieux dans le rapport poids/puissance. Le 3,2 litres
développe donc 360 ch à 7 900 tr/mn contre 343 ch
sur la version standard. C'est donc 111 ch/litre de cylindrée
qui est développé, ce qui est un rendement tout à
fait exceptionnel pour un moteur atmosphérique. Le couple
maximal est de 37,7 mkg à 4 900 tr/mn. Clairement, il est
haut perché ce qui indique la vocation ultra sportive de
l'engin avec des régimes de rotation élevés
et le maximum de rendement en haut des tours. Si sur la M3 E46 standard
ont peut opter au choix pour la boîte mécanique à
6 rapports ou pour la boîte séquentielle SMG II, la
boîte SMG II est en revanche imposée sur la M3 CSL,
car considérée à juste titre comme la plus
sportive des deux. La technologie employée est déclinée
de celle utilisée en Formule 1 et garantit des changements
de vitesse extrêmement rapides (jusqu'à 0,08 secondes)
sans rupture de charge pour les six rapports disponibles. La boîte
séquentielle avec Drivelogic a été complètement
adaptée à la M3 CSL. Quant au launch control, il a
été également reparamétré pour
la M3 CSL pour notre plus grand bonheur lors des départs
arrêtés.
SUR ROUTE
Quoi de mieux que d'essayer cette M3 CSL sur un circuit ? Au
moins, nous ne risquerons ni notre permis, ni de mettre la vie d'autrui
en danger. Il est amusant de constater qu'avec finalement peu de
détails, BMW a réussi à transfigurer physiquement
la M3 pour lui donner un look plus bestial. Pour autant, les artifices
aérodynamiques (ailes larges, aileron...) ne sont pas utilisés.
La porte s'ouvre et l'habitacle a tout de même bien changé.
D'accord, il reste encore bon nombre d'équipements, mais
la radio la climatisation et bon nombre d'autres équipements
aujourd'hui indispensable sur la voiture de monsieur tout-le-monde
sont absents. Une sorte de retour aux sources en quelque sorte.
Une fois bien calé dans le baquet, je retrouve avec plaisir
sous mes yeux la planche de bord es BMW à la philosophie
d'avant. Point de nostalgie, car il faut bien évoluer avec
le temps, mais force est de reconnaître que cette disposition
et cette ergonomie de la planche de bord a contribué en partie
à forger la réputation de BMW. Le six en ligne déchire
le calme paisible régnant sur le circuit d'un son puissant
et viril. Mais où sont passées mes boules quies ?!
Quelques tours de chauffe le temps de me rappeler du fonctionnement
de la boîte SMG II, et c'est parti ! Je commence par tirer
sur les intermédiaires en ligne droite, et quel son ! C'est
réellement ce qui frappe le plus immédiatement. Comme
si vos oreilles étaient posées sur l'admission. A
chaque changement de rapport aux environ de 7 900 tours, un frisson
me parcourt l'échine. Quelle ambiance ! Contrairement à
certaines critiques émises ça et là dans la
presse auto, je ne trouve pas que la boîte SMG II handicape
l'auto, bien au contraire. En réalité, et chrono en
main, c'est de rester inactif durant le changement de rapport qui
donne une impression de lenteur de la boîte, mais il n'en
est rien. Les sensations sont d'ailleurs bien au RDV, et si les
ténors de la Formule 1 sont devenus des adeptes des boîtes
robotisées, c'est que le principe demeure efficace... Passé
les premières impressions du son, de l'ambiance et de la
boîte, c'est finalement le caractère de la M3 CSL avec
son comportement dynamique transfiguré qui nous interpelle
le plus. Elle se jette dans chaque courbe avec envie. Vous travaillez
alors de plus en plus votre trajectoire pour gagner en efficacité.
Les excellentes jantes de 19 pouces chaussées de Michelin
spécifiques participent au gripp exceptionnel de cette CSL.
