SUPER
TEST : MEGANE R26.R ROUTE + PISTE
PREDATOR
Les chronos qui tapent sur le "Ring",
le look d'enfer, le poids allégé et une fiche technique
éloquentes sont déjà des arguments de poids
pour la Mégane R26.R qui a tant défrayé la
chronique chez les fans de voitures de sport. Mais qu'en est-il
réellement volant en main ? Comment cette compacte sportive,
déjà citée en référence par l'ensemble
de la presse automobile et des amateurs sportives polyvalentes se
vit-elle au quotidien et sur circuit ? Réponse sur L'Automobile
Sportive par un essai grandeur nature
Textes
: Gabriel LESSARD et photos : Benjamin DAGUINOT.
Une sportive doit être radicale. C'est en tout cas rapidement
la conclusion de bons nombres d'amateurs de voitures sportives qui
échangent sur le sujet avec passion autour d'un verre (de
grenadine !). Mais une fois ce postulat posé, peu d'entre-eux
acceptent de supporter au quotidien la radicalité de leur
foi. Alors Renault Sport
est allé jusqu'au bout de cette logique et nous a gratifié
de sa série limitée R26.R.
Une Mégane RS
radicale basée sur la RS
F1 Team R26. Tout ce qui était superflu a été
retiré. Performance en hausse, plaisir de pilotage au top,
mais polyvalence au quotidien en berne. Alors qu'en est-il réellement
? Renault est-il allé trop loin ? Pour se faire une idée
plus précise, nous vous proposons un essai route et un essai
piste
LA ROUTE
L'avantage de la R26.R, comme beaucoup de sportives modernes, est
de permettre d'aller tourner sur circuit en passant par la route.
Une sorte de rite initiatique que tous les pratiquants des sorties
circuits connaissent bien, exceptés ceux qui viennent avec
leur bolide sur un plateau. Mais pour les autres, le chemin jusqu'à
la piste depuis leur domicile, participe grandement à faire
travailler leur imaginaire de pilote en herbe en y apportant une
certaine poésie et un romantisme. Comment en effet ne pas
s'imaginer tel un gentlemen driver des années 50 qui venaient
par la route en Ferrari ou Aston Martin disputer une course avant
d'aller dans les hôtels chics le soir, ou encore en plus accessible,
ces joyeux fous du volant qui venaient par la route avec leurs Renault
8 Gordini pour disputer la Coupe. Ambiances, ambiances
Une
bonne occasion pour nous de découvrir la R26.R sur différents
terrains de jeu
pardon de route ouverte dans des conditions
lambda. Premier enseignement, les premiers tours de roue le matin,
par une température de -4°C ne sont pas aisés.
D'emblée, il vaut mieux enlever son manteau pour pouvoir
se glisser dans les baquets siglés "R26.R"
mais surtout s'attacher avec les harnais 5 points. Fichtre, quelle
idée pour un usage courant ! Et puis une fois harnaché,
plus question de bouger, il fallait anticiper. Tout doit être
à portée de main, faute de tout détacher
Heureusement pour nous, le télépéage (presque
obligatoire ici) est de la partie nous simplifiant grandement la
tâche. Le deux litres suralimenté s'ébroue et
le son plus rauque craché par son échappement titane
(en option) déchire le silence de ce petit matin nocturne
dominical (les voisins ont du apprécier
). La ventilation
toujours aussi moyenne, nécessite en mode " auto "
d'avoir le moteur à un certain régime (les voisins
apprécient toujours on suppose
), puis première
surprise
Pas de dégivrage arrière, même
si le voyant au tableau de bord et le bouton fonctionnent. Et pour
cause, la vitre arrière, tout comme les vitres de custodes
sont en Lexan. Résultat, c'est certes léger, mais
souple et foncé. Vous avez alors l'impression d'avoir une
vitre arrière comme les lunettes en plexi d'une capote de
cabriolet déjà usagé. C'est-à-dire que
l'on ne voit pas grand-chose dans le rétro surtout la nuit,
et on imagine que cela va se rayer avec le temps amplifiant le phénomène.
La chaussée dégradée de la banlieue parisienne
nous rappelle la vocation ultra-sportive de la R26.R. Sur l'Autoroute
A6, au niveau d'Evry (Essonne), le revêtement rainuré
n'arrange rien et outre le bruit de roulement très prononcé
des Toyo R888 (non vous n'êtes pas au volant d'un bus !),
vous risquez de manger votre dentier pour les titulaires d'un tel
appareil. Pensez à avoir le pied souple puisque le régulateur
de vitesse est aux abonnés absents tandis que l'achat d'un
MP3 n'est pas superflu la radio n'étant pas non plus de la
partie
Allègement oblige. Contre toute attente, et
même par une température en-dessous de zéro
les pneus semi-slicks Toyo sont plus conciliants et offrent un bon
grip. La suspension n'est pas très conciliante pour le quidam,
mais très satisfaisante en compromis entre efficacité,
toucher de route et confort. Bonne nouvelle, les freins semblent
toujours indestructibles avec une attaque plus franche encore (merci
l'allègement et les pneus) tandis que la direction avec son
assistance électrique a presque gommé les reproches
qu'on lui faisait jusqu'alors. Le niveau sonore dans l'habitacle
est réel et peut vite devenir rasoir sur longs parcours,
mais chaque accélération rend le turbo plus présent
et vous offre une gifle rafraîchissante en adrénaline
(c'est également le cas avec une R26 si on rabat la banquette
arrière et que la plage arrière est retirée.
