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LORSQUE L'ETOILE NE SUFFIT PLUS
Piqués au vif les allemands de Stuttgart ! Puisque DaimlerChrysler
a échoué dans le rachat complexe et plein de rebondissements
de Bentley et Rolls-Royce, ils vont ressortir de leurs archives
une marque de prestige qui utilisa même des moteurs surpuissants
des Zeppelin : Maybach. Les études marketing ont en effet
prouvé au groupe germano-américain qu'il existait
une niche de marché pour les acheteurs à qui les Mercedes-Benz
sont trop " populaires ". La Maybach 57, version courte,
est celle que nous avons sélectionné pour un essai...
Texte:
- Photos: D.R.
Après que le groupe BMW
et VAG
se soient arrachés les lambeaux de l'empire de Crewe, les
marques Bentley
et Rolls-Royce,
le groupe DaimlerChrysler, contient que la surenchère ne
passerait plus par eux, a opté pour une nouvelle stratégie.
Puisque les études de marché prouvent qu'il existe
encore un segment libre ou mal exploité pour les berlines
de prestige mais différentes et plus exclusives que de "vulgaires"
Mercedes-Benz Classe S et BMW Série 7, l'occasion était
trop belle pour ressortir des placards une marque au passé
prestigieux : Maybach. Au salon de Tokyo, en octobre 1997, le groupe
DaimlerBenz présenta une étude de style réalisée
par le centre de style Mercedes-Benz
du Japon sous la direction d'Olivier Boullay et Anthony Lo. Le 1er
octobre 1998, alors que le groupe DaimlerChrysler s'est constitué
en cours d'année, une équipe est mise en place autour
du Professeur Hermann Gaus. Il constitue autour de lui une cellule
qui va uvre à la résurrection de la marque Maybach
et à la création du premier modèle déjà
décliné en gamme : la Maybach 57 et la 62. Le 2 juillet
2002, la première Maybach 62 était débarquée
par hélicoptère dans un container transparent à
New York pour sa première mondiale. Son premier salon officiel
de lancement sera celui de Paris en septembre 2002.
DESIGN
La Maybach 57 inspire un sentiment mitigé. Difficile de tomber
à la renverse devant ce design convenu, classique et presque
trop timoré. Pourtant, il reste quelques faute de goût
comme la carrosserie bicolore ou certains détails qui laissent
à penser que le trait à été forcé
pour plaire aux initiateurs du projet. Pourtant, si cela ne transparaît
pas réellement sur les photos, un véritable tour de
force a été accompli par les designers. La Maybach
57, malgré sa longueur hors tout de 5,728 mètres (à
comparer à titre d'exemple aux 5,83 mètres d'une Rolls-Royce
Phantom 2004, aux 5,09 mètres d'une Jaguar XJR et aux 4,90
mètres d'une Peugeot 607 !) semble encore équilibrée
et de gabarit " mesuré ". La taille des roues est
notamment impressionnante avec ses 19 pouces de diamètre
et ses pneus à flancs haut. La proue fait encore très
typée Mercedes, tandis que la poupe est inédite. Mais
pas pour très longtemps semble-t-il si l'on regarde les premiers
photos montages annonçant la future Mercedes Classe S W221.
L'étoile a été remplacée par le logo
Maybach " MM " pour Manufacture Maybach. L'habitacle,
une fois n'est pas coutume pour une réalisation germanique,
respire une ambiance très britannique. Des teintes claires
sont proposées, des cuirs à l'habillage de la planche
de bord mixte cuir et Alcantara, les boiseries sont chaudes et très
belles à l'il (Amboine de Malaisie). A noter que pour
rester sur le bois, la console centrale se prolonge jusqu'aux sièges
arrière et est en bois d'une seule pièce ! Le volant
mixte bois et cuir fait un peu trop chargé, notamment en
teintes claires, mais ce qui déçoit le plus est la
similitude de dessin de la planche de bord avec la Mercedes Classe
S. D'autant plus regrettable qu'un delta de prix plus que conséquent
sépare les deux autos. L'équipement, s'il semble riche
de série, comporte cependant quelques lacunes à ce
niveau de prix. Il faut en effet piocher dans le catalogue des options
pour avoir l'aide au stationnement (plutôt utile pourtant
vue le gabarit de l'auto !) ou encore le système de démarrage
sans clé Keyless-Go.
