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LA FRANCE DANS UN ECRIN A la fin
des années 80, la France par le biais de sa Régie Renault semble
vouloir lutter face aux ténors allemands incontournable sur le marché
de grande berline "statutaire". Malgré un déficit d'image
évident, Renault va compenser cet handicap en proposant un produit très
français dans son approche technique et marketing, avec en prime quelques
idées intéressante de valorisation du produit. Ainsi est née
la Renault 25 V6 Turbo Baccara, qui tentait de renouer avec le succès d'une
certaine idée du luxe à la française... Texte:
Nicolas LISZEWSKI - Photos: D.R. La Renault
25, pour nous "petits" français, c'est le rêve de toute
une nation. Une auto que, ce qui s'appelait alors encore la Régie
avait propulsé face à l'armada allemande (Mercedes-Benz
série 200/300 W124, BMW Série
5 et Audi 100), avec des arguments osés
pour l'époque, mais un marketing soigné. Certes, le lancement en
1984 de la gamme Renault 25 avait pu faire sourire certains
observateurs en raison de la qualité de la présentation intérieur
à parfaire et des équipements qui se voulaient innovants, mais pas
toujours fiables (ordinateur de bord avec voix de synthèse entre-autre)
en raison de montages avec des connectiques peu efficaces. Une erreur sur les
connectiques que réitéra également Peugeot
pour sa 605.
Mais après un face-lift réussi et flatteur en juin 1988, Renault
va peaufiner son offre haut de gamme avec une large déclinaison de variante
: V6 atmosphérique ou V6 turbo, boîte
mécanique ou boîte automatique. Et comble du raffinement, dès
1989, Renault va inaugurer une nouvelle finition : Baccara.
Un label synonyme de luxe et d'exclusivité qui sera même décliné
par la suite sur d'autres modèles de la gamme : Supercinq
Baccara, puis Clio Baccara, Renault 19 Baccara. En 1989, les Français
pouvaient avoir le sourire, la version V6 turbo
Baccara, forte de ses 205 ch et de sa finition spécifique et son équipement
ultra complet, pouvait tenter de snober ses rivales germaniques... du moins en
France ! DESIGN La grande caractéristique de la Renault
25 dans ce segment des berlines statutaires, c'est bien évidemment son
hayon à bulle, du même genre que la Fuego
ou la R11. Une spécificité presque exclusivement
Renault que seule la Fiat Croma et la Saab
9000 osèrent. Pour les autres ont reste invariablement dans la formule
tri corps avec malle de coffre classique. Depuis le face lift de 1988, les Renault
25 avaient gagné une nouvelle face avant avec un museau plus arrondi et
allongé tandis que l'arrière recevait des feux nouveaux à
glace lisse et bicolores noir et rouge. L'efficacité aérodynamique
est restée stable lors de ce face lift avec un Cx de 0,33. Les version
équipées du V6 PRV recevaient toutefois quelques signes distinctifs
comme la suppression des clignotants sur le bloc optique principale des phares
(ils migrent alors dans le bouclier avant, tandis que l'optique de phare semble
plus grand) ou l'"aileron" plus prononcé sur la malle arrière
en lieu et place du petit becquet. Toujours dans les détails de style,
les V6 injection Baccara atmosphériques qui furent les premières
à hériter de cette finition conservaient les jantes alu des premières
Renault 25 Phase 1 Turbo alors que la Turbo
Baccara 205 ch était dotée d'office de très belles jantes
BBS en nid d'abeille qui faisaient alors fureur dans les milieux du tuning haut
de gamme. INTERIEUR... SOIGNE ! C'est certainement l'habitacle
qui était le plus conséquemment garni et pour lequel un effort de
présentation avait été particulièrement soigné.
Avec la griffe Baccara apposée sur la carrosserie, la Renault 25 V6 Turbo
voulait offrir à ses occupants l'exclusivité d'une finition unique.
L'équipement de série était quasiment du toutes options comprises
puisque seules demeuraient encore au registre des suppléments le toit ouvrant
et la boîte automatique. Pour le reste tout est là : direction assistée,
vitres électriques, fermeture centralisée, radio + minichaîne
(alors très à la mode chez Renault) avec le satellite de commande
au volant (Renault avait été précurseur sur cet accessoire),
sièges multi réglables, climatisation, régulateur de vitesse,
C'est bien simple, rien ne manque à l'appel ! Mais plus encore que l'équipement
" fonctionnel " c'est la présentation intérieure qui étonne.
