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Coté extérieur, il semble bien difficile de rester de marbre face à cette berline noire. Son aileron ne manque pas d’attirer l’attention, ses extensions d’ailes parfaitement rondes dont la tangente viens presque effleurer le capot, et ses bas de caisse qui viennent enfler les portes, autant dire que déjà niveau aspect ce kit carrosserie est pour le moins suggestif !


Et c’est parti pour les premiers tours de roues sur circuit : La boite Getrag équipant toutes les bonnes sportives allemande de cette époque est incroyablement directive et verrouille très bien.


Le train roulant quand à lui est des plus efficients et la monte d’origine en 15 pouces est portée à 16 pouces, et l’on peut sans aucun mal greffer des 17 pouces afin d’accroître encore le grip de la voiture, ce qui en aucun cas ne limite les capacités du châssis, bien au contraire, cela aurai même tendance à les révéler !

L'EPREUVE DE LA PISTE !
En produisant cette voiture à 500 exemplaires, Mercedes s’ouvrait la porte du championnat Allemand DTM, ce n’était donc pas innocent et encore moins pour faire uniquement plaisir à une poignée de propriétaires ! Toutefois, les agréments de cette version même s’ils ne sont pas fondamentalement différents d’une version 2.5-16 « Normale » apportent à cette auto des atouts certains...

Textes : N. GACHON et photos : D.R.

Coté extérieur, il semble bien difficile de rester de marbre face à cette berline noire. Son aileron ne manque pas d’attirer l’attention, ses extensions d’ailes parfaitement rondes dont la tangente viens presque effleurer le capot, et ses bas de caisse qui viennent enfler les portes, autant dire que déjà, niveau aspect, ce kit carrosserie est pour le moins suggestif ! Ouverture de la porte dans un son feutré, la qualité des matériaux est au rendez-vous et Mercedes ne faillit pas à sa renommée ! La preuve en est que 17 ans après sa première mise en circulation, le tissu à carreaux des sièges ainsi que le cuir, ne souffrent d’aucun accroc, déchirures ou usure. Juste un petit peu passé de mode quand même... Tout fonctionne, du petit chronomètre juste en face du levier de vitesse en passant par le plafonnier arrière et sa commande au tableau de bord, l’antenne automatique qui rentre et sort à chaque mise sous tension du poste, tout est complet : la trousse de secours intégrée à la plage arrière, le triangle de pré-signalisation, enfin l’on sent tout de suite qu’en plus d’un entretien suivi, cette auto à été conçue pour durer. Place à l’essai !

DANS LE BAQUET !
Tout d’abord j’adore la position de conduite à bord ! L’étoile dominant la calandre nous indique que nous sommes bien à bord d’une Mercedes. Tout tombe sous la main de manière très instinctive, l’instrumentation se montre complète : affichage de la température d’huile et d’eau, pression d’huile, compte tours et Economètre qu’il vaut mieux s’abstenir de regarder... La clef de contact sur le plan du tableau de bord face à soi donne un petit côté course : contact, pompe, allumage ! vroum ! Le volant d’origine est grand et peu pratique mais une fois changé, le moyeu de celui-ci à un gros avantage, être dénué de tout commodo parasite qui pourraient venir gêner le pilotage. La commande des phares est au tableau de bord, il ne reste donc qu’un seul commodo, celui des essuie-glace. Voilà pour le tour du propriétaire !

ON ROULE...
Et c’est parti pour les premiers tours de roues sur circuit : La boite Getrag équipant toutes les bonnes sportives allemandes de cette époque est incroyablement directive et verrouille très bien. En vraie boîte de course, elle dispose d’une grille inversée, la 1ère en bas à gauche, ce qui a pour effet de favoriser les passages de 3è en 2nde et de 2nde en 3ème par la force des choses. Le moteur est relativement linéaire, et commence à donner des sensations à partir de 5000 tr/min, l’apanage de tous les multi-soupapes de l’époque. Mais le 4 cylindres enchante par son grondement rageur et on se surprend à très vite aller chatouiller le rupteur tellement cette rage est agréable. Les reprises sont assez franches dès l’instant ou l’on se situe au-dessus de la plage fatidique, mais gare aux sous-régimes qui vous donneront, pour le coup, l’impression d’être au ralenti ! La méthode que j’utilise dans ces cas là consiste à débrayer afin d’obtenir un régime moteur suffisant et de relâcher l’embrayage pour entretenir la glisse en sortie de virage. Voilà pour le moteur, maintenant penchons nous plus précisément sur les gros points positifs de cette auto : Le châssis, les trains roulant et le freinage !

