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"GTI" QUI VENAIT DU FROID ? Après l'épisode
des Volvo 480 ES, une interprétation originale à mi-chemin entre
une compacte trois portes et un coupé-break, Volvo est revenu à
l'assaut d'un segment porteur et lucratif, celui des compactes sportives et luxueuses.
Malgré le succès réel des Audi A3, BMW Série 1 et
certainement le futur Mercedes CLC, la C30 entend bien faire entendre ses arguments
pour convaincre. Et comme chacun y va de sa version sportive, le constructeur
suédois a sorti sa "T5" et son cinq cylindres de 230 ch. Du sport
? Certes, mais sans renier les valeurs de la marque. Une approche peu commune
dans ce segment
Texte: Gabriel LESSARD
- Photos: D.R. Les plus érudits amateurs de la marque suédoise,
se souviendront très certainement que le sport
n'a pas toujours été le parent pauvre chez Volvo,
puisque dans les années 80, les grosses berlines 240 Turbo écumaient
avec succès les circuits de supertourisme. Un peu plus tard, dans le courant
des années 90, conscient d'une image trop conservatrice, les Berline et
Break 850 T5 vont enflammer les routes glacées de scandinavie. Depuis,
Volvo nous gratifie au fil des modèles de versions plus ou moins sportives,
mais reste toujours proche de son " fond de commerce " : robustesse,
sécurité, confort et finition. La C30,
véritable nouvelle gamme dans le catalogue Volvo, est coiffée par
une version T5 forte de son moteur turbo de 230 ch. Comme
une synthèse du sport de la marque ? La réponse est affirmative
avec cependant un fort penchant pour la tradition maison
DESIGN
La C30 s'est offert une coupe typée, ce qui est plutôt courageux
dans ce type de segment. Si sa proue reste encore très classique et dans
la droite ligne de ce qui se pratique sur la gamme S40/V50 (calandre rectangulaire
Volvo aux avant-postes, les blocs optiques étant situés en retrait
de chaque côté), c'est surtout la poupe qui séduit ou rebute.
Une originalité qui s'inspire de feues les 480 ES mais aussi les P1800
ES. Les hanches sont très nettement marquées et se font appréciées
dans les rétroviseurs extérieurs une fois au volant. Un léger
parement sportif teint de la même couleur que le reste de la caisse vient
donner un peu plus de dynamisme : bas de caisse, tours d'ailes, spoiler avant
et arrière, becquet de toit
). Les larges aérations de la face
avant ne sont certainement pas de trop pour refroidir la bouillante mécanique.
Des jantes de 17 pouces à 5 doubles branches en alliage poli sont réparties
aux quatre coins de la caisse. La lourde porte (oui, c'est bien fini et cossu)
s'ouvre sur un habitacle qui respire le bien être et la qualité.
Tout semble bien pensé, et d'emblée votre séant apprécie
le moelleux du confort des assises des sièges recouvert d'un cuir. Les
habillages de l'originale console centrale creuse (mention spéciale pour
chatouiller les mollets de votre pilote) sont à la fois beaux et valorisants.
L'accès aux places arrière ressemble en revanche vite à un
défi, et, pour rester sur des critères bassement matérialistes
et pratiques, le coffre joue les divas capricieuses avec 230 dm3 à comparer
aux 356 dm3 d'une Audi A3. L'ergonomie générale
est soignée, et la C30 s'érige en voiture agréable de l'intérieur,
sauf le GPS qui se manipule à l'aide d'une télécommande.
Agréable, jusqu'à ce qu'on accélère le rythme
A cet instant, l'art de vivre se transforme en " sauve qui peut ", la
faute à des sièges qui n'assurent aucun maintien latéral
et glissent, tandis que le volant aux multiples revêtements surprend. L'instrumentation
à fond bleue est des plus succincte et ne donne pas beaucoup d'informations
sur la vie de la mécanique, compte-tours et température d'eau exceptées. | SECURITE
: BIEN VU ! | Chez
Volvo un système très astucieux appelé "BLIS" permet
de voir les véhicules et deux roues qui arrivent dans l'angle mort. Ce
qui peut passer comme un gadget au premier abord, est en réalité
un réel confort et d'une efficacité redoutable dans les trajets
urbains et péri-urbains avec les deux roues qui déboulent de tous
les côtés. La lumière s'allume du côté où
se trouve un véhicule/2 roues grâce à un capteur placé
dans l'embase du rétro extérieur. Bravo à Volvo pour ce dispositif
! | 
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MOTEUR Ford avait chipé
le cinq cylindres suédois pour motoriser avec succès la Focus
ST. Juste retour des choses, Volvo a repris cette mécanique à
son compte pour sa C30 T5. Par son architecture à
cinq gamelles, cette mécanique dispose ainsi de 20 soupapes qui s'agitent
de manière aléatoire (mais calculée) en raison d'un calage
variable tant à l'admission qu'à l'échappement. Une astuce
technique de plus en plus répandue qui permet d'aller chercher un couple
conséquent et de la souplesse à bas régime, et un regain
de puissance dans les tours. Un turbocompresseur Borg Warner complété
d'un échangeur air/air se charge de souffler à 0,55 bars pour apporter
un regain de forme. Résultat, ce moteur affiche de belles valeurs avec
220 ch à 5 000 tr/mn et surtout un couple de 32,6 mkg dès 1 500
tr/mn. Mais malheureusement, bien que la vigueur soit réelle à bas
régime, l'étagement de la boîte de vitesses à 6 rapports
tire long et dégrade les possibilités de performances. La belle
suédoise est donc à la traîne face aux ténors de la
catégorie des compactes sportives de plus de 200 ch (Mégane
RS, Golf GTI, Léon
Cupra, Astra GTC OPC, 3
MPS, S3
), avec autour d'une seconde
d'écart au kilomètre départ arrêté, et une gifle
analogie sur le 0 à 100 km/h. En fait ses performances sont plus proches
de celles de la catégorie du dessous (Civic
Type R, Clio RS, 207
RC ou Mini Cooper S). L'allonge de sa mécanique
lui permet cependant d'aller chercher les 240 km/h. A noter un appétit
peu frugal en précieux " or noir " qui vous imposera une moyenne
de 12,5 litres au cent. Le domaine de prédilection de la T5 reste assurément
la conduite rapide sur le couple (même si la commande de boîte est
douce et précise) où la rondeur de sa mécanique et surtout
son timbre rauque sont un régal au quotidien. | CHASSIS | 


| Avec
son McPherson avant et son train arrière multibras, complétés
de barres antiroulis, la T5 doit assumer un poids conséquent de 1,4 tonnes.
