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PREMIERE EMOCION !
La Seat Léon, première du nom, s'était taillée
une jolie réputation dans le milieu des autos sportives.
En effet, les différentes versions de 150 à 225 ch
en moteur essence avait permis à de nombreux amateurs de
se faire plaisir à prix honnêtes. Les versions diesel
puissantes et dotées de la même présentation
sportive que les versions essences (n'en déplaisent aux puristes
de l'essence) avaient également participer à forger
une image sportive à la Léon. Aujourd'hui, avec Walter
Da Silva aux commandes du design Seat, la Léon MkII revient
avec des arguments stylistiques frappants et innovants. Premier
pas sportifs, la Léon Seat MkII 2.0 TSFi de 185 ch...
Texte:
Gabriel LESSARD - Photos: D.R.
Chez les constructeurs automobiles, la passion automobile est souvent
passée au second plan. En effet, lorsqu'un constructeur parle
de passion automobile pour un produit, c'est le message officiel
vers le public. Mais pour lui en interne il raisonne rentabilité,
recettes et marketing. Toute nouvelle présentation d'automobile
est toujours jointe de nombreux chiffres clés marketing du
marché concerné et du produit défunt. Pour
sa nouvelle Seat Léon, le constructeur ibérique (d'appartenance
germanique cependant) n'a pas hésité à nous
rappeler que 30% de ses ventes étaient constituées
de modèles de plus de 150 ch. Seat
veut ainsi affirmer son positionnement sportif. Mais loin de rester
béat d'admiration, nous analyserons ce résultat optimiste
avec nuances. Avec une part de marché sur 2004 de 2,6% sur
le marché européen (soit la 10e position seulement
sur le marché européen et la 13e place sur le marché
français) et une gamme restreinte comparé à
un constructeur généraliste comme Renault
ou Peugeot
par exemple, qui plus est dotée de mécaniques diesel
puissantes (la magie du TDI opère encore pour l'instant),
il est plus facile d'afficher une proportion de modèles puissants.
En prenant des exemples totalement intégristes, on Ferrari
pourrait affirmer que 100% de sa production dépasse les 400
ch ! Laissons donc là les chiffres et ratios, plus utiles
à faire mousser des grands directeurs et cadres en costumes
cravates, pour nous focaliser pleinement sur la nouvelle Seat Léon.
Seat affirme toujours donc son positionnement sportif. Si cette
volonté est louable et cohérente dans la stratégie
des marques du groupe VAG, certaines décisions sont pourtant
surprenantes. Alfa
Romeo a forgé son image sportive sur plus de 80 ans de
sport automobile avec des succès enregistrés et gravés
dans le marbre. Seat aujourd'hui a une stratégie plus proche
de celle de Lamborghini
avec une absence remarquée en compétition de prestige.
Certes quelques engagements sont notés dans certaines compétitions,
mais la constance, les résultats et la notoriété
ne sont pas encore au rendez-vous ! Autre fait surprenant, la Seat
Léon 2.0 TFSi n'est pas dotée du moteur le plus puissant.
On nous annonce avec malice la future version FR avec 200 ch puis
Cupra avec 225 ch. Mais alors ? La Volkswagen Golf
V GTI et l'Audi
A3 2.0 TFSi Sportback ou 3 portes, dotées du même
moteur, possèdent déjà les 200 ch, et l'Audi
A4 2.0 TFSi affiche, sur le marché allemand uniquement hélas,
une version DTM avec 220 ch déjà et 300 Nm de couple.
Pour revenir à Alfa Romeo, l'Alfa
Romeo 147 GTA, certes un peu vieillissante et à la motricité
perfectible, offre un V6 de feu avec 250 chevaux. Alors en conclusion,
nous posons le postulat suivant : quelles que soient les qualités
de la nouvelle Seat Léon en 185, 200 ou 225 ch, pourquoi
Seat n'a-t-il pas la primeur des mécaniques les plus virulentes
pour mettre en avant ses velléités sportives ? L'exemple
de Subaru
est certainement un cas d'école : une marque à la
notoriété peu connue en Europe, avec un engagement
en compétition pourtant depuis des années avec ses
Legacy, et soudain un produit comme la Subaru
Impreza GT dont les performances lui autorisent d'aller chasser
sur les terres des Porsche et autres GT prestigieuses. Indéniablement,
la Subaru a su fédérer autour d'elle bon nombre de
conducteurs et propriétaires sportifs avertis et prescripteurs.