ATTENTION, DESSOUS EVOLUES !
Tout d’abord le châssis. En apportant à l’Evo un système de sphères hydrauliques permettant de faire le choix entre 3 positions de hauteur de caisse, Mercedes apporte à la 190E 2.5-16 un énorme plus ! Pouvoir passer un trottoir ou un chemin sans arracher le bouclier avant, c’est déjà un atout non négligeable. (Prix de la pièce à ce jour chez Mercedes : un peu plus de 5000 € ! Le kit complet à été chiffré en rechange à plus de 18000 € !! Autant dire qu’il est préférable d’en prendre soin et de ne pas le casser). Mais en dehors du fait que les attributs de la belle ne souffrirons pas grâce à ce système, il offre également en position basse un comportement digne d’une voiture de course. Les appuis sont nets et francs, le roulis quasiment inexistant, et l’on se prend à jouer rapidement à placer la voiture sur le vibreur pour la voir sauter et se replacer idéalement en sortie de courbe. La transmission grâce à son pont autobloquant met encore plus en exergue ce comportement car même si la voiture décroche, un léger contre-braquage et une accélération remettent automatiquement l’auto en ligne, prête à sauter dans le prochain virage. Il est parfois difficile de juger du comportement à cause de l’ASD, un ersatz d’ESP de l’époque qui évite de laisser partir la voiture dans de grandes glissades à allure soutenue. Toutefois malgré ce petit appendice électronique parfois fort embêtant, le comportement joueur fait vite oublier ce petit défaut. Le train roulant quand à lui est des plus efficients et la monte d’origine en 15 pouces est portée à 16 pouces ici, et l’on peut sans aucun mal greffer des 17 pouces d'Evo2 afin d’accroître encore le grip de la voiture, ce qui en aucun cas ne limite les capacités du châssis. Bien au contraire, cela aurait même tendance à les révéler ! Enfin le freinage, point faible des précédentes 190E 16s, bénéficie sur l’Evolution des freins de la 500E (W124) et 600 SL (R129) de l’époque, avec de gros disques ventilés avant avec leurs étriers double pistons démesurés offrant un mordant et une endurance digne d’une vraie sportive. La limite de l’ABS se trouve du coup très loin et les freinages se font de plus en plus tard, la voiture flotte légèrement lors de gros freinages bien appuyés, mais elle reprend très vite l’adhérence sur le train avant et nous permet donc de rentrer avec précision dans la courbe.

:: CONCLUSION
Cette version destinées à la base à l’homologation DTM offre pour un public désireux de vivre cette ambiance de course, un caractère très joueur et des performances au niveau comportement, au dessus de ses petites sœurs 2.5 16s et 2.3 16s. Toutefois les performances moteur ne sont pas au-dessus, voir même la linéarité du bloc 2.5 litres offre moins de sensations que le plus turbulent 2.3 16s. Mais cette voiture reste une très bonne sportive des années 90 pour les nostalgiques des formes acérées et en plus d’être une bonne routière au quotidien, elle ne boude pas lorsqu’il s’agit de donner de sa personne sur son terrain de prédilection : le circuit. Une très bonne alternative aux BMW M3 E30 de la même époque qui d’une part n’offre pas un comportement aussi sain, et d’autre part souffrent d’une surcote à faire peur ! Ou peut-être que la 190E 2.5-16S Evolution souffre-t-elle d’une sous cote ?

Nous remercions vivement Nicolas, le propriétaire du très bel exemplaire qui illustre cet essai pour sa participation à l'élaboration de ce dossier.

GUIDE
Retrouvez le dossier complet et détaillé de la Mercedes-Benz 190 2.5-16s Evo : Cliquez ici !!!...
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