La sellerie cuir est intégrale (une option sur la Renault 25 V6 Turbo "
standard "), l'habitacle recèle de boiseries dont le pommeau de vitesse
entièrement en bois, et surtout une housse en cuir très pratique
est fixée sous la plage arrière afin d'y ranger costumes ou vestes
sans les froisser. Pas de doute, avec cette Baccara, Renault fait honneur à
son slogan des " Voitures à vivre ". MOTEUR
Si les premières Renault 25 dotées de la finition Baccara étaient
uniquement au départ des versions V6 injection de 153 ch en version dépolluées,
la Turbo eut le droit également à la finition Baccara dès
mars 1990. Initialement dotée d'un moteur PRV V6 de 182 ch par la grâce
du turbocompresseur, la Renault 25 V6 Turbo lors de la dépollution profita
d'aménagements mécanique qui lui permit non seulement de passer
les normes, mais en plus de gagner 23 ch de plus ! Une évolution qui fit
scandale à l'époque lorsque l'Alpine
V6 Turbo Le Mans faisait le chemin inverse en perdant 15 ch dans la bataille
de la dépollution. Si les esprits se sont vite enflammés sur ce
sujet et que Renault essuya alors de vives critiques à son encontre, des
raisons à la fois techniques et de budget justifiaient très rationnellement
ce choix pour le moins polémique. En effet, bien que dotées toutes
deux du même V6 PRV, leurs blocs n'étaient pas exactement identiques,
ni même l'implantation de bon nombre de périphériques, à
commencer par la boîte de vitesse. Impossible alors de faire deux fois les
mêmes investissements moteurs, surtout pour notre regrettée Alpine
Le Mans qui n'allait être commercialisée qu'à 300 exemplaires.
Si le V6 PRV qui devait naître V8 (on ne vous fera pas l'injure de vous
refaire toute l'histoire du V6 PRV - Peugeot
Renault Volvo) fut très largement critiqué
à ses débuts (V6 à 90° donc déséquilibré,
puissance faible, glouton en carburant
) Renault su le faire évoluer
de manière très significative. Sur les premières Renault
25 Turbo phase 1, il avait déjà apporté quelques modifications
d'importance pour améliorer son agrément et ses performance : réduction
de la cylindrée à 2458 cm3 avec l'adjonction d'un turbocompresseur,
nouveau vilebrequin course courte avec manetons décalés, détecteur
de cliquetis sur chaque cylindres, système de gestion électronique
intégral Renix. Notre bon " vieux " PRV se voyait ainsi propulser
à 182 ch avec un fonctionnement nettement plus régulier et noble.
Ses évolutions successives, à commencer en compétition avec
Venturi et Alpine
notamment démontrèrent son étonnante marge de progression,
et également sa fiabilité. Aux côtés de cette version
turbocompressée le V6 atmosphérique de 160 ch faisait bien pale
figure. Pour la V6 Turbo Baccara, les motoristes de Billancourt durent donc composer
avec les normes anti-pollutions européennes plus strictes, de même
qu'avec un budget limité. Pour parvenir à leurs fins, ils modifièrent
les arbres à cames, le turbo et la gestion électronique (la pression
de suralimentation est à pilotage électronique comme sur la Renault
21 2 litres Turbo). Le résultat évoqué plus haut porta
la puissance donc à 205 ch à 5500 tr/mn et le couple à 29,6
mkg à 2500 tr/mn. Ainsi gréée, la Renault 25 V6 Turbo Baccara
pouvait se targuer de performances peu communes à l'époque avec
233 km/h en vitesse maxi, un kilomètre départ arrêté
franchi en 28 secondes ou presque. Malgré ces améliorations mécaniques,
la consommation moyenne restait toujours élevée avec un bon 13 litres
au cent de moyenne sans trop forcer. Si une boîte mécanique à
5 rapports équipait de série la V6 Turbo, le client pouvait opter
en option pour une automatique à 4 rapports, conçue en collaboration
avec VAG. CHASSIS Avec 29 mkg de couple à passer au sol
et 205 ch sur les simples roues avant, on peut craindre avant toute chose des
problèmes de motricité ainsi que des remontées de couple
dans le volant. Si la motricité sur chaussée dégradée
ou humide montre en effet vite ses limites, les remontées de couple dans
le volant sont relativement contenues. Il faut reconnaître que la direction
à assistance variable qui équipe les V6 Turbo 205 ch et est nouvelle
semble particulièrement réussie et offre un bon feeling effaçant
ainsi cette sensation de légèreté du train avant ressentie
sur les Renault 25 phase 1. Les jantes alu BBS de 16 pouces en plusieurs parties
étaient chaussées de pneus taille base en 205/55 VR 16. Cela améliorait
alors certes la précision de conduite mais dégradait légèrement
le confort. Pourtant, il fallait bien cela pour permettre à la Renault
25 de tutoyer avec les 240 km/h. Côté suspensions, Renault faisait
confiance à un système McPherson à l'avant, et l'amortissement
global souffrait d'une trop grande souplesse notamment pour le conducteur sportif.
