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APPELEZ-MOI FRANCE ! Le haut de gamme
chez les constructeurs français est une véritable " bérézina
" ! Un drame d'autant plus marquant, qu'il n'y avait pas besoin de remonter
jusqu'aux années folles pour penser aux grosses berlines de luxe françaises.
La Citroën CX connu en effet un véritable succès avec certaines
années plus de 100 000 exemplaires produits. Après des années
d'errances, et même d'absence (6 ans !), Citroën renoue avec la manière
avec sa nouvelle offre C6. Une reprise d'une appellation célèbre
chez Citroën dans les années 30 qui en dit long sur les ambitions
haut de gamme de la firme au double chevron... Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R. Chez Citroën,
le haut de gamme a toujours été emprunt d'originalité et
d'avant-gardisme depuis les années30. L'apparition de la Traction avant
fut une véritable révolution (même si ce n'est pas elle qui
inaugura la délégation de la transmission aux seules roues avant).
Mais c'est à partir de 1955 que Citroën va marquer d'une pierre blanche
le monde des grandes routières avec la DS.
Une auto qui aura tant d'avance sur la concurrence qu'il est difficile d'arriver
aujourd'hui à faire comprendre son impact d'alors. Imaginez un peu en 1955
aux côtés des Renault
Frégates, Ford Vedette
et leur poussif V8, Mercedes
190 " Ponton ", toutes de classiques propulsion avec essieu arrière
rigide pour la plupart et suspensions acier, la Citroën DS leur opposait
: suspension hydropneumatique, boîte semi-automatique (sans embrayage !),
freins à disques, ligne profilée, surfaces vitrées étendues
Et surtout, comme la Traction Avant, elle surclassait toutes ses rivales en tenue
de route, alliant un compromis confort/efficacité étonnant. Restait
juste alors aux occupants à supporter la démarche " chaloupée
" de la suspension qui occasionna parfois des malades sur la banquette arrière.
La Citroën CX, nettement
moins avant-gardiste remis au goût du jour le succès de la DS dès
1974. Une longue carrière permis à la CX de se construire un succès
à la mesure de ses talents, puis en 1989 Citroën fit une rupture pour
redevenir original. Un style confié à Bertone qui suivit le cahier
des charges du Quai de Javel accoucha sur la XM. Des qualités, mais hélas
un lancement précipité qui hanta rapidement la réputation
de cette grande dame française que les clients boudèrent. Arrivées
en 2000, les hommes de Citroën arrêtèrent les frais en remisant
au musée la XM qui finit sa carrière très fiable et à
coup de grande braderie. Et après 2000
? Plus rien à l'horizon
dans le catalogue Citroën. Et chez ses concurrents français directs,
Renault après l'échec de la Safrane voulu trancher avec la Vel Satis.
Perdu ! Les scores sont pires que la Safrane. Chez Peugeot,
la 607 remplaça avec bonheur la 605
(qui souffrit alors en 1989 du même lancement raté et précipité
que sa cousine XM) mais dont les ventes restent limitées. Après
de telles erreurs et bévues dans un segment qui ne souffre pas la critique
et qui reste sensible à l'image du blason, on pouvait craindre que les
trois gros allemands (Mercedes-Benz, Audi
et BMW) se partagent le gros
du gâteau. Pourtant, Citroën revient sur le devant de la scène
avec sa nouvelle C6 dont les arguments sont très axés haut de gamme
et avec une forte identité Citroën. Mais n'est-il pas trop tard ?... DESIGN
La XM avait déçu stylistiquement les amateurs de Citroën et
les autres ? La C6 va donc puiser ses sources d'inspiration avec la génération
d'avant, la CX. Et force est de reconnaître que l'on identifie immédiatement
la C6 comme une Citroën. Longue (4,90 mètres), effilée et basse,
la C6 affiche toute son élégance et sa superbe. Impossible de passer
inaperçu. Une fois notre C6 stationnée, un nombre incalculable de
badauds et même d'automobilistes se sont arrêtés et ont observé
en détail la nouvelle grande dame du Quai de Javel. Et des détails,
il y en a ! A commencer par la calandre originale qui intègre totalement
les chevrons Citroën. Original et de on goût. Les joncs chromés
restent discrets mais toujours élégants tandis que les blocs optiques
avant sont totalement noyés dans la ligne du long capot. Cette partie avant
avec le profil général sont certainement les deux plus belles réussites
esthétiques à notre goût de cette C6. Petite déception,
ce décrochage entre les feux arrière et la ligne de custode. Certainement
une recherche d'originalité et un souhait de dynamiser la ligne, mais qui
finalement s'intègre mal à l'ensemble. Bien vu en revanche pour
l'équilibre, c'est ce porte-à-faux avant imposant et cette poupe
plutôt ramassée. Bon évidemment, c'est le coffre qui pâtit
le plus de ce choix stylistique : 421 dm3 seulement contre 546 pour l'Audi A6,
520 la série 5, 540 dans une Classe E ou 468 pour une Peugeot 607. Mais
plus encore que le volume disponible, c'est surtout l'accès qui est peu
pratique et étroit. Le syndrome CX a été reconduit pour privilégier