MOTEUR
Pour animer sa lourde berline, les ingénieurs de Mercedes-Benz
ont opté pour un V12 en raison de sa noblesse. Mais pour
éviter d'être sous-motorisée, et afin de faire
au plus simple, les motoristes allemands vont lui greffer deux petits
turbocompresseurs très compacts soufflant à 1,3 bars
chacun. Le cahier des charges mentionnait un poids réduit,
une taille compacte et une puissance et un couple suffisants. Le
V12 utilise donc abondamment l'aluminium et le magnésium
et peut donc limiter son poids à 270 kg. Pour passer au mieux
les normes Euro 4, 2 soupapes d'admission et 1 d'échappement
par cylindres sont prévues, permettant ainsi de réduire
la déperdition de chaleur dans l'échappement et autorise
ainsi un réchauffement plus rapide des catalyseurs après
le démarrage à froid. Avec ses 5,5 litres de cylindrée,
et ses deux turbocompresseurs, ce sont donc 550 ch et 900 Nm de
couple qui sont disponibles à très bas régime.
Pour la petite histoire, ce moteur peut développer jusqu'à
1200 Nm, mais aucune transmission ne peut passer un tel couple chez
Mercedes en conservant les critères de fiabilité usuels.
La boîte justement est automatique à 5 rapports seulement.
On aurait pu croire que la Maybach aurait inauguré une boîte
7 rapports, mais il n'en est rien. Douceur de fonctionnement et
rapidité sont les maîtres mots de cette boîte
qui est également montée sur les Mercedes
S600, CL600 et SL600. Au volant, les sensations sont uniques.
La Maybach 57 vous permet de rouler à allure convenue avec
une douceur de fonctionnement exceptionnel. Mais dès que
votre pied droit s'énerve un temps soit peu, c'est une bombe.
La poussée est très vigoureuse. D'ailleurs le chrono
est sans appel : moins de 25 secondes au kilomètre départ
arrêté et moins de 6 secondes au 0 à 100 km/h.
Le tout dans un salon roulant
Bluffant !
CHASSIS
Les ingénieurs allemands sont allé puiser ce qu'il
y a de mieux et de plus raffiné dans le catalogue technique
de Stuttgart. Jugez un peu
Pour les suspensions et train roulants,
c'est la suspension Airmatic DC, la suspension pneumatique auto-adaptative,
qui a été retenue. Plus typée confort, qu'une
suspension ABC, l'Airmatic DC semble gommer toutes les irrégularités
de la route. Les freins, généreusement dimensionnés
avec 4 disques ventilés et des étriers garnis de pistons
fonctionnement par le système de freins électroniques
SBC (Sensotive Brake Control). Géré de manière
totalement électronique, le SBC permet de répartir
le freinage sur chaque roue de manière totalement indépendante.
La direction semble en revanche sortie du catalogue des oldtimer
du constructeur allemand avec son boîtier de re-circulation
à billes. Surla route, la Maybach se distingue donc par un
comportement souverain en ligne droite même à haute
vitesse ou sur route dégradée. Mais dès que
les virages se resserrent, elle perd de sa superbe. Avec un tel
poids de près de 3 tonnes, et un tel gabarit, nous ne sommes
pas réellement étonnés du résultat.
Attention, la Maybach est toujours efficace, dans le sens elle reste
sur la route et autorise des vitesses de passage élevées,
mais la prise de roulis est trop importante pour que le plaisir
soit intact. Difficile en effet, de s'imaginer mettre une Maybach
57 en travers!
