| DU COFFRE... SOUS LE CAPOT
En plein renouvellement de gamme, Audi instaure
un nouveau design qui rompt avec le classicisme des précédentes
générations. La nouvelle A3 Sportback introduit la marque sur le
segment des petits break haut de gamme et complète ainsi la gamme A3, jusqu'alors
proposée uniquement en 3 portes. En prime, la Sportback inaugure le nouveau
2.0 FSI Turbo de 200 ch, appellé à animer prochainement la Golf
V GTI. Nous voici donc en face d'un break qui ne devrait pas manquer de coffre... Texte:
Sébastien DUPUIS - Photos: D.R. Audi imprime
un nouvel élan à la classe des compactes d'exception, catégorie que la
marque domine unanimement depuis la première génération d'A3.
Fidèle à sa devancière, la seconde génération
d'A3 se caractérise toujours par son élégance, ses motorisations performantes
et sa traction intégrale permanente. Par ailleurs, on savait déjà
la marque championne de l'utilitaire haut de gamme à très grande
vitesse (cf. Audi RS2, RS4
et RS6) et seule l'A3 ne pouvait
prétendre à ce statut, faute de déclinaison break. Elargissant
le concept à une clientèle exigeant plus d'espace l'A3 Sportback
conjugue donc désormais dynamisme et aspects pratiques pour l'entrée
de gamme Audi. Notez qu'elle ne s'appelle pas A3 "Avant", une appellation
sans doute jugée trop peu en accord avec le positionnement marketing. Commercialisée
en pré-vente depuis juillet 2004, la petite Audi arrive sur nos routes à
l'occasion de cette rentrée 2004 et ne devrait pas manquer de faire des
émules chez ses rivales si le succès est au rendez-vous. DESIGN
L'Audi A3 Sportback emprunte sciemment une nouvelle voie, tout à fait personnelle,
dans la classe des compactes. Sur un marché récent, les breaks compacts,
la petite Audi se positionne, comme à l'habitude, en véritable haut
de gamme. Fidèle à l'esprit de famille, elle possède les qualités
dynamiques de la version 3 portes avec laquelle elle partage ses motorisation
et son châssis, rallongé de 68 mm à l'arrière sur un empattement
identique. Elle offre toutefois, en plus, 2 portes arrière et un surcroît d'espace
et de modularité. L'A3 Sportback se reconnaît aussi au premier coup d'oeil.
D'autant plus que, contrairement à la version 3 portes, sa face avant ne
fait pas vraiment dans la discrétion. Un changement d'orientation stylistique
que certains jugent pour le moins brutal. La massive calandre monobloc "singleframe",
renforcée par un entourage chromé s'impose donc ici, après avoir
contaminé l'A8 W12 et la nouvelle A6. Le caractère saillant de la ligne
latérale et la découpe dynamique des blocs optiques en verre transparent confèrent
aux traits de son «visage» un caractère offensif, désormais typique de
la marque. Latéralement, la silhouette s'aplatissant progressivement vers l'arrière
tente de singer un coupé, comme le fait, de façon très réussie,
un autre "utilitaire de sport" : le break Alfa Romeo Sportwagon. Pas
vraiment étonnant quand on sait que c'est le même Walter Da Silva,
anciennement chez Alfa, qui oeuvre désormais chez VAG. Les arches de roues
à l'arrondi bien marqué inspirent une musculature bien développée
et l'ensemble conserve un style fondamentalement germanique. Grâce à la simplicité
de ses lignes et à la répartition graphique de ses surfaces, la poupe adopte des
feux d'un dessin inédit et produit un effet certain. Les deux embouts d'échappement
visibles indiquent par ailleurs la présence d'une motorisation plus musclée
que sur les versions de base. Au final, quoiqu'on en dise et aussi subjectifs
puissent être ces impressions, en matière de design la dernière génération
de véhicules Audi inspire en effet plus de dynamisme. Et devant cette légère
exubérance, on finit rapidement par ne pas regretter la sobriété
esthétique, un peu pataude, des anciens modèles. Source de réconfort
pour nous, l'habitacle de l'A3 Sportback conjugue plus harmonieusement encore,
dynamisme et élégance. Petit bémol toutefois concernant la nouvelle génération
de volants Audi qui fait également sa première apparition dans la classe
