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L'AUTRE 335i
Alpina, grand spécialiste des BMW est de retour en France avec sa nouvelle vision de la Série 3, la B3 S Bi-Turbo. Partant de la déjà excellente BMW 335i, cette nouvelle monture propose 400 ch, le tout en berline, touring, coupé ou cabriolet et en 2 ou 4 roues motrices, excepté pour le cabriolet, uniquement disponible en propulsion. C'est précisément ce modèle que nous avons essayé cheveux au vent...
Texte & Photos: Étienne ROVILLÉ
Le sorcier de Buchloe revient en France après vingt ans d’absence ! Jean-Michel Martin, le distributeur belge, tenant trois concessions BMW à Bruxelles (et importateur Alpina pour la Belgique) s’est en effet associé avec BMW France dans ce but. Ainsi, 6 concessionnaires distribueront Alpina sur notre territoire. Burkard Bovensiepen, le créateur d’Alpina, l’a toujours voulu comme ça : les Alpina doivent toutes être vendues par le réseau BMW. Le jeu des homologations plus complexe en France explique la si longue absence de la marque sur le territoire. Mais, depuis, l’homologation est devenue européenne, ce qui permet ce retour. Alpina apporte un travail typique d’outre Rhin : la rigueur. Le petit constructeur travaille en étroite collaboration avec le service marketing de BMW afin de préserver son positionnement complémentaire de la marque à l’hélice. La B3S affiche des performances similaires à celle de la M3 E90/e92, mais en moins sportif et avec un look bien plus sobre. De cette manière, elle vient combler le manque qui pouvait exister entre la 335i et la M3.
DESIGN
Notre B3S bi-turbo cabriolet est effectivement très discrète et seul un connaisseur la distinguera d’un modèle classique lorsqu'elle n'est pas parée des célèbres bandes dorées Alpina. Nous sommes ici bien loin des préparations ostentatoires d’autres préparateurs. Le constructeur allemand a revu la BMW série 3 à sa façon, en lui ajoutant sa touche : peinture spéciale (vert Alpina ici), assiette abaissée, nouvelles jantes multi-branches 19 pouces Alpina Classic en alliage, boucliers redessinés - diminuant à l’avant la portance et optimisant le flux d’air pour alimenter le système de refroidissement hautes performances - ou encore, à l’arrière, un discret diffuseur entouré de chaque côté par deux échappements sport. Toutes les versions sont concernées par la mutation Alpina : berline (e90), break (e91), coupé (e92) et cabriolet (e93).
HABITACLE
Côté habitacle, même constat, la préparation est classieuse. Sièges tendus de cuir (pleine fleur en option), soufflets de levier de vitesse et de frein à main du même cuir, tapis de sol épais dont le contour est toujours de ce même cuir et un nouveau volant sport Switch-Tronic badgé Alpina, en cuir pleine fleur et surpiqure de la couleur des sièges. Ce volant comprend deux boutons derrière les branches pour monter (à droite) et descendre (à gauche) les vitesses en manuel. Au niveau de la planche de bord, notre exemplaire de B3 S Biturbo se pare de laque noire de style piano du plus bel effet et de l'instrumentation de bord à dominante bleue typique de la marque, donnant toutes les informations importantes (avec température d'huile et vitesse affichées en numérique). Cet intérieur est badgé Alpina en de multiples endroits : dossiers de sièges, appuie-têtes, tapis de sol et chaque voiture porte une plaque du constructeur avec son numéro de série. Le tout est fait si finement que cela passe presque inaperçu. Il en va de même pour le filet coupe vent avec le sigle Alpina en gros dessus mais peu voyant, et même totalement invisible dans le rétroviseur intérieur. Pas de doute, vous êtes à bord d’une BMW en mieux : une Alpina. Le souci du détail est partout, surtout dans le moteur.