Une sorte de notion de confort " à la française ". Les
suspensions à amortissement piloté sont proposées en option
dès 1991 sur la Baccara, ainsi que sur la V6 Injection, mais elles n'apportent
pas un plus véritable. ACHETER UNE RENAULT 25 V6 Turbo Baccara
Affichées à des tarifs très variables, les Renault
25 V6 Turbo Baccara qui se présentent dans les annonces ont des états
totalement hétérogènes. Certaines semblent " rincées
" avec 300 000 km et un entretien plus que douteux, et d'autres semblent
tout juste de sortir du parc d'une entreprise avec moins de 150 000 km et une
fraîcheur comme au premier jour. Difficile donc d'établir une cote
ajustée, mais la fourchette de prix semble s'établir actuellement
entre 3500 et 8000 euros selon les états. Ce qui est vital c'est que l'auto
convoitée soit " complète " à savoir que tout ce
qui faisait parti de la finition Baccara et lui était spécifique
soit bien présent dans l'auto. Si ce n'est pas le cas, la recherche ultérieure
des pièces manquantes risque d'être longue et coûteuse. Souvent
très prisées en deuxièmes et même troisièmes
mains, les Renault 25 V6 Turbo Baccara n'ont pas toujours profité des égards
auxquels elles avaient droit en entretien. Il est donc important de privilégier
les modèles avec peu de propriétaires, un historique limpide et
un entretien confirmé, idéalement chez Renault. On commence certes
à limiter le nombre d'autos potentielles sur le marché, et les prix
commencent à être plus élevés, mais cela sera moins
d'argent dépensé par la suite en remise en état, surtout
que Renault n'a pas de politique de pièces détachées disponibles
pour ses " anciennes " comme peuvent le pratiquer BMW
ou Mercedes-Benz par exemple. Bonne nouvelle
le V6 PRV est fiable et semble indestructible. Les très gros kilométrages
ne lui font pas peur et en général se sont les périphériques
et accessoires qui déclareront forfait les premiers. Comme toute mécanique
turbocompressée, ce V6 mérite de l'huile de très bonne qualité
(de la 100% synthèse), mais aussi un comportement du conducteur ad hoc
: pas de coup de gaz à la coupure du contact, laisser le moteur monter
en température avant " d'attaquer "
L'évolution
actuelle de l'équipement pneumatique des autos modernes permet d'acheter
des pneus en 205/55 VR 16 à des tarifs plus abordables que par le passé.
La Renault 25 V6 Turbo Baccara doit être un achat de connaisseur et il sera
vraiment vital de bien sélectionner l'auto lors de la phase de recherche.
Pour ralentir cette rapide 25, Renault lui avait octroyé quatre freins
à disques (ventilés à l'avant) et l'ABS de série,
ce qui n'était pas si courant à l'époque. ::
CONCLUSION Avec son génie presque d'artisan, Renault a su mettre
sur le marché une voiture fort en charisme et qui laissa une empreinte
dans l'esprit du public contemporain à la 25 V6 Turbo Baccara. Une certaine
vision du luxe à la française avec des moyens cependant plus limités
que les ténors allemands. David contre Goliath, certes, mais le public
raffole de cette ritournelle tirée de la mythologie et s'approprie le succès
de " son " constructeur comme sien. Début 1990, la bande à
Noah gagnait la coupe Davis à Lyon et les français avaient leur
Renault 25 V6 Turbo Baccara comme vaisseau amiral de toute une nation, avec des
succès commerciaux réels. Aujourd'hui nous n'en avons plus, seulement
des fantômes de haut de gamme et de tentatives avortées ou échouées.