L'image aujourd'hui de Subaru et surtout de l'Impreza n'est plus
à prouver. Alors en conclusion de ce préambule, nous
dirions : " Assez de statistiques marketing bonnes pour les
directeurs ! Des autos passion avec des puissances marquantes, du
caractère et vite ! Sinon l'image sportive des Seat Léon
risquerait bien de végéter
DESIGN
Vous connaissez pour la plupart notre intégrisme en matière
de carrosserie. Les lignes monospace ne sont en effet pas réellement
notre vision préférée de l'automobile. Toutefois,
il faut bien reconnaître les avantages de cette solution avec
une utilisation optimale de l'espace intérieur sur des dimensions
extérieures contenues. Walter Da Silva, transfuge du design
d'Alfa Romeo (on lui doit en autre l'Alfa
Romeo 156 et la 147) est désormais aux destinées
du design de Seat depuis quelques années déjà.
S'il n'a pu opéré que quelques retouches sur la Seat
Ibiza dont la définition était déjà
trop avancée, les réalisations suivantes portent sa
patte. La Seat Léon ressemble très fortement à
la petite Seat Altéa. On a presque l'impression d'avoir sous
les yeux une Seat Altéa étirée aux quatre coins.
Malgré cette tendance " monospace " dans la forme,
la Seat Léon 2.0 TFSi est finalement réussie et plus
convaincante que sur le prototype initialement présenté
avec deux couleurs. C'est certainement l'étirement de son
profil et son capot qui est encore plat et donc pas dans le prolongement
du pare-brise qui permet à la nouvelle Seat Léon 2.0
TFSi de rester encore agressive et sportive de ligne. On retrouve
les nouveaux standards stylistiques de Seat sur la calandre et les
blocs optiques. Petit rappel du passage de Da Silva chez Alfa Romeo,
les poignées de portes arrière sont intégrées
sous le montant de portière. Les rétroviseurs extérieurs
son positionnés en retrait et fixés sur les flancs
des portières avant, un peu comme sur les Porsche
911 Carrera 2 et 4 type 964. Quelques détails complètent
la panoplie de sportive avec la double sortie d'échappement
et les très belles jantes de 17 pouces largement chaussées
en 225/45. A l'intérieur, la Seat Léon 2.0 TFSi est
spacieuse et surtout lumineuse malgré l'emploi de coloris
intérieurs ternes. L'assemblage comme d'ordinaire chez VAG
est impeccable mais certains plastiques sont encore un peu bon marché.
La différence avec sa cousine germaine (!), la VW Golf V
GTI est toutefois moins flagrante que par le passé puisque
la Golf ayant un peu baissé au niveau qualité de plastiques
employés. En bonne sportive, le compte-tours est au centre
du combiné d'instruments, mais il est le plus petit des compteurs.
Gradué généreusement jusqu'à 260 km/h,
le tachymètre affiche clairement (et de manière optimiste)
les prétentions sportives des Seat Léon 2.0 TFSi.
L'équipement de série est flatteur.
MOTEUR
Sous le capot de la Seat Léon 2.0 TFSi, on retrouve le quatre
cylindres doté de l'injection directe d'essence et d'un turbocompresseur
KKK K03 soufflant à 0,9 bars. Ce nouveau moteur déjà
étrenné sous le capot des VW Golf V GTI, Audi A3,
Audi A4
, est en passe de remplacer le 1,8 litres turbo avec
succès. Son caractère est en effet plus affirmé
que son aîné et dans certains modèles comme
la Golf ou l'A3 avec 200 ch, ce moteur offre sonorité flatteuse,
souplesse et reprises dès les plus bas régimes et
performances. Toutefois, la Seat Léon 2.0 TFSi doit se contenter
de 185 ch à 6000 tr/mn pour commencer. On l'a annoncé,
ce moteur devra donner plus dans des versions à venir plus
affûtées de la Léon (FR et Cupra). C'est essentiellement
une gestion moteur reprogrammée qui a réduit la puissance
du moteur à 185 ch. Mais en plus de réduire la puissance,
son caractère a été émoussé.
Les performances sont pourtant bien là avec 221 km/h en pointe
et 28,4 secondes pour le kilomètre départ arrêté.