Le simple fait d'attaquer sur un circuit confirme le bien-fondé
de la démarche de BMW. La M3 standard pour le grand tourisme
la semaine, et la M3 CSL pour arsouiller sur circuits entre copains
(fortunés comme d'hab' hélas !...). Le freinage nous
a paru en très net progrès, même si nous aurions
aimé disposer des plaquettes sport pour tester l'endurance,
toujours la bête noire chez BMW. Toutefois, la Porsche 911
GT3 nous a paru plus convaincante sur ce point. Et avec la M3 CSL,
vous pouvez même vous permettre le luxe de rejoindre les circuits
par la route avec vos enfants derrière puisque la banquette
arrière n'a pas été supprimée.
:: CONCLUSION
Une auto comme cela aujourd'hui sur les routes françaises
peut sembler être une provocation. Pourtant, pour les passionnés
d'autos sportives et extrêmes, nulle doute de l'intérêt
de la démarche de BMW pour sa M3 CSL. Cependant, puisque
cette M3 CSL se veut radicale, on en vient à regretter qu'elle
ne le soit pas plus avec notamment un allégement drastique
et systématique pour en faire réellement une échappée
des circuits. Ne boudons pas notre plaisir, et les hurlements du
six en ligne aux abords de la zone rouge valent presque à
eux seuls que l'on achète cette M3 CSL...
CE QU'EN PENSENT
NOS CONFRERES :
"En pleine euphorie,
Motorsport plus sport que jamais ressuscite trois lettres mythiques
avec la CSL. Le prix majoré de plus de 50% apparaît
élevé en regard des 17 chevaux supplémentaires,
mais s'explique en partie par le carbone que l'on côtoie et
dont même le pavillon est constitué ! en dépit
de l'allégement, léger au demeurant, qui va avec,
le gain en performances compense tout juste la perte engendrée
par la boîte SMG II pour taxer symboliquement la M3 normale
à commande classique. Qu'importe... Le bruit d'admission
est tel que nos tympans semblent avoir pris les soupapes pour des
écouteurs : c'est la folie ! Quant au châssis, proche
d'une configuration piste, il est bestial ! Et encore, l'auto chaussée
de roues qui constituent l'option 19 de l'auto standard nous a frustré
des jantes CSL plus larges équipées de pneus Michelin
Pilot Sport Cup..."
ECHAPPEMENT - décembre 2003.
"Cependant,
ce n'est pas un régime d'amaigrissement radical à
tout prix que les ingénieurs voulaient prescrire à
la M3 CSL lors de son développement. Leur intention était
plutôt de générer avec cette voiture, une dynamique
de conduite pure qui se retrouve comme un fil conducteur au niveau
de tous les composants. Le résulta est une voiture au naturel
unique et d'une pureté absolue. C'est ainsi qu'elle se distingue
par une agilité enivrante et éveille chez son conducteur
un plaisir de conduite ultime, grâce à son faible ratio
poids/puissance de 3,85 kg/ch, elle entre dans une catégorie
de dynamique tout à fait nouvelle."
AUTO PRESTIGE - mai-juin1 2003.
"Serti
dans son siège baquet, au dossier non réglable, les
mains posées sur le volant revêtu d'Alcantara, le pilote
n'a plus qu'à contrôler ses montées d'adrénaline.
La piètre insonorisation et le confort de suspensions particulièrement
viril participent à l'ambiance typée course. L'équipement
de série, volontairement spartiate, fait l'impasse sur la
radio, franchement inutile, et la climatisation, clairement recommandée.
Toujours aussi fonctionnel, le combiné d'instrumentation
fait appel à la fibre de carbone, tout comme la console centrale
et les panneaux de portes. La seule touche de luxe concerne les
vitres de custode dont l'entrebâillement se pilote électriquement.
Orientation minimaliste oblige, la M3 CSL n'est disponible qu'en
gris ou en noir, moyennant un surcoût, très excessif,
de 29 900 euros... le prix de l'exclusivité."
AUTOMOBILES CLASSIQUES - octobre 2003.
Liens conseillés : La M3 e46 CSL sur Bmwpassion.fr |