une malle classique et non un hayon. C'est plus classe pour le style, mais moins
pratique. Le profil général de la C6 très effilé,
lui confère une ligne presque surbaissée, comme un Mercedes
CLS par exemple. Pourtant, c'est plus du au style de l'auto qu'à ses
vraies cotes puisqu'une C6 est plus haute de 2 cm qu'une Peugeot 607 ! Les très
belles jantes alliage de 17 pouces avec leur dessin à cinq double branches
s'intègrent harmonieusement dans la ligne de la C6. En revanche, avec leur
voile légèrement concave et les dimensions hors tout imposantes,
le risque de frotter un trottoir est tentant. Dernier détail discret mais
original : la double sortie d'échappement carrées qui redescendent
vers le sol. INTERIEUR AU TOP ! Une fois installé à
bord du vaisseau amiral français, le doute n'est plus permis : Citroën
s'est donné les moyens de concevoir une belle auto ! Ce qui frappe le plus,
c'est la largeur des sièges avant et arrière (c'est d'ailleurs plus
une quatre place car le cinquième occupant sera " puni " entre
les deux sièges arrière). Cela accentue visuellement la sensation
de confort ressenti une assis. Les sièges sont réglables électriquement
avec mémorisation des positions pour le conducteur. A noter que notre exemplaire
possédait également les réglages électriques pour
les sièges arrière. La planche de bord se distingue par une certaine
simplicité monacale dont seule la console centrale affiche ouvertement
une certaine originalité surmontée de son écran multifonctions
: GPS, radio, fonctions de l'auto, climatisation
on peut presque tout régler
par cet écran de contrôle, et cela reste très intuitif et
simple à l'usage. D'ailleurs, nous n'avons pas eu recourt au manuel de
bord pour naviguer dans les menus et les réglages. Les placages en bois
sombre qui parsèment l'habitacle sont très qualitatifs et élégants.
La console du levier de boîte automatique reçoit également
un placage en bois avec une grille chromée. Très "yoachting
touch" ! Le volant est très épuré avec une jante épaisse
et agréable au toucher, ainsi que un centre très épais. Il
reçoit le même revêtement que le dessus de la planche de bord,
un plastique qualitatif légèrement nervuré. Derrière
le volant, le combiné d'instrument est totalement digital avec le minimum
d'informations nécessaires à la conduite. Mais le plus sympa est
l'affichage tête haute qui projette sur le tableau de bord la vitesse instantanée
du tachymètre, ainsi que les directions données par le GPS lorsque
la navigation est en route. Sympa, mais pas uniquement car à l'usage cela
permet de ne pas quitter les yeux de la route. L'équipement de série
est très complet, ce que l'on était en droit d'attendre avec un
tarif dépassant les 50 000 euros tout de même ! A noter le détail
stylistique avec les contreforts de portes en bois qui coulissent et renferment
les bacs de portière. Beau et pratique. MOTEUR La Traction
avant n'avait jamais profité d'un moteur à la hauteur de son châssis.
Certes, la 15 CV était pour l'époque excellente, mais la mythique
et mystérieuse Citroën 22 CV ne vit jamais le jour. La Citroën
DS, dès 1955, fut également sous motorisée puisque les budgets
avaient été dépensés pour le reste. Pas de six cylindres
donc pour cette fantastique automobile avant-gardiste. Puis vint la Citroën
CX
et elle non plus, pas de moteur digne de ses qualités dynamiques.
Alors on bricole des versions turbocompressées sur des quatre cylindres.
Mais avouez que face à la concurrence germanique qui utilise fièrement
des 6 et 8 cylindres dans ce segment, les grandes dames Citroën ne faisaient
pas le poids. La XM se contenta d'un PRV amélioré, puis un nouveau
V6 français (PSA-Renault) fut enfin élaboré. Avec ses trois
litres de cylindrées, le V6 ES9A hyper carré n'affole toutefois
pas les foules. Seulement 215 ch à un régime élevé
de 6000 tr/mn et un couple de 290 Nm à 3750. Des valeurs minimales pour
déplacer les 1,8 tonnes de la bête ! Heureusement, en montant dans
les tours, il offre une sonorité agréable, mais il manque cruellement
de couple à bas régime et de puissance pour faire des étincelles.
D'ailleurs le seul raffinement technique est le déphasage des arbres à
cames d'admission. Pour le reste, rien ! La boîte automatique à 6
rapports essaie bien de rattraper le coup avec un mode " sport ", mais
cela en devient maladroit avec des rapports qui restent toujours engagés
même avec un levé de pied de l'accélérateur. Résultat,
le rapport reste engagé sur les régimes intermédiaires. Pas
réellement en phase avec le caractère de la C6. Nous lui préférons
donc le mode normal pour la boîte dont la gestion des rapports est intelligente
et douce. Pour l'accroc du levier, un mode séquentiel est possible avec
le levier en le passant sur la partie gauche de la grille. Un moteur plus tout
jeune en conception, une boîte automatique et un poids conséquent
entraîne bien évidemment une consommation du précieux liquide
qu'il faut assumer. Nous avons consommé 12 litres au cent sur notre essai.