L'amortissement y joue donc un rôle crucial, que Volvo ne semble pas avoir
cru bon de choisir sportif. Ainsi, si le confort a été privilégié
au sport, les amortisseurs ne donnent pas entière satisfaction en détente,
les roues semblant alors boxer dans les passages de roues sur chaussées
très dégradées. Les réglages châssis sont en
outre très neutres rendant l'essieu arrière très passif lors
des phases de transferts de masse. La C30 T5 tourne vite, mais en force. Rien
à voir avec la vivacité d'une Mégane
RS R26 ou même d'une Golf
GTI. C'est bien dommage, car l'équilibre général et la
prise en main est superbe et agréable. Pas besoin d'être un pilote
pour rouler vite. Autre point critique sur une voiture sportive, sa direction
à assistance électrique qui n'offre pas un ressenti exact de la
route, et surtout dotée d'un rayon de braquage peu flatteur. A l'arrêt
lors de manoeuvre, il n'est pas rare de s'y reprendre à deux fois là
où avec d'autres on passe en une seule fois. Les quatre freins à
disques restent efficaces en toute circonstance et sont complétés
des dispositifs habituels et incontournables pour aider le conducteur 'lambda".
La T5 est impériale dans les grandes courbes mariant confort et tenue de
route, confirmant ainsi un tempérament plus Grand Tourisme que GTI. Pas
de doute, le sport n'a pas été la priorité, mais |
plutôt
le "luxe sportif". |
::
CONCLUSION Volvo est venu dans un segment de marché avec sa
C30 où il n'a jamais été présent ou simplement par
intermittance. Le temps est passé depuis les 480 ES Turbo, et désormais
la concurrence est rude. Les constructeurs dits "premium" ont tous une
offre souvent aboutie et cohérente, mais Volvo vient avec ses arguments
habituels : sécurité, sérieux, présentation originale
et flatteuse, et surtout un design très réussi avec quelques excentricités.
La T5 se propose de coiffer la gamme avec un esprit sportif. Voilà qui
conviendra à merveille pour ceux qui veulent rouler différent, avec
une auto aux performances réelles et qui apprécient un châssis
sain et une présentation de qualité. Pour les afficionados des trajectoires
chirurgicales et du sport pur et dur, il faudra cherchez plutôt du côté
des ténors de la catégorie. La T5 est finalement une GT compacte.
Liens conseillés sur VOLVO C30 T5
: Volvo.fr
- Guide
des GTI.fr Nous remercions vivement l'équipe
presse et le parc presse de Volvo France pour le prêt de la Volvo C30 T5
de cet essai, leur gentillesse et passion communicative... en savoir plus : Volvo
France.
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C30 - P1800 ES : LE MEME RENGAINE ? |
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UN VIKING EN BALLERINE
! Si une série TV a
donné un rayonnement international aux coupés Volvo P1800, le succès
rencontré par cet élégant coupé suédois nest
pas uniquement du à Simon Templar. Son esthétique, son charisme,
ses performances au fil des millésimes et également une version
très exclusive « ES » également appelée break
de chasse, finiront dinscrire pleinement les Volvo P1800 coupés dans
lhistoire des automobiles dignes dêtre conservées dans
son garage... >>Lire la suite
du dossier Volvo P1800 ES, cliquez ici !!! | |
CE QU'ILS EN ONT PENSE : "Pour
finir, disons que l'analyse du reste des réactions dynamiques ne fera que
confirmer le dictat préalablement établit par le chronomètre.
Car si le comportement routier de la T5 est généralement sain, sûr
et facile, il n'est pas du tout incisif. Cela est surtout dû au choix d'un
typage d'amortissement certes extrêmement confortable, mais nullement sportif,
ainsi qu'au manque flagrant de consistance de sa direction à assistance
électrique. La plus puissante des C30 répond peut être avec
honnêteté aux différentes sollicitations, mais ses placements
n'ont donc rien de chirurgicaux. Là où ses concurrentes incitent
plutôt au pilotage, la C30 demanderait presque de calmer le jeu, car l'impression
de lourdeur de son train avant est tangible et l'inactivité de sa poupe
exaspérante." Echappement - Mars 2008 - Volvo C30 T5 - Jorge
Clavell. "La C30 T5 assume le statut de
sportive de la marque. Repris de la Ford Focus ST, le moteur affiche des performances
élevées. Le châssis encaisse parfaitement la puissance et
la tenue de route reste sécurisante, même si des effets de couple
se ressentent dans le train avant. Les amateurs de sensations fortes resteront
sur leur faim, pas une seule fois ils ne se retrouveront collés au fond
du siège. Côté tarif, une finition moins haut de gamme serait
appréciable, surtout au niveau du prix." Auto Plus - Hors Série
Essais 2007 - Volvo C30 T5 - Collège d'auteurs.
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