C'est surtout dans le domaine des reprises que les résultats
sont élogieux. C'est bien tout l'intérêt de
l'injection directe d'essence alliée au turbocompresseur
qui offre finalement des courbes de couple et de puissance proches
de celles des diesels démarrant très bas. Sauf qu'avec
ce moteur essence, l'aiguille du compte-tours grimpe jusqu'à
6000 tr/mn ! A noter qu'en comparaison, une Citroën
C4 VTS semble bien terne en performances. C'est bien le monde
à l'envers avec un Champion du Monde des rallies qui n'a
pas de modèle ultra-performant et un autre qui n'est pas
réellement présent en compétition et qui offre
des modèles très performants. Comme la plupart des
sportives modernes, la Seat Léon 2.0 TFSi dispose d'une boîte
mécanique à 6 rapports.
CHASSIS
Avec son empattement allongé de 6,6 cm et ses voies élargies
comparés à la précédente génération
de Seat Léon, la Seat Léon 2.0 TFSi est bien posée
sur ses voies. Elle reprend la même plate-forme que la dernière
Audi A3 ou la VW Golf V. Et comme ses surs, les trains roulants
ont été adaptés en conséquence avec
notamment des ressorts plus courts et fermes de 7 mm. Si le train
avant a toujours recours à un système pseudo McPherson,
le train arrière innove avec un essieu doté d'une
suspension à quatre bras. Contrairement aux habitudes du
groupe VAG avec ses variantes sportives, la Seat Léon 2.0
TFSi est pour l'instant une " simple " traction avant.
Mais dans le cas de notre Léon, les roues avant sont largement
suffisantes pour passer la puissance au sol. Avec les pneumatiques
retenus, des 225/45 ZR 17, l'adhérence est excellente. Il
faut avouer que le caractère très progressif du moteur
aide également à conserver une bonne motricité.
A défaut d'être joueur, le châssis est très
efficace ! A tel point, que la puissance du moteur n'est pas suffisante
ou pas assez soudaine. Dommage car le plaisir avec une sportive,
c'est bien de jouer avec. Et là le jeu n'est pas permis
Même les garde-fous électroniques peinent à
intervenir. Seul le freinage avec son ABS
souffre de suspensions encore trop sautillantes sur chaussées
dégradées. Mais il y a fort à parier qu'avec
un freinage plus mordant, la Seat Léon 2.0 TFSi serait très
(trop ?) efficace sur circuit avec un vrai billard en guise de ruban
bleu. D'autant qu'avec un poids contenu grâce à des
allégements étudiés, la Seat Léon n'est
pas beaucoup plus lourde que la précédente génération.
:: CONCLUSION
Annoncée pour environ 24 000 euros, la nouvelle Seat Léon
2.0 TFSi démarre en beauté l'opus des Léon
" Emocion " ! Son châssis semble de plus bien né
et capable de digérer des puissances supérieures,
même en simple traction avant. Il ne reste donc plus qu'à
attendre avec impatience les prochaines Seat Léon FR 200
ch et Cupra 225 ch pour découvrir un caractère plus
sportif et affirmé. En attendant, la Seat Léon 2.0
TFSi est déjà bien convaincante par ses qualités
et surtout ses performances...
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LA RIVALE DU GROUPE VAG !!!
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Golf
5 GTI DSG :
PLAISIR EDULCORE !
Avec sa VW Golf V, Volkswagen a souhaité
faire évoluer son best seller en douceur. Pris
en étau par la peur du changement et le manque
d'innovations, la Volkswagen Golf V a connu des débuts
timides. Une version Golf Plus vient à point
nommé pour booster ce démarrage en demi-teinte.
Mais pour les sportifs passionnés que nous sommes,
Volkswagen ne nous a pas oublié bien au contraire
! Après une Golf V GTI convaincante et charmeuse,
Volkswagen l'équipe désormais de sa transmission
robotisée DSG...
>>> Pour lire la suite de l'article sur la
VW Golf 5 GTI DSG, cliquez ici !!!!!
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CE QU'ILS EN ONT PENSE :
"Léon en cage.Très bonne base pour l'extrapolation
des futurs modèles sportifs, la nouvelle Seat ne s'adresse
pas dans cette déclinaison aux amateurs de sensations fortes.
Elle tient parfaitement bien la route, accélère et
reprend fort grâce à l'excellent 2 litres TFSI, mais
l'emocion" dégagée par la carrosserie ne se retrouve
pas au volant. Vivement 2006 !"
Echappement - août 2005 - Seat Léon 2.0 TFSi.
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