Le radar indiquerait en cas de comportement inconscient sur autoroute française
230 km/h, ce qui reste une valeur très respectable et en phase avec la
concurrence. Le 0 à 100 km/h est avalé en moins de 10 secondes et
le kilomètre départ arrêté en 30,2 secondes. Des valeurs
très moyennes puisque une BMW 530i a besoin de 28,7 secondes en boîte
auto, une Audi A6 2.4 V6 (177 ch seulement) 30,6 secondes et une Mercedes E280
moins de 29 secondes. CHASSIS La suspension oléopneumatique
pilotée est reconduite sur la C6 avec brio. Certes, il subsiste toujours
cette sensation de comportement chaloupé avec une notion de confort typiquement
Citroën, mais sur la C6 le phénomène est tout de même
très atténué. Le confort est du coup royal ! Un mode sport
permet de durcir la suspension et limiter le roulis. Mais dès que la chaussée
se dégrade avec ce mode sport, la C6 perd nettement de sa superbe en confort.
Finalement, à l'instar de la boîte auto, on restera en mode "
normal " la plupart du temps, car c'est le mode le plus adapté à
cette berline au long cours. Malgré ses dimensions importantes, la C6 reste
manoeuvrable et fait même oublier son poids et son gabarit sur route. Il
faut s'adapter à sa direction à rappel asservi qui peut toujours
surprendre sur les premiers kilomètres parcourus. L'avantage est à
basse vitesse ou dans les manuvres avec une direction d'une légèreté
appréciable. Mais dès que le rythme s'accélère, elle
demeure toujours trop légère et ne permet pas de goûter à
la précision du train avant. Côté freinage, malgré
des dimensions de disques et étriers corrects, le poids général
se fait sentir et l'attaque n'est pas assez franche. C'est bien dommage et surprenant
pour une Citroën. Virages serrés ou grandes courbes, une fois la C6
avec le nez inscrit dans la trajectoire, on peut alors passer très vite.
En véritable spécialiste de la traction, Citroën a éradiqué
les réactions de couple dans le volant ou les pertes de motricités
avec un ESP bien calibré mais surtout des pivots découplés. ::
CONCLUSION Quel plaisir de voir une grande berline française
mettre l'art et la manière pour revenir au plus haut niveau de la compétition.
La Citroën C6 est bien la digne héritière des DS et CX. Belle,
effilée et élégante, elle marque de nombreux points sur le
style et sur son habitacle. Sa suspension fait toujours merveille et efface les
irrégularités de la route. Dommage que son moteur V6 soit si timide
et un peu vieillot ce qui lui empêche d'avoir tous les atouts face à
la concurrence huppée basée de l'autre côté du Rhin.
Encore un effort sous le capot donc et on ne pourra plus reprocher grand-chose
à cette berline haut de gamme, comme le démontre sa grille tarifaire
coquette... L'Automobile Sportive.com tient à remercier chaleureusement
le parc presse Citroên pour sa gentillesse, sa passion communicative et
son efficacité.
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Citroën C6, héritière de la CX... |
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PREMIER PAS VERS LA PERFORMANCE...
Pour remplacer la mythique Citroën DS présentée en
1955, le Quai de Javel met ses meilleurs éléments dans le projet
" L " qui va aboutir à la Citroën CX. En 1974, la nouvelle
Citroën CX est présentée au public. Bien dans la tradition
de la marque aux chevrons, la Citroën CX pêche par l'absence d'un moteur
performant pour lui permettre d'effacer totalement la Citroën DS 23ie qui
avait marqué les esprits. Il faudra donc attendre 1977 pour que Citroën
dévoile la CX GTI dont le moteur 2,4 litres doté d'une injection
développera 128 ch. Premier acte donc pour cette berline Citroën qui
sera appelée à d'autres développements mécaniques...
->
lire la suite du dossier consacré à la Citroën CX 2400 GTI,
cliquez ici !!! | | CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "Découvrir une nouvelle Citroën
100% dans l'âme n'est pas forcément rassurant. Pas pour l'essayeur,
car il n'a pas grand-chose à craindre. Mais pour la marque, qui prend le
risque de ne pas plaire à tout le monde, et le paient. La C6 n'a pas de
quoi aller chercher les parrains allemands qui tiennent le milieu, mais bien de
quoi tenir son rang parmi les originales. Les Volvo S80, Saab 9-5, Lancia Thesis
(oui la marque existe toujours), Alfa Romeo 166, voire Chrysler 300C, ne peuvent
que l'accueillir dans leur club des " différentes ". La C6, qui
se distingue naturellement, leur tient largement tête en style, présentation,
équipement, qualité ou sécurité. En revanche, pour
ce qui touche du confort, et selon la formule consacrée, c'est vous qui
voyez. On apprécie ou on subit, mais au moins, on a affaire à une
Citroën authentique. Champagne !" Le Moniteur Automobile - 13
juillet 2006 - Citroën C6 V6 3.0i. |