des compactes. Les volants, à 3 ou à 4 branches, rappellent le design de la calandre
monobloc. Si vous n'aimez pas la-dite calandre, nul doute que ce volant vous paraîtra
tout aussi affreux. La qualité des matériaux utilisés marque un léger retrait,
c'est étonnant et décevant, mais heureusement, la perfection des
finitions s'étend toujours dans le moindre détail. De plus, fer de lance
de la marque, l'ergonomie bien pensée se traduit par une position de conduite
très agréable. La position assise plus basse et la console centrale
rappellent un peu le coupé TT, autre symbole de sportivité. Enfin,
les places arrières demeurent assez peu accueillantes pour les jambes,
mais les 20 l supplémentaires de chargement par rapport à l'A3 3
portes parviennent finalement à justifier l'intérêt de ce
break compact. MOTEUR Vous l'avez compris,
la principale source d'intérêt pour nous se situe donc sous le capot
de l'Audi A3 Sportback TFSI. Le break compact Audi étrenne en effet, en première
mondiale pour un moteur de série, la combinaison de l'injection directe
d'essence à la suralimentation par turbocompresseur, un mariage technologique
qui a largement fait ses preuves en remportant, notamment, l’édition 2004 des
24 Heures du Mans sous le capot de l'Audi R8. Dans ce moteur, les injecteurs sont
alimentés par une rampe commune, connectée à une pompe haute pression elle-même
actionnée par l’arbre à cames d'admission. Le dosage de l’injection s’effectue
à la milliseconde près et la pression atteint jusqu’à 110 bars (contre 4 bars
de pression maxi dans un moteur classique). L’injection s’effectue directement
dans les chambres de combustion par les injecteurs implantés entre les soupapes
d’admission. Le nouveau moteur TFSI est dérivé du moteur FSI 2.0 atmosphérique
avec lequel il partage la culasse à 16 soupapes (et non 20 comme le 1.8T),
l'équipage mobile et les cotes principales. D'une cylindrée de 1 984 cm3,
obtenue par un alésage de 82,5mm et une course de 92,8 mm, il s'en distingue
cependant par de nombreux éléments conçus pour supporter les contraintes dynamiques
et thermiques plus fortes auxquelles il est soumis. Ainsi, son bloc est coulé
en fonte à graphite lamellaire GG25, un matériau qui fait preuve d’une extrême
résistance à la pression et d’un excellent comportement acoustique et vibratoire,
renforcé par l'action de deux arbres d'équilibrage controrotatifs situés en partie
basse du carter cylindre. La tubulure d’admission du 2.0 TFSI est réalisée dans
un matériau plastique de haute technologie. Elle intègre les volets Tumble, actionnés
par un motoréducteur travaillant en continu afin d’appliquer au flux d’air admis
un tourbillonnement optimisé en fonction du régime et de la charge. A cet effet,
dans la culasse, la géométrie des conduits d’admission a été modifiée afin de
produire un tourbillonnement plus important. Le mélange carburé est injecté dans
les chambres à l’état homogène, ce qui constitue une différence importante par
rapport au moteur 2.0 FSI atmosphérique. Le rapport volumétrique (10,5:1) de ce
moteur turbocompressé par un KKK K03 soufflant à 1,7 bar de pression absolue,
est au niveau des meilleurs moteurs atmosphériques. Ainsi, la cylindrée ne s’est
accrue que de 10 % par rapport au précédent moteur 1.8T tandis que le couple affiche
une hausse de 20 % à 280 Nm disponibles de 1800 tr/mn à 5000 tr/mn. Cette constance
assure une conduite plus détendue, plus souple et plus économique ainsi qu'une
disponibilité permanente et instantanée. L’A3 Sportback 2.0 TFSI dispose d’une
puissance de 200 ch de 5 100 à 6 000 tr/mn et peut atteindre 236 km/h.
Elle fait montre d’une souplesse qui s’exprime en chiffres : en quatrième, pour
une typique manoeuvre de dépassement, il ne lui faut que 5,4s pour passer de 60
à 120 km/h. Pour le même exercice, l'ancienne A3 1.8T réclamait 6,8s. Elle atteint
100 km/h en 7,1s et, preuve de l'excellente conception du moteur qui doit tout
de même trainer plus de 1400 Kg, l'Audi A3 Sportback 2.0 TFSI ne consomme
que 7,7 L/100 km avec la boîte de vitesses DSG (contre 8,9 en Quattro).