MOTEUR
Le déjà très bon six cylindres en ligne de la BMW 335i a en effet été revu en profondeur comme il se doit. Il faut savoir que les Alpina sont désormais construites sur les chaines de montage de BMW et qu’en fonction du numéro de châssis, les pièces de l'ex-préparateur - Alpina conserve son statut de constructeur à part entière - sont montées en lieu et place des pièces BMW. On trouve donc des pistons haute résistance MAHLE diminuant le taux de compression, un nouveau filtre à air, des turbos soufflant à 1.2 bar, une nouvelle cartographie d’injection, une admission et un système d’échappement optimisé. Les ingénieurs de Buchloe se sont rendu compte que les cylindres extrêmes (1 et 6) avaient un moins bon remplissage que les 4 autres cylindres, ils ont donc travaillé en particulier sur ce point. Des cylindres mieux remplis donnent forcement de la puissance supplémentaire… De la puissance justement, ce n’est pas ce qu’il manque. Le fameux N54 donne désormais 400 ch à 6000 tr/min pour 540 Nm à 4500 tr/min. Un couple de 400 Nm est disponible en permanence de 1300 à 6000 tr/min. Couplé à une boîte automatique à six rapports ZF, ce moteur est même capable de monter à 7 000 tr/min et permet ainsi à la B3 S d’emmener les 1770kg de notre cabriolet à 100 km/h en 4,9 s et de filer à près de 300 km/h chrono! Alpina a aussi été attentif à la consommation en la limitant à 9,6 l pour 100 km parcourus en cycle mixte (224 g de CO2/km). Néanmoins, ne vous étonnez pas de flirter avec les 14 litres en ayant le pied peu léger, mais vous profiterez alors pleinement du son grave, mais jamais gênant, de la mécanique. A la différence du missile sol/sol au physique bodybuildé et au V8 rageur qu’est la M3, la B3S se distingue par une certaine noblesse. Elle incarnerait Lord Brett Sinclair quand la M3 serait Danny Wilde. Un style différent pour un résultat similaire. Le 6 cylindres, dont le déclenchement des turbos est tout bonnement imperceptible, donne l’impression de conduire un V8 de plus grosse cylindrée, tout en couple. Ce dernier, disponible à 75% dès 1300tr/min autorise des reprises franches sans changer de vitesse. D’ailleurs, le réglage de la boite automatique, de type ZF à 6 rapports, permet de relancer l’auto sans rétrograder. Cette boite, dont la gestion a également été revue par Alpina, est efficace et les passages de vitesses se font sans heurt. Cependant, l’électronique reprend bien vite le pas sur le conducteur si ce dernier intervient en manuel sur le mode auto. Cela peut même être gênant dans certains cas. S'il est probable que la voiture ne fasse jamais de circuit, sur des séries de virages serrés - par exemple à la montagne - il est très préférable de passer en mode manuel et de ‘jouer’ avec les boutons derrière le volant, mais dans ce cas l’on regrette la boite DKG de la M3, plus efficace.
CHASSIS
Le châssis, quant à lui, digère sans sourciller la puissance omniprésente sans jamais chahuter ses occupants. Le comportement de la voiture est dans la plus pure tradition du Grand Tourisme. Vous pouvez, sans problème, partir pour un voyage au long cours et ponctuer ce dernier de petites routes amusantes et jouer avec les limites. Même dégradées, ces routes n’enlèveront rien au confort général de la voiture grâce aux suspensions conservant une bonne souplesse. Vous serez bien aidés dans cet amusement par le nouveau différentiel autobloquant, taré à 35 % en accélération et 25% en retenue. Et si Alpina s’en tient aux freins d’origine BMW mono-piston à étrier flottant, ils sont allés piocher les plaquettes dans le catalogue pour l’Arabie Saoudite, ces derniers ayant une meilleure résistance à la chaleur. Le manque d’endurance est toutefois le même que sur la M3, mais la vocation de l'Alpina B3S n’est sans doute pas d’aller sauter à pieds joints sur les freins à chaque bout de ligne droite. Du coup ce problème risque de ne jamais se poser.
ACHETER UNE ALPINA B3 S Biturbo
Avec un prix de départ de 63.000€ pour la berline et de 72.000€ dans le cas de notre cabriolet, la B3S demande un rajout d’environ 15.000€ par rapport à une 335i de base. Mais est-elle vraiment comparable à celle-ci ? Si on la compare à la M3, l’Alpina est 10.000€ moins chère. On l’a déjà dit, avec des performances similaires sur le papier, mais dans un style complètement différent, elle est vraiment complémentaire de la M3 et de la 335i. C’est un choix qui vaut le coup d’être étudié. Vous n’aurez pas les montés en régime sans fin mais vous aurez du couple toujours présent, sans justement aller le chercher dans les tours. Vous n’aurez pas la sonorité impressionnante de la M3, mais, pour vos longs trajets une belle sonorité, discrète et agréable vous gardera au calme. Certains vous diront que pour la moitié du surcoût (par rapport à la 335i) ils obtiendraient un résultat identique, par le truchement d’une EPROM pour le moteur, des suspensions sport, un échappement inox et tout le toutim. Ne les écoutez pas. Alpina a retravaillé le moteur en profondeur avec une fiabilité qui ne sera pas aléatoire, l’ensemble sera homogène et, ce qui n’enlève rien au plaisir, vous aurez une garantie constructeur et le plaisir de rouler différent à bord d'une voiture pourtant de grande série.
:: CONCLUSION
L’Alpina B3S bi-turbo est la BMW pour esthète, mais pour esthète pressé. Si elle se distingue peu ou prou de ses demi-sœurs de Munich pour le badaud, pour l’amateur averti elle représente une vraie rareté. C’est donc une bonne façon de rouler différent, sans forcement vouloir se faire remarquer...
L'Automobile Sportive remercie chaleureusement Christophe, propriétaire de cette superbe Alpina B3S Bi-turbo, pour sa disponibilité, sa gentillesse et sa passion. Retrouvez toutes ces photos sur le site deprem-photographie.com.
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