D'autant que la direction anachronique ne donne
pas le feeling suffisant.
:: CONCLUSION
Gros défi relevé par Stuttgart en faisant renaître
des cendres une marque disparue et oubliée de tous ou presque.
Pourtant, la Maybach 57, et la 62 également, mérite
que l'on s'intéresse à elle tant sa philosophie est
différente de ce qui a été fait jusque-là
dans ce segment. On peut désormais avoir et le luxe et le
prestige, et des accélérations démoniaques.
En caricaturant, c'est un peu une Rolls-Royce qui peut enfin tenir
tête aux autos puissantes sur les Autobahn allemands. Reste
que la diffusion d'une telle auto restera toujours confidentielle
et réservée à une élite en raison d'un
tarif salé de 375 000 euros !...
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MATCH MAYBACH 57 S VS BRABUS !!...
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Combat
de titans...
Lorsque
Brabus prétend défier DaimlerChrysler
sur ses marques de prestige, cela donne des chiffres
qui donnent mal au crâne. Maybach présente
pour sa part une Maybach 57 S avec le moteur V12 de
612 ch des Mercedes CL, SL et S 65 AMG biturbo. Avec
une telle cavalerie, la Maybach 57 S, déjà
pas fénéante en version 57 standard et
ses 550 ch abat des performances inavouables... Mais
Brabus va plus loin encore et entend bien tenir le haut
du pavé puisque sa Brabus SV12 Biturbo développe
tout simplement 640 ch à 5100 tr/mn et atteint
la vitesse de pointe de 314 km/h ! Chaussée en
jantes de 21 pouces, la Brabus SV12 ne nécessite
que 4,9 secondes pour abattre le 0 à 100 km/h.
Bien évidemment, tout a été mis
en oeuvre pour optimiser le châssis, les freins,
la gestion de la boîte auto...
>>Pour
en savoir plus sur la Brabus SV12, cliquez ici !!!
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CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Côté poids, même démesure, avec
2 780 kg, elle fait passer la Mercedes Classe S600 Limousine et
ses 2 135 kg pour une sorte de sylphide ! Pour déplacer cette
impressionnante auto, on trouve un V12 5,5 litres équipé
de 2 turbocompresseurs. Ce bloc développe 550 ch et un couple
monstrueux de 92 mkg. Associé à une boîte automatique
à 5 rapports, il permet à la Maybach 62 de passer
de 0 à 100 km/h en 5,4 secondes. Pour mémoire, une
Porsche 911 (1395 kg/325 ch) annonce pour cet exercice un temps
de 5 secondes. Si elle peut réaliser des performances flatteuses
au regard de son gabarit, ce n'est pas malgré tout là
que réside son principal attrait. Pour prendre la pleine
mesure de cette auto (à tous les sens du terme d'ailleurs),
c'est en fait à l'arrière qu'il faut aller voir."
L'AUTO-JOURNAL - HS Spécial Essais Haut de gamme 2004
- Maybach 62.
"Loin de nous de considérer
la Maybach 57 comme une " petite " Maybach ou encore le
parent pauvre de la famille. Cependant, force est de constater que
la version longue semble connaître un succès plus important
que prévu, parfois au détriment de la " courte
". Pourtant, si vous ne recourez pas ou rarement aux services
d'un chauffeur, la 57 nous paraît un bien meilleur choix :
plus maniable, proportionnellement plus gracieuse et plus légère,
elle offre un niveau de performances, de confort et de prestige
identique à celui de la 62. En revanche, si vous ne prenez
jamais le volant, l'investissement de 50 500 euros de plus pour
la 62 vaut vraiment la peine. Sur une même base technique,
Maybach a donc réussi à développer deux modèles
visant des clientèles (très) nanties, certes, mais
différentes. Une stratégie intelligente pour une voiture
appelée à être produite à 1000 unités
par an."
LE MONITEUR AUTOMOBILE - 28 août 2003 - Maybach 57.
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