Optimiser sa voiture pour le circuit

Si les voitures de sport sont a priori conçues pour la conduite sportive, toutes ne se valent pas face à l'épreuve du circuit. C'est notamment vrai pour les modèles plus anciens qui doivent en plus, accuser l'usure de l'âge et des kilomètres. Mais comment améliorer les choses, tout en restant dans un cadre légal très restrictif ? Pas de panique, il existe quelques solutions pour optimiser n'importe quel véhicule de série en vue d'une pratique en loisir du circuit !
Texte : Sébastien DUPUIS - Photo : D.R.
Nous nous garderons ici d'aborder les modifications lourdes, entrant plus dans le cadre de la compétition que d'une pratique occasionnelle du circuit. De même, nous n'évoquerons pas ici les "préparations moteur" ou même les simples reprogrammations, pratique de plus en plus répandue avec la généralisation des turbos. Le point de la législation restant très sensible vis à vis des forces de l'ordre ou des assureurs, il appartient ici à chacun de prendre ses propres responsabilités en connaissance de cause concernant toute modification apportée à son véhicule. Maintenant que c'est dit, suivez le guide, on vous aide à faire le point sur les modifications simples et accessibles pour rendre votre sportive plus efficace sur piste !
La sécurité avant tout
Le but principal des journées circuit est de pouvoir exploiter sa sportive au-delà de ce qu'il est possible de faire sur route. Repousser ses propres limites et apprendre à maîtriser sa voiture dans des conditions extrêmes sans se mettre en danger, ou tout simplement se faire plaisir avec un véhicule puissant, sont en effet des choses devenues possibles uniquement sur un circuit. En dehors du cadre de la compétition, le chronomètre doit toutefois rester secondaire ou alors comme simple indicateur pour mesurer ses progrès. Veiller à votre sécurité et à votre véhicule est le premier enjeu, y compris pour les organisateurs de telles journées. Car n'oubliez pas que vous devrez reprendre la route à l'issue de la journée !
Pourquoi l'optimisation ?
Principalement, le but de toute "optimisation" ou "préparation" (terme impliquant généralement des modifications plus importantes) est de combler les faiblesses d'un véhicule homologué principalement pour une utilisation sur route ouverte. Même si tous les constructeurs de sportives vous diront que leurs modèles sportifs sont parfaitement adaptés à une utilisation sur circuit, en pratique on se rend compte que mêmes certaines supercars peuvent y montrer leurs limites. Entre parcourir 100 km sur route dans la journée ou 100 km de piste, l'impact en matière d'usure et de sollicitation de la mécanique est en effet incomparable ! Il faut donc se prémunir afin de préserver la santé du véhicule et du conducteur.
Par quoi commencer ?
Avant de sortir votre poste à souder pour monter un arceau de sécurité, voyons des solutions simples et réversibles pour optimiser votre sportive. A moins de disposer d'origine de diques en carbone et d'étriers 6 pistons, on pourra s'intéresser tout d'abord au freinage. Pour améliorer un freinage d'origine, la solution la plus simple et la moins chère est le montage de plaquettes dites "performance". Plus abrasives et résistantes à l'échauffement que celles montées d'origine, elles auront pour effet de raccourcir les distances et de les préserver au fil des tours. Mais attention, ce type de plaquettes a aussi des inconvénients. Le bruit tout d'abord. Froides elles émettent des crissements qui peuvent être très désagréables en dehors d'un circuit. Ensuite, elles useront plus vite les disques et augmenteront l'échauffement de ceux-ci. Enfin, la poussière générée par ce type de plaquettes se montre très agressive pour le vernis des jantes.
En conséquence, la seconde optimisation qui s'impose souvent est d'améliorer le refroidissement des freins, via des écopes dans le bouclier avant. On pourra aussi monter des disques aux aciers plus résistants, comme ceux utilisés en compétition (groupe N par exemple). Mais attention à ne pas aller trop loin (disques plus gros, étriers différents) car on touche vite aux limites du cadre légal. Toujours pour limiter l'échauffement, nous vous recommandons surtout d'utiliser un liquide de freins spécialement adapté aux hautes températures, l'un des plus connus étant le RBF600 de Motul. Enfin, histoire de pousser les choses jusqu'au bout, le remplacement des durites de freins en caoutchouc par des durites en inox tressé évitera le phénomène de dilatation qui réduit lui aussi l'efficacité des freins. En complément, ajoutons que le dessin des jantes également un impact direct sur la ventilation des freins.
