Construire une voiture de sport en France ou l'impossible pari ?
07/09/2007 - Ajouter à vos sources Google

La disparition de Jean Rédélé à l'âge de 85 ans nous rappelle les impossibles destins de constructeurs français de voitures de sport. Les rares ayant réussi à tenir au moins 10 ans d'existence se comptent sur les doigts d'une main et méritent un retour sur les explications d'une fin inéluctable. Venturi, Alpine et Hommell, ont tous trois fait vibrer le coeur des amateurs français avec des arguments et positionnements différents. Les raisons de leurs échecs ne sont pas identiques et méritent d'être rappelées. Depuis, nous sommes orphelins en France. Pour toujours ?...
Textes et photos : Nicolas LISZEWSKI et DR.
Jean Rédélé nous a quitté. Après une vie entière dévouée à sa passion des voitures de sport, il a su porter les couleurs françaises au firmament du sport automobile avec des moyens très inférieurs à ceux des constructeurs généralistes. Ainsi on pourra le féliciter des victoires des berlinette A110 en Rallyes avec notamment un titre de champion du monde des constructeurs en 1973 et une victoire aux 24 Heures du Mans en 1978 (avec l'apport conséquent de Renault, il faut l'avouer). D'autres artisans français animèrent également les travées du salon de Paris chaque année avec plus ou moins de fortune. Sans remonter jusqu'à l'immédiat après-guerre, plusieurs firent parler d'eux et produisirent quelques autos. Dans les plus gros et connus on pourra citer Deutsch et Bonnet (DB à mécanique Panhard généralement), René Bonnet (qui deviendra ensuite Matra Automobiles), CG (Chappe et Gessalin, à mécaniques Simca), les créations de Jacques Durand (Alta, Sovam, Jidé et Scora), Facel-Vega, PGO, Marcadier, Venturi et Hommell. Plus anecdotiques et souvent à un seul exemplaire on pourra citer la Monica 560, Costes (évocation moderne de Ferrari P4), Veyrat 630, ou les créations de Martin mais qui entraient plus dans la catégorie des répliques. De 1945 à 2007, lorsque l'on tire un trait, il ne reste plus rien hormis des lambeaux. Alpine n'existe plus et on nous annonce régulièrement un come-back qui tarde à venir. Venturi est pour l'instant figé avec son astucieux projet Fetish qui reste cependant en dehors de toute réalité économique et PGO n'en finit pas de sombrer dans les affres de la faillite avec des actionnaires peu au fait des réalités du monde automobile. Alors pour illustrer les échecs français en matière de construction de voitures de sport et de luxe (à comparer à la réussite éclatante de Porsche, et de la survivance de nombreux artisans anglais, notamment Lotus et Morgan) nous retiendrons ceux qui nous sont les plus proches : Alpine, Hommell et Venturi.
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