L’A3 Sportback 2.0 TFSI est en effet disponible en deux versions de transmission
: traction avant, avec boîte séquentielle DSG ou quattro, avec boîte manuelle
à six rapports. CHASSIS Sans surprise,
le comportement routier de la nouvelle Audi A3 Sportback est très proche
de celui de l'A3 3 portes avec laquelle elle partage l'ensemble des éléments
de son châssis. L’A3 Sportback bénéficie en effet des qualités de la nouvelle
plate-forme dotée de trains roulants évolués. Les suspensions
sont fixées sur des sous-structures (en aluminium à l’avant) qui participent à
l’extrême rigidité de la coque. À l’avant, les jambes de force (Mc Pherson) sont
articulées sur de larges triangles inférieurs. À l’arrière, la précision est assurée
de chaque côté par trois bras transversaux et un tirant longitudinal. Le contrôle
vertical des roues indépendantes est assuré par les amortisseurs à grands débattements,
séparés des ressorts hélicoïdaux. Plusieurs éléments exploitent et complètent
efficacement le travail rigoureux des suspensions. Les roues de 17" chaussées
de larges pneus à flancs bas (225/45) améliorent aussi le roulis de la
voiture tout en permettant le montage d'un puissance système de freinage doté
de 4 disques. L'A3 Sportback bénéficie en outre de la direction électromécanique
avec assistance asservie à la vitesse en fonction de nombreuses données (couple
appliqué au volant, vitesse de braquage, vitesse du véhicule, etc…). De cette
façon, outre le fait qu’en ligne droite sa consommation d’énergie est quasi nulle,
sa force d’assistance s’adapte en fonction des besoins, plus importante lors des
manoeuvres au ralenti qu’à grandes vitesses. Autre "avantage" de la
direction électromécanique Audi, le débraquage des roues est assuré par le moteur
électrique, ce que l’on appelle le rappel actif. Une simulation qui demeure toutefois
très artificielle dans sa perception au volant. Exploitant cette fonction,
les ingénieurs ont conçu une direction non réversible : le pignon d’attaque peut
entraîner la crémaillère, l’inverse n’est mécaniquement pas possible. Ainsi, quel
que soit l’état de la chaussée, quelle que soit la monte pneumatique et quels
que soient les efforts d’accélération ou de freinage, les roues gardent leur cap,
aucun braquage induit n’est possible, la trajectoire est imperturbable. Ce guidage
permet de plus aux systèmes ESP et ABS d’intervenir avec plus de précision. Le
programme électronique de stabilisation ESP de dernière génération intègre les
fonctions ABS (antiblocage), EBV (répartition), ASR (antipatinage), MSR (régulation
du couple de freinage moteur), et EDS (blocage de différentiel). Comme l’A4, l’A3
Sportback est équipée d’un amplificateur de freinage de type "Dual Rate"
(à 2 niveaux), qui modifie le rapport d’assistance en fonction de l’urgence du
freinage. L'ensemble de ses trains roulants évolués confèrent
à l'Audi Sportback 2.0 TFSI, Quattro ou non, un haut niveau de stabilité, conforme
aux critères de la marque mais aussi, et ça c'est nouveau, une agilité
d'un certain plaisir de conduite. ::
CONCLUSION Sans prétentions réellement sportives, l'Audi
A3 Sportback distille un certain plaisir de conduite et un très bon niveau
de confort, de sécurité et de performances, un cocktail cher à
la marque aux anneaux. Le coffre généreux de son moteur TFSI, et
de son arrière de break, sont par ailleurs des raisons suffisantes pour
s'intéresser sérieusement à cette version 5 portes de l'A3. Liens
conseillés sur AUDI A3-SPORTBACK 2.0 TFSI
: Le
Guide des GTI et petites sportives CE
QU'ILS EN ONT PENSE : "La Sportback n'est pas plus sportive que l'A3,
mais permet de charger plus de matériel. Au-delà du choix de carrosserie,
elle donne aussi celui du moteur avec, en particulier, le sympathique 2.0 Turbo
FSI, un quatre cylindres turbo à injection directe, inédit et dont
elle conservera l'exclusivité jusqu'à l'an prochain." SPORT
AUTO - Septembre 2004 - ESSAI AUDI A3 SPORTBACK 2.0 TFSI. |