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CHAUD DEVANT !
Après avoir oublié son glorieux passé pendant
quelques décennies, Alfa Roméo nous est revenu il y a quelques mois avec une 156
GTA qui ne devait démériter en rien à une appellation légendaire. Voici maintenant
le tour de la 147 qui reprend ni plus ni moins que le gros V6 3.2L de sa grande
soeur pour s'imposer dans la hiérarchie des berlines compactes sportives, mettant
fin du même coup à une très longue période de règne allemand... Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R. DESIGN La 147
vient rejoint donc l'Alfa Romeo 156
GTA dans la petite famille des sportives. Et la nouvelle venue, pourtant plus
petite, est pour le moins tout aussi imposante. La ligne de l'Alfa Romeo 147 étant
si pure et distinguée, il semblait difficile de la toucher sans briser cette harmonie.
Pourtant, lorsque nos yeux se perdent sur la carrosserie de la GTA, on ne peut
que tomber sous le charme du très beau travail des designers. Ils ont réussi de
partir d'une base excellente pour la sublimer ! Autant la 147 est distinguée,
presque gracile mais inspire la confiance et la sportivité, autant la GTA respire
la force et la puissance, tout en conservant sa distinction naturelle, qui reste
la marque des designs réussis. C'est en quelque sorte notre Marie-José Perec nationale
(du temps où ses idées étaient plus claires…) en tenue de soirée. Elle parvient
à affirmer son potentiel sportif sans pour autant que son esthétique générale
ne tombe dans le "tuning" de mauvais goût. Elégante mais puissante. Pour arriver
à un tel résultats, les hommes d'Alfa Romeo n'ont pas hésité à redessiner des
boucliers avant et arrière beaucoup plus suggestifs avec des aérations prononcées.
Celui de l'arrière est notamment une réussite totale ! Les ailes sont légèrement
gonflées pour bien coller à l'esprit de l'auto. Ainsi gréée et posée sur des jantes
alu de belle facture en 17" reprenant le célèbre dessin en cadran de téléphone,
l'Alfa 147 GTA en jette un max', comme on dit dans les milieux branchés et impose
le respect. La somme de ces modifications extérieures laisse à penser que le bilan
aérodynamique ne doit pas être très favorable... mais bon, le résultat est beau
et flattera l'ego du propriétaire. L'intérieur est plus sobre, un peu dans la
mouvance "chic et sport" d'une Audi S3, la personnalité en plus. "L'originalité
intérieure" de la 147 GTA se constituant d'une graduation revue des compteurs
(300 pour la vitesse maxi !), d'un nouveau volant, d'une sellerie cuir, d'une
nouvelle grille de sélecteur, et du pédalier aluminium de la 156 GTA. Oubliez
toutes les références Alfa des années 80 sur les habitacles. Fini les cigales
dans les planches de bord, les tissus criards et fragiles, les sièges peu confortables
et l'ergonomie fantaisiste des commodos et autres boutons. Désormais, chez Alfa
c'est beau, c'est agréable à toucher presque partout (il reste encore ça et là
des plastiques au grain trop dur…) et surtout, pour 35 000 €, l'équipement est
ultra complet. Nous sommes loin des longues listes d'options coûteuses en pratique
chez les constructeurs bataves. Ainsi, la climatisation bizone est en série, une
installation radio haut de gamme avec chargeur 6 CD itou, un très bel intérieur
cuir et encore de nombreux autres équipements. Seul bémol dans cet excès de louange,
les très beaux sièges baquets offrent un maintien insuffisant en conduite musclée
(idéalement sur circuit) et le confort escompté n'est pas au rendez-vous. De même,
ce satané ordinateur de bord qui veut désormais tout contrôler renferme la température
d'huile. Il faut donc aller la chercher dans les différents menus. Mais où sont
passées les superbes planches de bord d'antan avec leur batterie d'instruments
alignés sous les yeux du pilote… euh du conducteur. Pour le reste, c'est le sans
faute, et il restera de voir à l'usage et avec le temps, si la finition conserve
son éclat actuel… MOTEUR Si le physique de la bête est évidemment
un des points majeurs de l'Alfa 147 GTA, le moteur peut représenter à lui seul
le facteur d'achat de cet engin diabolique. Alfa Romeo n'est pas le premier constructeur
à monter un 6 cylindres dans une compacte, puisque c'est VW qui fut précurseur
en la matière avec la Golf III VR6. Mais aujourd'hui encore, peu de constructeurs
proposent ce choix technique. Sous le capot, la 147 GTA reprend ni plus ni moins
que le V6 3.2 24 soupapes de la 156 GTA. La 147 GTA devient dès lors la compacte
la plus sportive, la plus puissante et la plus rapide de son segment. Ce très
beau V6 de 3,2 litres, aussi beau à contempler qu'à entendre, offre des caractéristiques
exceptionnelles. 250 ch à 6 400 tr/mn pour un V6 atmosphérique, la performance
est déjà remarquable, d'autant plus que son rendement approche les 80 ch/litres
! Certes, un moteur suralimenté sera plus rageur très bas dans les tours, mais
le V6 Alfa, c'est quelque chose ! A partir de 3 500 tr/mn, cette belle mécanique
commence à donner le ton. Pour résumer, ce V6 délivre des miaulements pour la
sono, et une poussée très forte, cela jusqu'à 6 400 tr/mn, soit le rupteur. Déjà
à l'aise sur la 156 GTA, ce V6 3,2 litres est réellement à son avantage dans la
caisse de la 147 GTA. En contrepartie, les moteurs Italiens font payer plus cher
que leurs homologues allemands le plaisir qu'ils dispensent. La 147 GTA n'y fait
pas exception, sans être très gourmande, sa consommation oscille entre 10 et 18l
selon l'utilisation. LA BELLA MACCHINA
Une fois à bord
de l'auto, la séduction opérée à l'extérieur demeure. Bien installé, avec les
compteurs ronds enchâssés les un dans les autres, cela fleure bon les références
au passé de la firme d'Arese. Volant agréable au toucher et boîte 6 tombant bien
sous la main, nous sommes prêts pour la mise en route. Le florilège de voyants
au tableau de bord s'allume et s'éteigne dès que le V6 s'ébroue. Dès les premières
vocalisent, la chair de poule nous gagne. Alfa est de retour et pour de bon !