Ceux qui transportent leurs jantes de rechange dans leur coffre
de Mégane RS comprendront). La R26.R pousse très fort
et sans la moindre inertie à chaque relance, le poids en
moins se faisant sentir très nettement. Sur petites routes
de campagne, souvent un peu bombées et bosselées,
il convient de rester sur ses gardes, l'auto sautillant et cherchant
parfois sa voie en raison des grosses et larges roues, comme la
plupart des sportives modernes de gros calibre.

SUR LA PISTE DE LURCY-LEVIS !
Les 300 km qui nous séparent de puis notre point de départ
sont vites oubliés dès les premiers tours de roue
sur la piste. Lors des premières séries, il convient
d'abord de retrouver ses repères au volant de la belle pour
mieux jauger le potentiel de la machine et du pilote. Premiers enseignements,
même avec une piste presque gelée (il fait toujours
entre -2 et 0°C à 10h00 du matin), la Mégane tient
le pavé comme dirait mon grand-père. L'autobloquant
est mis à forte contribution pour tirer le train avant à
la corde dans les courbes et rester sur la trajectoire. En revanche
le gros freinage en bout de ligne droite oblige à être
terminé avant de s'inscrire dans l'entrée de la parabolique
faut d'avoir l'arrière qui décroche. Logique avec
ce temps et cette adhérence. Comme sur la route, la direction
est nettement plus directe et l'auto semble plus vive, plus alerte.
Pas de doute, light is right. Le levier de vitesses est mieux guidé
et semble plus rigide, notamment dans les phases d'appui. Le soleil
arrive enfin et les chronos tombent. Les freinages se font de plus
en plus tardifs tandis que les pneus Toyo donnent alors leur pleine
mesure. Une fois le bon tempo trouvé, il est temps d'ouvrir
les gaz en grand et de se donner à fond. Et elle aime ça
la bougresse ! On arrive dans la longue ligne droite de Lurcy-Levis
(environ 800 mètres) et le deux litres crache les watts avec
le turbo qui se fait fortement entendre. Quelle ambiance ! La poussée
est bien réelle même sur ce large ruban bleu qui gomme
les sensations de vitesse. D'ailleurs, au bout de la ligne droite
on est déjà à près de 190 km/h lorsqu'on
tape violemment dans les freins. Les étriers Brembo 4 pistons
répondent présents et c'est en chargeant légèrement
le train avant et en calant l'auto sur ses roues extérieures
(quelles sangsues !) qu'on l'on entre comme une balle dans la première
partie de la parabolique (environ 160 km/h). Petit freinage, puis
la R26.R se cale autour de 135 km/h (compteur) dans la parabolique.
Assurément une des parties où cette compacte sportive
de référence se montre la plus impressionnante. Même
au volant, et certainement encore loin des limites de la R26.R,
les sensations sont fortes. Puis c'est l'enfilade de la portion
sinueuse mi-rapide dans un premier temps puis plus lente. Entre
les freins en béton, les pneus semi-slicks Toyo R888, le
poids plus contenu, l'autobloquant et le châssis taille XXL,
la R26.R se sent dans son jardin. Même les petites GTI allégées
totalement et en pneus slicks d'ordinaire à la fête,
doivent laisser passer la "Reine 26.R" ! Impitoyable Mégane
USAGE PISTE : PETITS BEMOLS
Bien que superstar, la R26.R dispose de quelques petits défauts
à prendre en compte lors d'un usage piste. En effet, malgré
l'allégement comparé à une F1 Team R26 "
standard ", le poids de l'auto reste conséquent et du
coup les freins sont mis à très forte contribution
et souffrent beaucoup. Plaquettes et disques s'usent vite, et le
circuit de freinage n'est pas toujours à la fête. D'ailleurs
sur les précédentes Mégane RS, de multiples
rappels pour améliorations ont été effectués.
Les pneus Toyo, très accrocheurs sur le sec, sont très
tendre et fondent comme neige au soleil. Si vous faites la grosse
attaque toute la journée, au bout de 2 à 3 sorties
circuit, il faudra songer au remplacement des pneus avant. A environ
300 euros le " boudin ", ce n'est pas négligeable.
:: CONCLUSION
Quel travail que celui opéré par Renault Sport Technologies
! Etonnante Mégane qui ne cesse de se bonifier pour atteindre
aujourd'hui des sommets de sportivité, tout en respectant
un cahier des charges drastique (usage courant, homologation, pollution
).
Un look d'enfer qui masque en réalité une carrure
qui met à mal énormément de sportives établies
et bien plus chères. A n'en pas douter, les hommes derrière
la création et développement de cette voiture sont
non seulement des amoureux des voitures de sport, mais semblent
savoir tenir un volant sur la piste et avec talent, car croyez-nous,
la R26.R volant en main sur la piste, c'est que du bonheur ! Chapeau
Renault.
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LA MEGANE R26.R : LA SUPERSTAR !!
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LA
MEGANE REMONTE SUR LE RING
Quelle
saga que celle de la Mégane RS. Née presque
trop bourgeoise, elle a évolué pour se
faire une place au panthéon des compactes sportives.
C'est bien simple, après le permier avertissement,
Renault Sport n'aura de cesse de faire évoluer
sa Mégane RS vers plus de sport et d'efficacité.
Alors qu'avec la F1 Team R26, dernière évolution
marquante dans la gamme, on pensait avoir atteint le
top en matière de compromis sport et efficacité
sans perdre sa polyvalence, Renault Sport nous fait
le coup du cadeau d'adieu. La R26-R, comme "Radicale",
se charge de clore la saga avec un panache et un parti-pris
exceptionnel...
>>Lire
la suite du dossier complet sur la Renault Mégane
RS R26.R, cliquez ici !!!
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