Mettre la gomme
Si vous pratiquez régulièrement le circuit, vous aurez vite envie d'un jeu de jantes spécifiques. En sortant des catalogues constructeurs, on pourra trouver des jantes plus légères que celles d'origine qui doivent souvent trouver un compromis entre le style et le prix. Mais l'autre intérêt d'un second jeu de jantes dédié à la piste est que vous pourrez laisser libre cours à vos envies de gommes plus tendres et adhérentes, écartant du même coup le risque de rentrer chez vous sur la carcasse du pneu après une dure journée de labourage de bitume. Et en matière de pneus comme de jantes, ce n'est pas le choix qui manque ! Précisons toutefois que les gommes dites "sport" ou même "semi-slick" permettent un usage mixte route et piste tandis que les pneus "slicks" purs sont interdits sur ouverte.
Par ailleurs, si le but premier est de s'amuser, sachez qu'en étant ventousé à la route vous perdrez beaucoup des sensations offertes par un châssis ludique, en jouant notamment des transfert de charge ou d'appels pour créer de la glisse, ce qui fait partie du plaisir du circuit. On pourrait donc être tenté de faire la démarche inverse, en réservant à l'usage piste des pneus de moindre adhérence qui permettront de s'amuser plus facilement. D'ailleurs, il est bon d'ajouter que plus un pneu est adhérent, plus il fait travailler les liaisons au sol, rotules, suspensions, silentblocs. L'usage de slicks sur un véhicule de série dont les éléments n'ont pas été conçus pour n'est donc pas anodin. Ce type de pneu implique rapidement l'utilisation de silentblocs rigides (polyuréthane) qui, tout en étant légaux, vont se ressentir sur précision des trains roulants mais aussi le confort global.
L'ennemi, c'est le roulis
S'il est un organe qui prend cher également lors des journées circuit, ce sont les amortisseurs. Même très fermes d'origine, ils sont soumis à de telles contraintes durant les phases de freinages (les plus tardifs possibles...) et dans les courbes, que leur durée de vie en est très affectée. Là encore, la qualité du matériel d'origine étant très variable, avec des pièces de grande série dont le prix est souvent calculé au plus juste et répondant toujours à un compromis confort/tenue de route le plus acceptable possible, les améliorations sont faciles tout en restant légales tant qu'on ne touche pas à la structure des suspensions.
Du simple amortisseur sport au combiné fileté réglable, on peut se perdre rapidement face à la pléthore de marques et de références. Mais au-delà du budget parfois important que cela demande, vous pourriez regretter d'avoir choisi des pièces qui feront perdre son homogénéité au véhicule si vous l'utilisez au quotidien (et donc la majorité du temps !).
Bien calé
Si les sièges d'origine laissent toujours une grande place au confort, rares sont ceux qui offrent un maintien parfait sur circuit. Si la sensation d'être envoyé dans la portière vous lasse, sachez qu'il est tout à fait légal de remplacer des sièges d'origine par de véritables baquets. Cerise sur le gâteau, c'est une source d'allègement non négligeable quand on sait qu'un seul siège électrique peut peser plus de 30 kg ! Pour trouver le baquet idéal pour votre morphologie, prenez bien le temps de vous y asseoir.
Et tant qu'à faire, montez-le avec un harnais ! Notez quand même que vous devrez conserver les boucles et ceintures dans le véhicule pour qu'il reste conforme, notamment pour le contrôle technique. Si on trouve ce type d'équipement directement en option sur une Porsche 911 GT3 (Pack Clubsport), la majorité du temps il faudra passer par des enseignes spécialisées. Une fois parfaitement calé dans un véritable baquet, vous aurez la sensation délicieuse d'être connecté à la voiture et à la piste, ressentant sans temps mort chaque réaction du châssis. Un bonheur ! Et puisqu'on parle de sièges, autant celui du pilote est important, autant ceux des passagers arrière pourront être retirés le cas échéant pour gagner quelques dizaines de kilos.
Envie d'un petit boost ?
Nous vous avons dit que nous n'aborderions pas le sujet de la modification de puissance par le biais des modifications moteur. Néanmoins, il n'est pas interdit de remplacer certains périphériques directs du moteur par d'autres, plus performants bien entendu. Par exemple, pour aider le moteur à respirer. On a tout ce qui est sur l'admisison, dont le débit dépend notamment de la filtration, mais aussi de l'évacuation des gazs, par le biais d'un échappement plus performant. Attention toutefois à ne pas dépasser la limite légale, laquelle est fixée par le système anti-pollution. Comme il n'y a pas de mal à se faire du bien, même sans gagner beaucoup de chevaux, ces petites optimisations s'accompagneront surtout d'une sonorité moins feutrée, ce qui participe directement à l'ambiance et donc au plaisir...