ENQUETE
: LA PRESSE AUTO SPORTIVE EN FORCE ! LA
PRESSE AUTO SPORTIVE DANS TOUS SES ETATS !
Entre le matraquage de la répression routière, la montée
en puissance (justifiée) des mesures de protection de l'environnement,
le prix du baril qui ne cesse de faire monter le prix à la pompe, et les
lobbies (et lubies ?!) français du diesel on ne donne pas cher de l'automobile
sportive et passion. Plus que du plaisir on parle aujourd'hui plus souvent d'utilité
que de passion. Pourtant, lorsque l'amateur avisé s'arrête quelques
minutes devant un rayon "automobile" de librairie, l'offre de magazines
dédiés aux voitures de sport et de plaisir est pléthorique.
Etonnant ?... Textes
et photos : Nicolas LISZEWSKI. Lorsqu'après avoir acheté
vos croissants, vous vous dirigez chez votre libraire préféré
pour vous documenter sur votre éventuelle future acquisition à connotation
sportive, ou tout simplement rêver un peu sur les belles réalisations
vibrantes des constructeurs automobiles qui s'étaient sur les pages de
papier glacés, vous êtes bien obligé de marquer un temps d'arrêt
devant l'offre présente. Abondante, le mot est faible surtout au regard
de la diffusion réelle des voitures de sport et de plaisir. face à
vous plusieurs titres accrochent votre regard : Sport Auto, Echappement, Auto
Hebdo, Evo, Motorsport, Compte-Tours, Driven, le hors série de L'Automobile
Magazine, Automobiles Classiques sans parler des magazines spécialisés
sur une marque comme Flat6 ou RS Magazine pour les Porsche, Mille Miles et Berlinette
Mag pour les Alpine et Renault sportives. Comment choisir et surtout comment arrivent-ils
tous à vivre et se faire une place au soleil ?... LA
CONCENTRATION FAIT LA FORCE
La concentration a lieu chez les
constructeurs automobiles pour leur permettre des gains de productivité
et une meilleure rentabilité gage de survie dans le temps. La presse auto
n'échappe pas à cet adage avec quelques grands acteurs qui possèdent
ainsi plusieurs titres connus : Hachette Filipacchi, groupe Hommell, Mondodari
France,... Cette concentration de titres au sein d'un même groupe assure
une plus grande facilité pour la vente des espaces publicitaires auprès
des annonceurs qui profitent ainsi d'une plus grande diffusions sur plusieurs
titres réunis. Les NMPP, l'organisme qui gère de manière
autoritaire et unilatérale la distribution de la presse en France, sont
également plus conciliants face à un groupe que face à de
petits indépendants. LE
MARCHE EN EBULLITION ET L'OFFRE ELARGIE DES CONSTRUCTEURS Beaucoup
de supports, mais aussi beaucoup d'information à diffuser. L'actualité
automobile est en effet très dense et largement alimentée par les
constructeurs qui regorgent d'informations, de news, de communiqués et
de photos. Leur objectif : être présents partout. Avec en prime une
segmentation de l'offre de plus en plus large, les magazines doivent faire feu
de tout bois ! Prenons comme exemple Renault : dans les années 80, le seul
essai de la Renault 5 GT Turbo suffisait. Un léger facelift avec 5 ch de
mieux puis une série spéciale Alain Oreille. Soit 3 modèles
à traiter. Avec la dernière Clio RS mk3, les magazines spécialisés
sur les voitures sportives ont du parler de la Clio 3 RS, de la F1 Team R27, de
la World Series By Renault, de la nouvelle finition "Luxe", des accessoires
Renault Clio Sport, du nouvel étagement de la boîte de vitesses...
Et nous ne sommes qu'à peine 2 années pleines de commercialisation
! Dans les compactes, les coupés-cabriolets sont venus ajouter encore une
source d'information supplémentaire. Devant un marché si développé,
il n'y aura jamais assez de sources d'informations pour le public. ::
CONCLUSION Logique cette croissance de l'offre des magazines de voitures
de sport ? Oui en regard de l'information à diffuser, mais non en regard
du lectorat potentiel réel qui est forcémment limité et le
même pour tous. Seuls les meilleurs s'en sortiront. La recette de la réussite
? Ecrire des articles de qualités avec du fond et de la cohérence,
avoir une ligne éditoriale claire et précise, et ne pas céder
à la tentation de dossiers achetés à des magazines étrangers
ou des dossiers "tout faits" ou presque en utilisant tous les moyens
à disposition chez les constructeurs. Facile à dire mais pas facile
à appliquer en raison des contraintes de bouclages et des investissements
financiers en jeu. De la place, il n'y en aura pas pour tout le monde, surtout
que plusieurs titres actuellement se concurrencent directement. Les lecteurs trancheront,
mais il est clair que les articles copieux, complets et pédagogiques des
années 70-80 manquent dans ce paysage de la presse auto qui mise plus sur
la présentation et l'esthétique que sur le fond. Une tendance de
notre temps certainement mais qui pourrait vite s'inverser. On ne se lasse jamais
du fond car c'est ce que l'on cherche, l'esthétisme en revanche est plus
sujet aux caprices du temps et des modes. A bon entendeur... |