Alors forcément, ce sont avec des yeux de Chimène que nous regardons
dans le rétroviseur cette Renault 25 V6 Turbo Baccara
Allez France
!... Liens conseillés sur RENAULT 25 V6 Turbo Baccara
: Club Renault 25 Français
- Site
non officiel de la R25 - Renault
25 IDF - Club
Double Passion R25/Safrane
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LA PETITE... AUSSI ! |
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PETITE CAISSE ET GROS
MOTEUR Il faut patienter jusqu'au
restyling de la gamme Renault Supercinq pour que la bête à succès
(commerciaux) de Billancourt soit réhaussée et montée en
gamme. En piochant dans la banque d'organes Renault et en équipant ses
petites Supercinq du gros 1,8 litres de 90 ch, les techniciens de Renault ont
en outre choisi deux tenues : le sport avec la GTX et le luxe avec la Baccara
>>Lire
la suite du dossier Renault Supercinq GTX et Baccara, cliquez ici !! |
| CHRONOLOGIE 1983 : En novembre
Renault dévoile la nouvelle 25. 1984 : Au printemps, commercialisation
de la gamme Renault 25 qui vient remplacer les Renault 20/30. Au départ,
5 moteurs sont disponibles de 64 ch (diesel) à 144 ch en V6 2,8 atmo. 1985
: En mars, Renault commercialise la 25 V6 Turbo avec moteur 2,5 litres de 182
ch. En avril, Heuliez présente et commercialise une version Limousine
sur base de Renault 25. Elle mesure 4,85 mètres de long et peut être
motorisée par les V6 atmo et turbo ainsi que le moteur turbo diesel. 1987
: En fin d'année, le V6 PRV adopte un vilebrequin à manetons décalés
et passe à 2,8 litres et 160 ch (en boîte mécanique seulement,
la boîte automatique étant livrable qu'avec l'ancien V6 2,6 litres
de 144 ch). 1988 : En juin, Renault opère un face-lift
sur sa gamme 25 : nouvelle calandre, allongement de 4,62 à 4,71 mètres,
habitacle revu (finition améliorée), châssis retravaillé.
1989 : En juillet, Renault adopte le catalyseur sur sa version V6 qui
passe à 153 ch. La GTX disparaît du catalogue à cause du
catalyseur. La TXI est disponible en version catalysée, sa puissance est
ramenée à 136 chevaux. C'est le premier moteur français dépollué
de moins de 2 L à suivre à la lettre les conventions de Bruxelles.
Elle possèdera l'équipement équivalent à la V6 Injection. Présentation
de la Baccara disponible avec la V6 Injection boite automatique. Version très
raffinée de la gamme possédant de série, en plus de la V6
Turbo, des sièges en cuir avec des reposes têtes arrière réglable
en hauteur, d'une mémorisation des 3 réglages du sièges conducteur,
d'une housse à vêtement en cuir sous la tablette arrière,
d'un garnissage en loupe d'orme du levier de vitesse ainsi que des bandeaux de
portes et bien entendu, la climatisation. 1990 : En mars, la Renault
25 V6 Turbo passe de 182 à 204 ch. La version V6 Turbo est désormais
disponible en finition Baccara. 1991 : Les suspensions à amortissement
piloté sont proposés en option sur la Baccara, ainsi que sur la
V6 Injection. En juillet, pour le millésimpe 1992, la Renault 25 V6
Turbo n'est plus disponible qu'en finition Baccara. 1992 : Le 13 Février
1992, le 779 687ème et dernier exemplaire de la Renault 25 sort de l'usine
de Sandouville. C'est une page qui se tourne pour ce modèle qui restera
le dernier "haut de gamme" de Renault le plus commercialisé de
la gamme. CE QU'ILS EN ONT PENSE : "Avec
l'arrivée de la Peugeot 605 SV 24 et bientôt de la Citroën XM
du même accabit, le vaisseau amiral de Renault ne pouvait rester indifférent.
Grâce à diverses modifications touchant les arbres à cames,
le turbo et la gestion électronique, la puissance a pu être portée
à 205 ch, avec catalyseur, contre 182 auparavant. Le couple atteint près
de 30 mkg de couple à 2500 tr/mn soit 500 tr/mn de moins qu'auparavant.
L'efficacité du turbo est plus progressive, moins brutale que sur l'ancien
modèle, mais il subsiste toujours une période de transition sensible."
AUTO PLUS - HS 400 ESSAIS 1990 - Renault 25 V6 Turbo Baccara - Collège
d'auteurs. "Cela dit, pour les performances...
et les sensations fortes, mieux vaut opter pour la 25 V6 Turbo (211 200 F et l'ABS
de série) qui, avec ses 182 ch, se hisse au meilleur niveau dans la catégorie.
Ce brio se fait cependant payer par une gourmandise plus marquée et un
comportement moins homogène. Le souffle du turbo est assez brutal, qui
peut provoquer des pertes de motricités importantes, notamment sur le mouillé."
ACTION AUTO MOTO - HS Les Grandes Routières 1989 - Renault 25 V6 Turbo
- Collège d'auteurs. |