Nos pieds effleurent la pédale de droite en alu ajourée et la première enclenchée
nous sommes partis. Le temps de laisser monter en température la pièce d'orfèvrerie
située sous le capot, nous observons au passage qu'il est fini le temps des monstres
indomptables et peu compatibles avec une utilisation quotidienne. Comme toutes
ses congénères, l'Alfa 147 GTA sait se montrer docile à bas régime et évoluer
tranquillement dans les règles actuelles de circulation et de … répression routière.
L'auto est chaude désormais, et la route empruntée se tortille comme une anguille.
Rétrogradage (la commande est un peu lente, dommage), et pied dedans ! Coller
dans le siège, l'Alfa 147 se montre très équilibrée et offre une poussée encore
plus franche dès 3 500 tr/mn. C'est la joie des moteurs atmos, et ici le son procuré
nous a fait éteindre l'autoradio. La GTA est équipée d'une boîte manuelle à 6
rapports, ferme, mais rapide et plutôt bien guidée, lui permettant d'évoluer à
hautes vitesses sur autoroute sans aller chatouiller le rupteur. Le moteur ayant
gagné en souplesse le sixième rapport permet également de rouler, sur un filet
de gaz lors d'une conduite plus soft. Sans être aussi précise que celle de BMW,
elle sait être rapide et efficace en conduite musclée. La boîte robotisée Selespeed
est également disponible depuis quelques jours. Très directe (1,75 tours de volant
mais pour un diamètre de plus de 12 mètres) la direction s'accorde très bien à
l'incisivité du train avant conférant à l'ensemble un agrément certain. Suspension
surbaissée de 20 mm, barres antiroulis et points d'ancrage revus, flexibilité
des ressorts et tarage des amortisseurs modifiés, la 147 GTA opte aussi pour des
réglages de châssis plus sportifs. Des modifications fortement justifiées pour
canaliser la fougue de la mécanique. D'un virage à l'autre, la belle italienne
se montre redoutable d'efficacité, mais on sent bien que l'électronique veille
en permanence et gomme ici et là des légères pertes d'adhérences. Il est vrai
que les roues avant pourtant d'une généreuse largeur (équipées de Pirelli ou de
Bridgestone en 225/45 ZR 17) ont fort à faire pour passer au sol les 250 ch de
cette GTA. Si on exploite toute la plage d'utilisation du V6, le plaisir obtenu
est alors irrésistible ! Heureusement, les Brembo à 4 pistons (à l'avant) sont
d'une efficacité redoutable. Il est vrai que les jantes de 17" ont permis la pose
de généreux disques de 305 mm. L'ensemble est bien entendu sous la tutelle d'un
ABS avec répartiteur électronique EBD. Il est d'ailleurs dommage que la 147 GTA
doive se contenter d'un blocage électronique du différentiel agissant sur les
freins et couplés à l'antipatinage en lieu et place d'un véritable autobloquant.
Et curieusement et contrairement à la 156, la 147 GTA reçoit un ESP (VSC) non
déconnectable pour compléter l'action de l'antipatinage ASR. Néanmoins, dans le
cadre d'une conduite sportive, ses interventions judicieusement calibrées ne viennent
que très rarement briser l'élan de la voiture et les cabrioles de son conducteur...
qui pourrrait trop abuser du plaisir immense qu'est capable de procurer cette
Alfa Romeo 147 GTA. Mais l'essai est déjà terminé et nous devons (malheureusement)
rendre les clés de la belle. Comme souvent, mais ici encore plus que d'ordinaire,
on se demande combien va-t-on pouvoir vendre la voiture de notre compagne et surtout
comment réunir les 35 000 € nécessaires pour notre orgasme routier quotidien… ::
CONCLUSION Nous attendions beaucoup de cette Alfa 147 GTA tant elle
semblait prometteuse. Bonne nouvelle, nous n'avons pas été déçus, bien au contraire.
Le renouveau d'Alfa Romeo, après la 156 GTA, est bel et bien affirmé (et non plus
confirmé) par cette 147 GTA aboutie, sportive, mélodieuse, efficace et… belle
à mourir ! Bon, il ne nous reste plus qu'à trouver les 35 000 € requis, à moins
d'attendre un an ou deux pour en toucher une en occasion à un prix plus en phase
avec notre budget (sic !). Liens conseillés
sur ALFA-ROMEO 147 GTA : AutoSital.com,
le site des amateurs d'italiennes - Le
Guide des GTI et petites sportives |